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Situation dramatique des Réfugiés syriens en Algérie



Silence officiel, générosité populaire

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El Watan le 28.07.12

 
	Une des familles syriennes ayant trouvé «refuge» au square Port-Saïd.

zoom | © Lyès. H.
Une des familles syriennes ayant trouvé «refuge» au square Port-Saïd.
La situation de ces Syriens qui n’ont pas encore le statut de réfugiés n’a suscité aucune réaction officielle de nos responsables.
En attendant, c’est de la générosité de la population qu’ils vivent. Rassemblés au niveau du square Port-Saïd, au cœur de la capitale, et au niveau de l’aéroport ou encore dans certaines mosquées, ils se nourrissent de plats offerts généreusement par la population. «La situation est la même dans d’autres wilayas qui accueillent ce genre de réfugiés depuis le début de l’été.
A Béjaïa, Jijel ou encore Sétif et Djelfa, les familles syriennes en détresse vivent de la générosité de la population.» Des associations à caractère non gouvernemental commencent à organiser l’aide humanitaire en direction de ces familles.
Selon M. Filali, de l’association Nass El Khir, les membres de cette ONG sont en train de faire le point sur la situation. «En plus de collecter des dons et les faire parvenir à temps à ces familles, nous essayons d’avoir exactement toutes les données. Il s’agit de connaître le nombre de ces réfugiés, d’en cerner les besoins et de proposer des solutions lesquelles ne peuvent être efficaces anarchiquement.
Nous en sommes donc au stade de collecte des données», explique notre interlocuteur. «Cette association, dont les membres utilisent les réseaux sociaux pour passer leurs appels et organisent des opérations d’aide de proximité, attend avoir suffisamment de données pour saisir les autorités, afin que notre intervention soit dans la légalité», précise M. Filali.
Même son de cloche chez le réseau Nada de défense et de protection des droits des enfants. «Nada est en contact avec les représentants du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) en Algérie et d’autres parties pour déterminer l’axe d’intervention», a expliqué M. Arar, directeur du réseau Nada, dans une déclaration à la presse. Ce réseau a été interpellé par «la présence de femmes, d’enfants et de personnes âgées vivant dans la misère», souligne le même responsable. L’action de Nada commence donc à prendre forme, même si l’efficacité dépend de la réponse du HCR.
L’élan de solidarité est organisé aussi à titre personnel. Des familles n’hésitent pas à offrir des tables de f’tour aux familles dont les lieux de «rassemblement» sont désormais connus. «Les dons de ces familles nous permettent au moins de garder le peu d’argent qui nous reste pour la location, le temps que les choses s’améliorent», explique un père de famille accosté hier au square Port-Saïd. «Même si nous sommes gênés du fait que nous soyons réduits à la mendicité pour survivre, nous saluons la générosité sans faille de nos frères algériens qui nous assurent la nourriture et autres produits nécessaires, tels que les vêtements et les couches pour bébés», tient à souligner un père de famille ayant trouvé refuge à Sétif. Ce dernier, appelé hier par téléphone, affirme que «les secours portés par les familles algériennes sont immédiats et spontanés».
Une association caritative sous le nom de Réseau de défense des libertés et de la dignité a également lancé un appel pour porter assistance à ces réfugiés. «Les Algériens sont connus pour leur générosité et leur solidarité sans faille. Cette solidarité prend tout son sens durant ce mois sacré du Ramadhan», soutiennent les meneurs de cette initiative.
«Aujourd’hui plus que jamais, nos frères syriens qui errent désespérément dans nos rues ont besoin de notre aide et notre soutien. Est-il par là nécessaire de rappeler que ces mêmes Syriens ont octroyé leur aide et soutien à l’un des nôtres, à savoir l’Emir Abdelkader, qui a été accueilli comme l’un des leurs ? Ces réfugiés syriens ont fui la situation chaotique de leur pays en laissant tout derrière eux. Ils vivent ici, chez nous dans une situation précaire », peut-on lire en introduction à un appel lancé par un groupe d’internautes pour l’organisation de l’aide humanitaire.
Fatima Arab