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Situation en Ukraine : conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des affaires étrangères russe


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Situation en Ukraine : conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des affaires étrangères russe

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Juil 2
Extrait de la Conférence de presse de Maria Zakharova, porte-parole du Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Moscou, 29 juin 2022.

Source : Ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie

Sur la participation à venir de Sergueï Lavrov à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20

Je rappelle que les 7 et 8 juillet, à Bali, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov participera à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G20 sous l’égide de la présidence de l’Indonésie.

Les discussions porteront sur le renforcement des fondements du multilatéralisme dans le cadre d’un ordre mondial polycentrique ainsi que le renforcement de la sécurité alimentaire et énergétique. Une attention particulière sera accordée à la relance de la croissance économique, à l’élimination des conséquences de la pandémie de coronavirus, la réalisation des Objectifs de développement durable dans le cadre de la transition énergétique et de la transformation numérique.

Le calendrier des rencontres bilatérales du Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov sera également chargé. Des contacts sont prévus en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères entre le Ministre et ses homologues étrangers, notamment de la Chine, du Mexique, de l’Afrique du Sud, du Brésil, ainsi que des consultations avec la direction des organisations internationales invitées.

Point de situation en Ukraine

Pratiquement tout le territoire de la République populaire de Lougansk (RPL), une grande partie de la République populaire de Donetsk (RPD), toute la région de Kherson et des parties significatives des régions de Kharkov et de Zaporojie, les ports de Marioupol et de Berdiansk en mer d’Azov ont été libérés depuis le début de l’opération militaire spéciale en Ukraine. La vie pacifique reprend sur les territoires libérés des unités néonazies, l’économie et l’industrie se redressent, l’infrastructure est reconstruite, des entreprises commencent à travailler, des écoles, des maternelles, des cliniques et de hôpitaux s’ouvrent. Pour le 1er juillet 2022 est prévu le rétablissement de la communication ferroviaire de fret et de passagers entre la Crimée et Melitopol.

Comme les autorités russes l’ont déclaré à plusieurs reprises, dans le cadre de l’opération les forces armées russes frappent uniquement des sites militaires et uniquement avec des armes de haute précision. Des cessez-le-feu sont adoptés et des couloirs humanitaires sont ouverts pour évacuer des civils des zones dangereuses. Plus de 2,15 millions de personnes, dont plus de 340.000 enfants, sont venues en Russie depuis le début de l’opération. La Russie organise l’acheminement d’aide humanitaire aux civils des territoires de l’Ukraine, de la RPL et de la RPD libérés des néonazis. 37.000 tonnes de nourriture, de médicaments et d’autres objets de première nécessité ont été livrées depuis le 24 février 2022.

Dans ce contexte, le régime de Vladimir Zelenski renforce la campagne de désinformation agressive contre la Russie. Il invente de nouveaux faux prétextes pour accuser notre pays de destruction de la population civile et de l’infrastructure civile (disent-ils). C’est notamment le cas d’une prétendue attaque de missiles russe touchant un immeuble résidentiel dans le district Chevtchenkovski de Kiev, tuant une fillette de 6 ans. En réalité, le 26 juin 2022, une roquette ukrainienne de S-300 abattue par la défense antiaérienne ukrainienne est tombée sur un immeuble détruit encore en avril. C’était une tentative ratée de lutter contre l’aviation russe, qui a détruit par une frappe de haute précision un atelier de l’usine Artiom à proximité fabriquant des munitions pour des lance-roquettes multiples (LRM) ukrainiens. Sachant que l’infrastructure civile n’a pas été endommagée.

Une autre provocation scandaleuse du régime de Vladimir Zelenski a été la tentative d’accuser l’armée russe d’avoir attaqué, le 27 juin, un centre commercial de Krementchoug où, selon le régime de Kiev, se trouvaient près de mille civils. Malheureusement, tous ces fakes étaient relayés. D’après le régime de Kiev, un incendie est survenu dans le bâtiment, il y a des civils et des blessés. Je voudrais attirer l’attention sur les informations présentées par le Ministère russe de la Défense. Elles ont été également soutenues au sein des organisations internationales par nos établissements diplomatiques. Ces informations témoignent qu’à quelques dizaines de mètres de ce centre commercial se trouvent des ateliers de l’usine de défense de Krementchoug de véhicules Kredmach, où étaient stockées des armes et des munitions venues des États-Unis et de l’UE pour être envoyées à l’armée ukrainienne dans le Donbass.

Le public occidental pourrait demander à ses régimes pourquoi envoyer et stocker des armes et des munitions à proximité immédiate d’un centre commercial. Cette question n’est pas venue à l’esprit? Vraiment? Ni aux journalistes occidentaux, ni aux ONG occidentales, ni aux humanitaristes tant préoccupés par la situation autour de l’Ukraine. Cette question ne s’est jamais posée? Pourquoi les régimes occidentaux livrent des armes sur le territoire ukrainien qui sont entreposées à proximité immédiate d’une infrastructure civile densément peuplée. C’est fait intentionnellement. C’est précisément ce que nous appelons « se cacher derrière des civils » les présentant sous la forme d’une « facture », les utilisant comme otages d’intérêts géopolitiques. Ce sont ces ateliers et non des centres commerciaux et des civils qui ont été détruits par des frappes précises de l’aviation russe.

Les passions ne s’apaisent pas autour du mythe artificiel sur une apocalypse alimentaire mondiale soi-disant provoquée par la russe à cause du blocus des céréales ukrainiennes. Le plus étonnant, c’est que ni les chiffres, ni les faits, ni les informations des organisations internationales, ni leurs propres informations sur la production alimentaire dans les pays occidentaux ne le confirment. Rien n’est pris en compte dans la propagation de ce mythe. L’image nécessaire a été créée, les thèses inscrites dans les consignes ont été diffusées. Aucun fait d’envergure mondiale avec des chiffres de production alimentaire ni les faits de livraisons de céréales dans les pays occidentaux ne peuvent contrer cette campagne médiatique. Cette mise en scène a pris une ampleur mondiale. Prenez les déclarations révoltantes et inadmissibles de la Ministre allemande des Affaires étrangères Annalena Baerbock: « La Russie utilise sciemment la faim comme une arme et prend le monde entier en otage. » Elle ment, et ce, de manière arrogante et cynique. Annalena Baerbock fait tout pour faire oublier que c’est son pays qui avait historiquement utilisé la faim comme une arme et prenait des gens en otage en éliminant la population civile et voulant rayer notre pays de la carte.

Répétons: la Russie n’empêche pas les exportations de céréales d’Ukraine. Le Ministère russe de la Défense ouvre chaque jour des couloirs de sécurité, en informe tous les partenaires et l’Organisation maritime internationale. Nous sommes prêts à assurer le passage de navires commerciaux étrangers du Bosphore aux eaux territoriales ukrainiennes et inversement. Cela a été exprimé plusieurs fois à tous les niveaux. Bien évidemment, à condition de les inspecter pour exclure la présence de produits militaires et leur accompagnement par des navires de guerre, des avions et des drones étrangers.

Mais quel est le véritable obstacle aux exportations de céréales ukrainiennes? Aujourd’hui, c’est empêché par les autorités ukrainiennes elles-mêmes, qui sont responsables du passage de navires commerciaux dans leurs eaux territoriales, en déminant ou en accompagnant les navires.

De plus, la Russie est prête à exporter des dizaines de millions de tonnes de ses propres céréales en cas de levée des interdictions occidentales sur leurs exportations. De quoi l’Occident s’inquiète-t-il? Souhaite-t-il éviter la famine dans le monde? Alors qu’il cesse de bloquer les livraisons de nourriture, or c’est ce que font Washington, Bruxelles et Londres. Je rappelle que les interdictions occidentales concernent: les entrées de navires dans les ports russes, la maintenance de navires russes dans des ports étrangers, l’assurance des transports maritimes et virements bancaires. Tout cela est fait pour attiser artificiellement cette situation. Mais c’est Washington, Londres et Bruxelles qui le font. Malheureusement, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’UE ne sont pas prêts à assumer la responsabilité pour leurs propres démarches même pour éradiquer le risque d’une famine mondiale, dont ils parlent tant. Ils organisent des conférences pour savoir comment éviter la faim sur Terre. Les mêmes personnes qui élaborent de nouvelles restrictions logistiques, financières et économiques avec un air intelligent cherchent à savoir à la table des négociations ce qu’il faut faire pour livrer librement de la nourriture dans les quatre coins du monde. Qu’est-ce que c’est? Du cynisme? De la stupidité? De l’arrogance? Je trouve que c’est un crime à l’échelle de l’univers dont quelqu’un doit répondre. Comme c’était toujours le cas avec ce que voulaient cacher ou dissimuler les régimes occidentaux et ce qui devenait de notoriété publique. Aujourd’hui, cela arrive assez rapidement. Il ne faudra pas attendre dix ans, cinq ans ou même un an. Nous saurons la vérité sur ceux qui fabriquaient cette apocalypse alimentaire sur notre planète et comment. Nous savons que c’est l’œuvre des régimes occidentaux. Il y a des noms concrets. Je pense que nous les connaitrons bientôt.

Les États-Unis et leurs alliés ne cessent pas d’alimenter l’Ukraine en armes. Selon des experts occidentaux, le montant total de l’aide militaire, financière et humanitaire promise à l’Ukraine depuis le 24 janvier 2022 s’élève à plus de 80 milliards de dollars, dont 45% sont purement un soutien militaire. Les livraisons d’armes créent une menace à la sécurité non seulement en Ukraine, mais également en dehors. 40.000 lance-missiles sol-air Stinger, lance-missiles antichars Javelin, lance-grenades et d’autres équipements militaires pourraient et se retrouveront sur les marchés noirs du monde entier. La police de plusieurs pays d’Europe occidentale et orientale constate déjà une hausse considérable du trafic d’armes en provenance du territoire contrôlé par Kiev. Ne dites pas ensuite que nous n’avions pas prévenu. Nous avertissons chaque jour. Tout ce qui est livré sur le territoire de l’Ukraine sous la forme d’armes reviendra à travers le marché noir, avant tout en Europe.

L’Occident continuer d’attiser la situation et retarde artificiellement l’opération militaire spéciale en apportant à Kiev non seulement une aide militaire, mais également un soutien politique. C’est dans ce contexte que nous percevons la décision du sommet de l’UE des 23 et 24 juin d’accorder à l’Ukraine le statut de candidat à l’UE, ce qui est, en fait, un autre exemple d’actions de régimes occidentaux pour exploiter le territoire ukrainien et l’utiliser pour contenir la Russie. Cela n’a rien à voir avec le développement de l’économie de l’Ukraine, des institutions financières et démocratiques. Cela est même dit dans ces mêmes décisions qui constatent un bas niveau des acquis de l’Ukraine en termes de paramètres fixés pour les candidats. Mais cela arrêt-t-il quelqu’un quand il faut remplir l’ordre politique et expliquer et motiver les livraisons de différentes armes? L’atermoiement de l’opération spéciale ne conduira qu’à une hausse du nombre des victimes civiles parmi la population des républiques du Donbass et de l’Ukraine. L’Occident le sait. Tout simplement il s’en moque. Il estime que ce sont des vies des gens qui ne sont pas comme eux. Les Occidentaux sont exclusifs. Les gens (c’est ce que l’Occident pensait toujours historiquement) à l’est du « centre » de l’Europe ne méritent pas la même attitude, et leurs vies ne sont pas aussi « chères » par rapport à la vie de ceux qui vivent en Occident. La question est seulement de savoir où se trouve ce fameux « centre » de l’Europe? Pourquoi Bruxelles a-t-il décidé qu’il se trouve précisément là? Si vous connaissez la géographie (nous savons qu’ils ne la connaissent pas très bien), regardez le continent, prenez une règle et regarder où se trouve le centre de l’Europe, le centre du continent européen. Je ne parle pas de l’Eurasie. Tirons les choses au clair au moins avec l’Europe.

Les tentatives agressives de l’Occident d’imposer sa vision de l’ordre mondial et l’utilisation cynique du facteur ukrainien à ces fins ne fait que prouver une fois de plus la pertinence des objectifs de l’opération militaire spéciale, qui seront forcément atteints, comme l’ont déclaré les autorités russes.

Sur la réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU sur l’Ukraine

À la demande de l’Ukraine, la présidence albanaise a convoqué le 28 juin une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU sur les derniers bombardements commis contre des cibles dans des villes ukrainiennes, y compris Krementchoug. En violation de la pratique établie du Conseil de sécurité, les pays occidentaux y ont fait participer le président Vladimir Zelenski en visioconférence. Sa fonction est claire. Il joue le rôle d’un amuseur public et, par conséquent, une fois encore, ils ont dû faire apparaître son visage médiatisé. Il y a une semaine, la ministre centrafricaine des Affaires étrangères Sylvie Baïpo-Temon s’est vu refuser la possibilité de participer à une réunion en visioconférence. S’agit-il du racisme? La représentante du continent africain s’est vu refuser ce à quoi un homme blanc a eu droit. Est-ce normal? Dans quel siècle vivez-vous? Comment est-il possible qu’un homme blanc puisse « entrer » dans la salle du Conseil de sécurité en visioconférence mais pas un représentant du continent africain? Est-ce une nouvelle forme de ségrégation? Notre pays n’a jamais connu le racisme et le commerce des esclaves. La Russie a historiquement lutté contre ces phénomènes honteux, tout en préconisant la décolonisation. Il est inadmissible que cette logique néocoloniale l’emporte de nouveau, parce que certains pays pensent qu’ils ont le droit de dicter qui peut et qui ne peut pas participer à une réunion du Conseil de sécurité, qui mérite de se connecter en visioconférence et qui ne le mérite pas.

Je crois que ceux qui ont refusé à la représentante du continent africain le droit de se connecter à une réunion du Conseil de sécurité, alors qu’ils ont donné ce privilège à un représentant de la communauté occidentale, devraient s’expliquer sur ce sujet. Il est clair que l’objectif principal de Kiev était de mitiger la fatigue médiatique autour de la question ukrainienne et de créer des conditions propices pour que les pays occidentaux accroissent leur soutien militaire. Cependant, Vladimir Zelenski n’a pas réussi à renouveler l’intérêt à la discussion au Conseil, même après sa présentation d’un autre produit de la propagande ukrainienne. Nous comprenons que toute cette histoire autour de Krementchoug a coïncidé avec le sommet de l’Otan à Madrid, c’est logique. J’ai une question pour nos collègues occidentaux. Ce n’est pas tant à eux que s’adresse cette question, ils ne diront jamais la vérité, mais plutôt à la communauté internationale. Vous savez où les armes fournies par l’Occident sont stockées. En fait, ces mines de toutes sortes (je parle symboliquement) sont déployées sous des sites d’infrastructure civile ou près d’eux. Pourquoi? La raison est claire. Pour les utiliser en tant que couverture. Cela relève de la barbarie du XXIe siècle.

Pour notre part, une fois encore, nous avons donné une réponse ferme et raisonnée aux attaques de Kiev, en présentant la chronologie de l’activité de « l’usine à infox » de l’Ukraine, des défenseurs de l’île des Serpents à la frappe de missile à Krementchoug. Il a également été rappelé que, dans le cadre de l’opération militaire spéciale, les forces armées russes ne ciblaient pas les infrastructures civiles et que l’afflux d’armes au régime de Kiev pourrait provoquer une escalade de la violence et une augmentation du nombre de victimes.

Sur la suspension par l’Ukraine des accords avec la Russie en matière de la sécurité nucléaire

Le 24 juin, l’Ukraine a annoncé la fin des accords de coopération entre le Ministère de la Protection de l’environnement et des Ressources naturelles de l’Ukraine et du Service fédéral de la sécurité nucléaire et radiologique de la Fédération de Russie signés en 1996. Kiev s’est également retiré de l’accord sur l’échange d’informations et la coopération dans le domaine de la réglementation de la sécurité lors de l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques signé entre le Service fédéral de la sécurité nucléaire et radiologique de la Fédération de Russie (aujourd’hui Rostekhnadzor) et le Comité national de réglementation nucléaire de l’Ukraine (aujourd’hui Service national ukrainien d’inspection de la réglementation nucléaire – SNRIU), en 2002.

Au cours des années précédentes, la Russie et l’Ukraine organisaient régulièrement des rencontres de travail bilatérales, des séminaires et des consultations dans le cadre de ces accords. L’interaction portait sur divers aspects de la règlementation en matière de sécurité nucléaire et radiologique, y compris le travail législatif, l’octroi de licence et la supervision.

La coopération dans ces domaines se déroulait également sur une base multilatérale, notamment dans la cadre de la Commission des États Membres de la CEI sur l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire et du Forum des autorités nationales de sûreté nucléaire des pays exploitant des réacteurs VVER (Forum des responsables de la réglementation des VVER).

Au cours de la dernière décennie, aucune coopération pratique dans le cadre des accords susmentionnés n’a vu le jour. De plus, le Service national ukrainien d’inspection de la réglementation nucléaire n’est pas membre des associations internationales susmentionnées. Cela étant, le retrait de l’Ukraine de ces accords n’aura aucun impact pour la Russie. Ces accords ont longtemps été poids mort, et ce n’était pas à notre initiative.

Il est toutefois regrettable que le régime de Zelenski prenne de telles décisions. Cela réaffirme que le régime de Kiev poursuit sa politique nuisible visant à rompre tous les liens avec la Russie et à détruire le cadre réglementaire des relations bilatérales. La faute en incombe entièrement au régime de Kiev et à ses parrains occidentaux.

Sur les menaces proférées par Vladimir Zelenski à l’encontre des journalistes russes

Lors de son adresse traditionnelle du soir (une sorte de « Bonne nuit les grands »), diffusée sur les comptes officiels ukrainiens le 28 juin, Vladimir Zelenski a proféré des menaces à l’encontre des journalistes russes, promettant de les punir pour avoir fait leur travail. En d’autres termes, le régime kiévien envisage d’exécuter des représentants des médias russes pour avoir exercé leurs fonctions de bonne foi.

Puisque Vladimir Zelenski n’a pas jugé nécessaire de préciser la façon dont il envisage d’exécuter ses menaces, nous pensons immédiatement à l’attaque terroriste, préparée par des nazis ukrainiens et déjouée le 25 avril, contre un certain nombre de représentants éminents des médias russes, notamment Vladimir Soloviev, Margarita Simonian, Dmitri Kisselev, Olga Skabeeva et Evgueni Popov, et certains autres. Rappelons que cette attaque terroriste a été planifiée et exécutée sous la coordination des services spéciaux ukrainiens et avec l’assentiment de leurs parrains occidentaux.

Il y a des gens qui pendant huit ans n’ont jamais entendu parler du conflit ukrainien dans le Donbass, ils ne savaient pas que des civils y étaient tués. Ces gens existent. Je vais expliquer pour eux, et cela peut paraitre étrange, mais les services spéciaux ukrainiens ont des liens avec des journalistes. Beaucoup diront que cela ne peut pas être vrai dans un pays qui se dit démocratique et que nous inventons tout cela. Il s’agit d’un système ouvert, démocratique, basé sur la liberté d’expression, le pluralisme et la diversité sous toutes ses formes. Les renseignements de l’Ukraine confirmeront qu’ils n’ont aucune relation à part des relations officielles et légales avec les journalistes. Et certainement, il ne peut y avoir aucune tentative d’assassinat, ce qui serait probablement vrai si nous ne savions pas combien de journalistes ont été assassinés en Ukraine. Ces meurtres n’ont jamais été élucidés.

La Communauté occidentale accuse souvent la Russie de ne pas mener des enquêtes approfondies, comme ils disent, sur les crimes contre des personnalités publiques russes. Les auteurs ont été retrouvés, il y a eu un procès. Les responsables ont été durement punis et incarcérés. Mais, comme le dit l’Occident, les commanditaires et les intermédiaires n’ont pas été identifiés. Nous pouvons débattre autant que nous voulons. Je voudrais souligner que dans le pays qui reste sous le protectorat occidental depuis de nombreuses années, les assassinats de journalistes n’ont jamais fait l’objet d’une action en justice. Pas seulement les commanditaires ou les intermédiaires, même les auteurs ne sont pas recherchés.

Les services spéciaux ukrainiens travaillent depuis longtemps avec les milieux journalistiques en inventant des actes de provocation terribles. Ils préparaient un attentat contre des journalistes russes. Je tiens à rappeler ce qu’ils ont trouvé à faire avec un homme travaillant sur leur territoire.

Ils ont orchestré la mise en scène du meurtre d’Arkadi Babtchenko en le couvrant de sang de porc ou de ketchup. Ensuite, ils ont transmis les informations au ministre des Affaires étrangères de l’époque Pavel Klimkine, qui à son tour les a présentées (du moins, il les a citées) au Conseil de sécurité en disant que cela nécessitait une enquête approfondie, en reliant tout cela à notre pays. Puis, il s’est avéré qu’il s’agissait d’une opération spéciale « amusante » des services spéciaux ukrainiens et du journaliste lui-même qui avaient orchestré cette mise en scène ensemble. Toute une histoire a été racontée expliquant leurs motifs, mais personne n’a jamais compris pourquoi ils avaient fait ça.

Comme vous pouvez le voir, les liens entre les services spéciaux ukrainiens et les journalistes revêtent un caractère pervers. Nous nous rappelons encore comment les services spéciaux ukrainiens ont utilisé le journaliste ukrainien (comme il se fait appeler) Dmitri Gordon à leurs propres fins. Il en était même fier. Chacun a sa fierté, comme on dit. C’est la sienne. On ne peut que deviner ce que les services spéciaux ukrainiens vont encore faire aux journalistes russes et non russes. Leur logique est absolument perverse, c’est un fait.

En essayant d’intimider nos journalistes, le régime de Kiev fait preuve d’une nouvelle facette de l’arbitraire et de la haine. Il ne s’agit pas seulement du cynisme ou de l’hypocrisie, mais aussi de l’arbitraire. Il est révélateur que la vidéo de Zelenski avec les menaces a été publiée juste après ses tentatives d’accuser la Russie de terrorisme depuis la tribune de l’ONU. Ils sont même allés jusqu’à avoir une idée pareille. Et ces accusations venaient du président d’un pays dont les forces armées ciblent délibérément et systématiquement des villes, utilisent des populations et des infrastructures civiles en tant que couverture, orchestrent des mises en scène ignobles comme celles de Boutcha, de Krementchoug, de Kramatorsk et envoient des groupes terroristes pour assassiner des journalistes.

En réaction à ce spectacle sanglant de Vladimir Zelenski, il convient de noter que tous les crimes du régime ukrainien sont scrupuleusement documentés, celui-ci ne fera pas l’exception. Tous les responsables seront traduits en justice et punis conformément à la loi.

Monsieur Zelenski, vous m’entendez? Arrêtez d’intimider les gens travaillant dans les médias et de les menacer. Vous vivez au XXIe siècle et tout ce que vous pensez pouvoir faire dans votre pays est inadmissible en Russie et dans le monde que vous considérez comme civilisé.

Sur la situation autour du transit de marchandises vers Kaliningrad

Les représentants de l’Union européenne ont promis d’élaborer dans les plus brefs délais des recommandations juridiquement contraignantes de la Commission européenne en vue de régler la situation artificiellement créée par Bruxelles liée aux restrictions de transit de marchandises vers Kaliningrad. Selon les informations dont on dispose, la Lituanie est en train d’étudier ces propositions et affirme ne pas avoir l’intention de céder à la prétendue pression de la Russie. Je ne comprends pas qui met la pression sur qui. Pour l’instant, nous ne faisons que lire des actualités de la Lituanie et de Bruxelles. À cet égard, les déclarations du ministre lituanien des Affaires étrangères Gabrielius Landsbergis, qui dit que « la Russie ne devrait pas remporter une victoire diplomatique sur la question des sanctions », sont très révélatrices. Alors, ils devraient être plus cohérents et tout à fait honnêtes. Si vous parlez de victoires, il faut dire, messieurs les politiciens et fonctionnaires de la Lituanie et de Bruxelles, que vous avez déclaré une guerre. Ou est-ce que nous avons mal compris?

Le politicien lituanien ne comprend pas l’essentiel – il ne peut y avoir, par définition, d’obstacles à la communication entre les deux parties de la Russie. Nous suivons avec intérêt l’évolution de la situation en faisant des commentaires à la demande des médias et au fur et à mesure que l’information devient disponible.

Nous réaffirmons que la Russie prépare des contre-mesures douloureuses pour la Lituanie, qui seront appliquées si la situation autour de transit vers Kaliningrad ne se normalise pas. Mais nous espérons que « les partenaires » feront preuve de bon sens, même si cette situation n’a rien à voir avec une relation de partenariat.

Sur les actions hostiles des autorités bulgares

Le 28 juin, les autorités bulgares ont annoncé leur décision d’expulser au total 70 membres du personnel diplomatique, administratif et technique de l’Ambassade de Russie à Sofia et d’autres représentations diplomatiques russes.

Il est évident qu’il s’agit d’une tentative du parlement discrédité et du Cabinet des ministres sortant de porter atteinte aux relations avec la Russie et aux mécanismes existants de dialogue bilatéral. En partant, ils ont décidé d’achever d’un coup ce qu’ils n’avaient pas réussi à détruire pendant toutes ces années, y compris les relations bilatérales.

Cette décision, prise sur ordre des forces extérieures, qui sous de faux prétextes essaient de monter les pays européens contre la Russie, tout en manipulant cyniquement les gouvernements et les politiciens dépendants, va à l’encontre des intérêts du peuple bulgare. Ils détruisent tout ce qui était construit sur le continent européen pendant des décennies. Certainement, nous nous réservons le droit de prendre des contre-mesures politiques et diplomatiques, notamment de nature asymétrique.

Dans le même temps, nous sommes convaincus (je le dis pour le peuple bulgare) que personne n’est en mesure de détruire les relations culturelles et spirituelles séculaires qui lient nos deux peuples. Tôt ou tard, le bon sens l’emportera.

Nous sommes persuadés que cela a été fait sur un ordre extérieur, contre la volonté et l’aspiration du peuple bulgare.

Réponses aux questions:

Question: Vous avez déjà parlé du transit vers Kaliningrad. Ma question est un peu différente. Maris Gulbis, ancien ministre lituanien de l’Intérieur, a déclaré que la restriction du transit vers la région de Kaliningrad était un « signal à Moscou » que l’UE et l’Otan sont prêtes à la « prendre ». Comment commenteriez-vous cette déclaration provocatrice?

Réponse: Il me semble que certains hommes d’État russes ont déjà fait un commentaire, et d’ailleurs très juste, là-dessus. À mon avis, une telle déclaration revêt un caractère malsain. Je suis sûre qu’il s’agit d’une provocation.

Ils peuvent ne pas comprendre l’ampleur de leurs actions, mais on a toujours appelé cette activité « provocation ». C’est une carte de visite de la mentalité occidentale. Je ne pense pas pouvoir trouver une période historique qui ne serait pas marquée par des provocations des régimes occidentaux. Les exemples ne manquent pas même dans l’histoire récente, où tout ce qui s’est passé dans le monde était lié aux activités provocatrices de l’Occident, cela est très caractéristique d’eux pour différentes raisons que je ne détaillerai pas ici, parce que cela va prendre beaucoup de temps. Mais encore une fois, je tiens à souligner que la provocation fait partie depuis longtemps de la politique des régimes occidentaux.

Question: L’Ukraine et l’image du président russe sont devenus des symboles du sommet du G7. Cela étant, la Russie est présentée comme le principal adversaire, voire l’ennemi de l’Occident. Le sommet de l’Otan va réaffirmer cette image de la Russie. Quelle réponse la Russie peut-elle donner en termes de nos définitions sur « qui est qui »?

Réponse: Un évènement avec la participation de la Russie n’a jamais fait et ne fera jamais des représentants des régimes occidentaux des symboles. Lorsque nous participons en tant que pays à divers évènements, comme des conférences, des conseils des ministres des Affaires étrangères, nous avons des choses à faire. J’ai vu comment ce groupe du G7 a commencé, c’était de la guignolerie, je ne connais pas d’autre façon de le dire.

Nous ne pouvons qu’essayer de deviner ce qu’ils faisaient derrière les portes closes. Comme vous l’avez peut-être remarqué, ces images ont été également relayées sur internet. Ils discutaient de graves problèmes de sécurité énergétique non pas à la table des négociations, mais en se promenant lors des séances de photo. Que se passait-il derrière les portes closes? Ils ont publié une déclaration contenant les propositions que je n’aurais pas pensé possibles il y a encore une semaine, telles qu’un appel à la Chine pour influencer la Russie. Les régimes libéraux occidentaux ont reconnu leur propre impuissance.

On pourrait appeler cela de la frivolité, mais le monde vit un moment difficile, pour ne pas dire plus, ce qui a été provoqué principalement par eux, leurs machinations autour de l’Ukraine, leur irresponsabilité politique et les provocations. À cela se sont ajoutées des livraisons d’armes et des mesures unilatérales de pression et de chantage économique contre le monde entier. Ils auraient quand même pu réfléchir avant, mais apparemment ?’est tout dont ils sont capables.

à suivre…

Voir notre dossier sur la situation en Ukraine.

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