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Syrie: hypothèses


Badis Guettaf

Intervention de l’armée

L’intervention militaire contre la Syrie, si elle était envisagée, paraît pour le moins risquée pour ses protagonistes. De plus en plus de voix, que l’on peut qualifier d’autorisées, tirent la sonnette d’alarme, tout en étant convaincues que les déclarations belliqueuses font partie beaucoup plus de la guerre psychologique et de l’intox. Le but étant de porter des coups au moral de la population syrienne et de doper celui des bandes armées, en pleine déconfiture, depuis que l’armée syrienne est sortie de sa réserve du début, pour déclencher une offensive sur tous les fronts, contre les positions qu’elles ont conquises à la faveur de la période d’attentisme. Sans préjudice de l’attitude des deux grandes puissances, la Russie et la Chine, les capacités de défense de la Syrie seule sont mises sur la balance, auxquelles il faut ajouter la mobilisation populaire, en cas d’agression. Parmi les réfractaires aux bruits de botte figure le général Jean Fleury, ancien chef d’état-major de l’armée de l’air française, il livre son jugement sur la question dans le Monde.fr du 23 août. Sur un ton badin, il jauge les moyens de la France, au cas où François Hollande obéirait à l’appel aux armes, comme ce fut le cas pour son prédécesseur en Libye. «Pour la Syrie, la chanson n’est pas la même», avertit le général. Et il sait de quoi il parle, du moins quand il jauge les forces de son pays : «Face à la Syrie, nous ne serions qu’une petite force d’appoint placée sous les ordres de Washington ; ce ne serait pas très glorieux». Un jugement sans appel, rappelant aussi que même contre la Libye, il a fallu l’aide des Etats-Unis, alors même que «la force aérienne (de Kaddafi) était peu opérationnelle et ses moyens terrestres de défense contre les avions ont été rapidement détruits». Fleury enfonce ensuite le clou : «Son armée de l’air totalise environ 500 avions de combat, soit deux fois plus que la nôtre ; bien qu’une partie d’entre eux seulement soit moderne, leur nombre et la qualité d’un entraînement conduit en vue d’une guerre éventuelle avec Israël en font un adversaire sérieux». Puis il assène : «nous ne sommes pas de taille à l’affronter». Selon ce qu’il sait de la chose, «il faudrait employer toute la machine de guerre américaine et utiliser les aéroports de Grèce et de Chypre, voire du Moyen-Orient». Donc : fort risque militaire. Mais alors pourquoi François Hollande et Laurent Fabius plastronnent-ils ? Le général nous l’explique : «Finalement, le ‘’niet’’ de Vladimir Poutine est bien pratique : il évite de poser les vraies questions». Mais, ceci dit, l’OTAN (les USA) acceptera-t-elle l’affront d’un échec devant Damas ? Acceptera-t-elle une solution interne à la Syrie, par les Syriens ? Rien ne semble moins sûr, surtout après avoir contribué, grâce à sa «guerre par procuration» à attiser le sentiment national autour de Bachar El Assad et après que les «rebelles» aient été largement isolés, voire haïs par la population pour les atrocités qu’ils ont perpétrées, en guise d’avant-goût de la «démocratie» qu’ils escomptent imposer. Parions que tous les moyens seront mis en œuvre pour acheminer des combattants du Pakistan, d’Irak, de Libye, d’Arabie saoudite et d’ailleurs, pour les infiltrer en un flot ininterrompu de renforts à la guérilla. Ce n’est pas les monarchies du Golfe qui lésineront à la dépense, tant l’enjeu d’un recul sur ce front serait catastrophique sur leur stabilité intérieure.


Source : Le Jour d’Algérie
http://www.lejourdalgerie.com/…
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