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Sur Twitter, 90% des bots sont pro-ukrainiens


Le Cri des Peuples

lecridespeuples

Sep 17
60 à 80 % des comptes Twitter publiant des messages sur la guerre Russie-Ukraine sont des bots, 90 % sont « pro-Ukraine », selon une nouvelle étude

Des chercheurs de l’Université d’Adélaïde ont étudié 5,2 millions de messages partagés entre le 23 février et le 8 mars et ont découvert que les bots pouvaient pousser les gens à fuir leurs maisons dans ces pays.

Par Regina Mihindukulasuriya, le 5 septembre, 2022

Source : theprint.it

Traduction : lecridespeuples.fr

Selon une étude menée par des chercheurs de l’Université d’Adélaïde, en Australie, entre 60 et 80 % des pseudos Twitter qui publient des messages sur la guerre entre la Russie et l’Ukraine pourraient être des comptes robots (bots). Entre autres influences, ces comptes zombies pourraient avoir poussé les gens à fuir leurs maisons pendant le conflit entre ces deux pays, ont ajouté les chercheurs.

Les chercheurs ont également trouvé plus de comptes « pro-Ukraine » que de comptes « pro-Russie ».

L’article intitulé « #IStandWithPutin versus #IStandWithUkraine : The interaction of bots and humans in discussion of the Russia/Ukraine war » a été publié le 20 août.

Les chercheurs ont étudié 5,2 millions de messages sur Twitter —tweets, retweets, citations et réponses aux tweets— partagés entre le 23 février et le 8 mars de cette année pour comprendre comment l’activité des bots peut influencer les discussions en ligne autour du conflit Russie-Ukraine et comment les bots peuvent influencer les émotions humaines.

Les messages étudiés contenaient des hashtags tels que #StandWithPutin, #(I)StandWithRussia, #(I)SupportRussia, #(I)StandWithUkraine, #(I)StandWithZelenskyy et #(I)SupportUkraine.

Les comptes bot ont été identifiés à l’aide du Botometer de l’Université de l’Indiana, un logiciel qui aide à identifier un compte bot.

« Nous pouvons dire qu’entre 60 % et 80 % des comptes tweetant les hashtags que nous avons étudiés pendant les deux premières semaines de la guerre étaient des bots, comme déterminé à l’aide du Botometer », a déclaré Joshua Watt, l’un des chercheurs, à ThePrint.

Selon Watt, il n’est pas clair si les bots ont influencé les gens à fuir l’Ukraine ou la Russie.

Watt a ajouté : « Nous ne pouvons pas conclure où cela se passe car nous n’avons aucune information géographique sur l’origine des comptes. Tout ce que nous pouvons conclure, c’est que les comptes robots influencent davantage les discussions autour du fait de déménager/fuir/partir ou rester dans un pays/un endroit. »

Les Ukrainiens abandonnent leurs morts au combat, sans sépulture. Quand les Russes leur proposent de récupérer les cadavres, ils refusent

Les Russes ont la décence de les enterrer avec 1 ?

Zelensky/médias : On a trouvé des charniers, preuves de massacres cachés, tortures, etc. pic.twitter.com/vtGKvlYwDR

— Le Cri des Peuples (@lecridespeuples) September 16, 2022

Je suis bien au chaud dans ma datcha & payé rubis sur l’ongle l’ami. Poutine m’a même envoyé une peau d’ours de Sibérie tué par ses augustes mains. Je penserai à vous cet hiver en me réchauffant au coin du feu.

PS : 90% des trolls sont pro-ukrainiens…https://t.co/3zotMLVNnS

— Le Cri des Peuples (@lecridespeuples) September 16, 2022

Davantage de comptes robots pro-Ukraine

Selon les chercheurs, 90,16 % des comptes tweetant sur la guerre Russie-Ukraine étaient pr- Ukraine et seulement 6,80 % étaient pro-Russie. Les « comptes équilibrés » —ceux qui ont montré un comportement mixte— représentaient 3,04 pour cent.

« Le groupe de comptes « pro-russes non-bots » présente les plus grands flux d’informations sortants et des flux importants vers une série d’autres groupes, ayant un flux d’informations positif vers les groupes de comptes « pro-Ukraine » et « comptes équilibrés », ont observé les chercheurs.

Cela signifie que les véritables utilisateurs pro-russes ont la capacité d’influencer davantage d’utilisateurs sur Twitter que les véritables utilisateurs pro-Ukraine.

Les chercheurs ont constaté « un pic de bots les 2 et 4 mars. Le premier pic correspond à la prise de Kherson (une ville d’Ukraine) par la Russie, mais aussi au moment où les hashtags #(I)StandWithPutin et #(I)StandWithRussia étaient tendance. »

L’étude a également révélé que la période de midi à 13 heures était « le moment le plus populaire pour tweeter, quel que soit le fuseau horaire ».

Le type de bot le plus couramment utilisé, tant par les partisans de l’Ukraine que par ceux de la Russie, est celui des « bots auto-déclarés », c’est-à-dire des comptes qui se présentent ouvertement comme des bots, « ce qui suggère que les autorités ont identifié ces bots comme étant les plus utiles dans une campagne de guerre de l’information ». Les comptes de bots auto-déclarés comportent le mot « bot » dans leur nom d’utilisateur ou leur biographie.

L’étude a également révélé que le camp pro-Ukraine utilisait davantage de bots astroturf que le camp pro-Russe. Les bots astroturf sont des bots politiques hyperactifs, qui suivent continuellement d’autres comptes pour augmenter le nombre de followers de ce compte et/ou qui suppriment systématiquement le contenu de leur propre compte.

Comment les robots déclenchent des émotions

Les chercheurs ont étudié les mots qui apparaissent le plus souvent dans les comptes de bots pour constater que « les bots auto-déclarés suscitent davantage d’angoisse à l’égard des organes directeurs. D’un point de vue pro-russe, il s’agit peut-être de provoquer davantage de perturbations à l’Ouest, et d’un point de vue pro-ukrainien, il s’agit peut-être de provoquer davantage de perturbations en Russie ».

Le document de recherche a observé que les bots déclenchent également l’angoisse en utilisant des mots liés à l’angoisse, dont la majorité sont « autour de la peur et de l’inquiétude ».

Les chercheurs affirment donc que les bots et les comptes automatisés « se combinent pour accroître la peur dans la discussion générale sur la guerre Russie/Ukraine ».

Les bots augmentent également les discussions en ligne sur le mouvement, observe le document de recherche, en tweetant des messages contenant des mots comme « déménager », « partir », « quitter », « s’en aller », qui sont potentiellement associés au fait de rester ou de fuir le pays.

La combinaison de ce phénomène avec l’augmentation de l’angoisse suggère que les bots pourraient influencer les décisions des gens quant à la nécessité de fuir leur maison ou non, affirme le document.

Voir notre dossier sur la situation en Ukraine.

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