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Syrie : Daech se retire d’une partie de Palmyre après une percée de l’armée


LR PARISIEN02 mars 2017,
Photo prise le 27 mars 2016 des ruines du site antique de Palmyre en Syrie après le passage de Daech. (AFP/STRINGER)
Victor Fortunato (@vfortunato1)
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La cité historique de Palmyre, dans le centre de la Syrie, jusque-là aux mains de Daech, est sur le point d’être reprise par l’armée syrienne. Le terrain, miné par le groupe djihadiste, rendrait cependant difficile la progression des forces gouvernementales.

L’armée syrienne était en passe, jeudi matin, de reprendre à Daech la cité antique de Palmyre, dans le centre du pays, à 210 km au nord-est de la capitale Damas. Les forces gouvernementales y sont entrées mercredi soir, après de violents combats avec les djihadistes. Ces derniers se sont retirés d’une bonne partie de la ville, mais ont laissé derrière eux de nombreuses mines, rendant difficile la progression des forces gouvernementales.

Les combattants de Daech avaient envahi en mai 2015 cette cité inscrite par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité. Ils y ont détruit les plus beaux temples et mené des exécutions de masse dans le théâtre antique. Ils en avaient été chassés une première fois en mars 2016, mais avaient repris la cité en décembre. Soutenues par des troupes au sol et des bombardements aériens russes, les forces gouvernementales syriennes approchaient Palmyre depuis plusieurs semaines depuis le désert de la province de Homs.

Des kamikazes toujours présents

Jeudi matin, des combattants de Daech étaient retranchés dans des quartiers résidentiels de l’est de la ville. Ils se seraient retirés «d’une grande partie de Palmyre après avoir placé des mines dans la ville. Des kamikazes se trouvent dans des quartiers est», a expliqué Rami Abdel Rahmane, directeur de l’OSDH, une ONG basée aux Royaume-Uni et ayant de nombreux relais en Syrie. «Les forces gouvernementales n’ont pas encore été en mesure d’entrer dans le centre de la ville ou dans les quartiers est», a-t-il ajouté.

L’agence de presse officielle syrienne Sana avait indiqué plus tôt que les forces gouvernementales avaient repris le Mont Hilal et d’autres collines surplombant Palmyre, saluant «un pas important vers l’effondrement des groupes terroristes dans la ville». L’OSDH avait indiqué, de son côté, que les troupes avaient désormais à portée de tir «la moitié ouest de la ville». La reprise de la citadelle est proche, les djihadistes s’en sont retirés, a assuré Rami Abdel Rahmane, mettant toutefois en garde contre d’éventuels kamikazes qui pourraient toujours être retranchés à l’intérieur.
– Les forces gouvernementales syriennes avaient atteint mercredi la périphérie de Palmyre après des combats avec Deach. (AFP/ Delil Souleiman.)

Une nécessaire restauration du patrimoine

Daech a saccagé d’importantes structures de la cité antique, l’Unesco dénonçant comme «crime de guerre» les destructions sur le tétrapyle – un monument de 16 colonnes érigé à la fin du IIIe siècle, ainsi qu’à l’intérieur du Théâtre romain, daté pour sa part du IIe siècle.
– Image tirée d’une vidéo fournie par le ministère russe de la Défense, le 13 février 2017, montrant les nouvelles destructions de sites antiques par Daech, à Palmyre. (Photo : AFP.)

Saccagés par les djihadistes sur le site, deux bustes antiques restaurés en Italie ont été récupérés par Damas. «Les deux bustes sont revenus mardi et rejoignent les 400 pièces archéologiques qui ont pu être sauvées de Palmyre», a indiqué mercredi le directeur général des Antiquités et des musées, Maamoun Abdelkarim. Ces deux bustes, dont les visages avaient été gravement endommagés à coups de marteau, sont probablement les seules pièces à avoir été sorties légalement de Palmyre, après avoir été récupérées par les troupes syriennes. Un mois de travail en Italie a été nécessaire pour leur rendre un visage humain.
– Saccagés par les djihadistes sur le site, deux bustes antiques restaurés en Italie ont été récupérés par Damas. (Photo : LOUAI BESHARA.

Ils avaient été endommagés lorsque Daech a occupé Palmyre de mai 2015 à mars 2016 et y ont détruit les plus beaux temples, des tours funéraires ainsi qu’un grand nombre d’oeuvres d’art. Les djihadistes avaient également assassiné l’ancien chef des Antiquités de Palmyre, Khaled al-Assaad à l’âge de 82 ans. Des centaines de pièces endommagées ont pu être extraites de la ville avant que les djihadistes ne la reprennent une nouvelle fois le 11 décembre. Selon Maamoun Abdelkarim, la restauration des bustes «est le vrai premier pas, visible et positif que la communauté internationale a pris pour protéger l’héritage syrien».