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Syrie : et ces 51,36%, ça ne compte pas ?


Les partisans d’al-Assad remportent les élections en Syrie

Les partisans d'al-Assad remportent les élections en Syrie
IRIB-Le bloc « Unité nationale » soutenant le président Bachar al-Assad a remporté les élections législatives en Syrie du 7 mai. Le président de la commission électorale l’a annoncé aujourd’hui. Plus de 5 millions d’habitants, soit plus de 51 % des électeurs, ont participé au vote.
mardi, 15 mai 2012 16:40

Syrie: et ces 51,26%, ça ne compte pas?

Syrie:  et ces 51,26%, ça ne compte pas?
IRIB- Les résultats des élections législatives ont enfin été annoncés officiellement, ce mardi 15 mai, par la commission supérieure …

..du suivi et de supervision des élections, présidée par Khalaf al-Azzaoui :

-Nombre d’électeurs inscrits : 10.118.519
-Nombre de votants effectifs : 5.186.957
Soit un taux de participation de : 51.26%.

Répétons que ce chiffre – que même les gens d’I-Télé, de L’ Express ou de France 24 seront bien en peine de qualifier de « stalinien » – est plausible, compte tenu du climat de peur et de violence. Notons d’ailleurs qu’une première estimation gouvernementale donnait un chiffre de 58% de participation (voir notre article « Ça intéresse au moins les Syriens : les premiers résultats des premières législatives pluralistes », mis en ligne le 11 mai). Bref, la commission électorale publie un chiffre en baisse par rapport au premier annoncé par le ministère de l’Intérieur, ce qui plaide encore contre le stalinisme ou le soviétisme supposés du régime. Qui, il faut le redire, s’est efforcé, fut-ce contraint par les événements, à une mue politique, qu’on peut juger incomplète, inaboutie encore, mais qui n’en est pas moins effective et historique.

Le président de la commission électorale a précisé aussi le nombre de femmes élus : 30 (sur 250 députés). Disons que ce n’est pas la parité obligatoire à la française, mais que c’est sensiblement mieux que dans les assemblées des monarchies du Golfe.
Khalaf al-Azzaoui a indiqué que les contestations des résultats et les demandes d’annulations peuvent être présentées dans un délai de trois jours devant la cour constitutionnelle, qui elle les examinera et statuera dans un délai de sept jours après la fin de réception des contestations.
Ces élections législatives ont été en effet supervisées et contrôlées par des commissions judiciaires de contrôle composées de juges n’ayant en principe de relations avec aucun parti, et, de fait, un certain nombre de scrutins ont été annulés – notamment dans certains bureaux de Damas, et devraient être refaits.

Reste à connaitre maintenant les détails des résultats selon les partis, selon les âges et les provinces – Khalaf al-Azzaoui a énuméré les noms des élus sans préciser leur étiquette – mais d’ores et déjà  disons, même si ça fait ricaner l’AFP et bien d’autres confrères, que, malgré les difficultés énormes, la Syrie a pu mener à bien une opération inédite, où le droit à l’opposition – certes raisonnable – était constitutionnellement reconnu, ce pour la première fois. Certes, le régime a « reconduit sa majorité », mais les groupes d’opposition – hors CNS et Frères musulmans – déclarée, même quand ils étaient autorisés, ont traîné les pieds ou opposé au gouvernement une « fin de non participation ». D’autres comme la fédération de groupes de la « Coalition pour le changement pacifique’ de tendance « gauche patriotique » n’ont semble-t-il pas obtenu d’élus : à cela une explication simple – et non policière : dans le contexte dramatique qui prévaut, ceux qui on fait l’effort, et même pris le risque, d’aller voter, l’ont très majoritairement fait pour soutenir le pouvoir et Bachar.

On notera, pour s’en réjouir raisonnablement, que Le Point, tout en rappelant rituellement les critiques de l’opposition et de l’Occident sur ces élections, relaie de façon plutôt neutre les informations données par Khalef al-Azzaoui. Après tout, et quoi qu’on en pense, il s’est quand même passé quelque chose d’important et d’inédit en Syrie le 7 mai 2012.

 

« Brigade de la mort » :
unité de l’ASL pour les liquidations

ASLRévélation hors norme sur les liquidations ciblées perpétrées en Syrie : c’est une brigade de l’Armée syrienne libre (ASL) qui les exécute.
Prenant pour cible des hommes de religion, toutes communautés confondues, des champions sportifs, des professeurs universitaires, des employés de la fonction publique, des membres des partis politiques de l’opposition de l’intérieur etc.., ces assassinats méthodiques ont fait des dizaines de victimes syriennes.

Selon le site en ligne Syria Truth, citant des sources dissidentes militaires syriennes en Turquie, « une brigade de la mort » a spécialement été conçue pour ce genre de missions. Elle aurait été créée par le vice-président du Conseil national syrien (CNS) et le guide adjoint des Frères musulmans syriens Farouk Tayfour. Mais elle agit indépendamment de lui dans sa forme et ses actions.

Cheikh Abbas LahhamLe dernier assassinat de cette brigade a été commis dimanche dernier contre l’imam de la mosquée Roukayya (fille de l’Imam Hussein –s-) à Damas cheikh Abbas Lahham. Lundi, c’est le chef de la tribu des Oukaydates Cheikh Abdel Aziz Rachid Alhafel qui a été tué.

En avril dernier, le prêcheur alaouite et l’imam de la mosquée de Sayeda Zaynab sayed Nasser AlAlawi qui a été abattu à bout portant.
Syria Truth parle d’une vingtaine de personnalités chiites qui vivaient dans la ville de Homs et sa province qui ont été liquidés..

«  Les brigades de la mort » compte deux dispositifs : le premier est chargé de collecter des informations logistiques sur les cibles à liquider (adresse, lieu de travail) et de surveiller leurs déplacements alors que la seconde se charge de faire exécuter l’assassinat, explique un officier proche de dirigeant de l’ASL, Riad AlAsaad, selon Syria Truth.

L’officier signale que cette brigade fonctionne comme les services de renseignements et tous ses membres ne portent pas de tenues militaires différemment aux autres membres de l’ASL.

Haytham MannaaLa liste des cibles comprend quelques trois mille noms, dont des hommes de religion sunnites, alaouites, chiites et chrétiens, ainsi que des membres de la  communauté kurde et certains membres de  l’opposition de l’intérieur. Le dirigeant du Comité national de coordination pour le changement démocratique Haytham Mannaa semble lui aussi faire partie de la liste.

Syria Truth rappelle que dans les années 80, les frères musulmans syriens avaient créé une branche militaire baptisée «  les avants-gardes islamiques combattants » et qui a tué bon nombre d’officiers, de professeurs universitaires, de médecins et de membres du parti communiste syrien.

 Selon le site, cette brigade ressemble au dispositif qui a été créé dans les années 40 du siècle dernier par les Frères musulmans d’Égypte pour accomplir ce genre de missions, et qui a entre autre liquidé le Premier ministre égyptien Mahmoud Fahmi Nacrachi et tente de faire de même avec le dirigeant égyptien emblématique le raïs Jamal Abdel Nasser.