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Syrie : les Chalabi s’entêtent par Ahmed Halfaoui


http://www.lesdebats.com/editions/110412/les%20debats.htm


La solution libyenne est proposée pour les Syriens. La même mystification est en œuvre. Avec le même profil de supplétifs prêts à toutes les extrémités, contre toute solution pacifique et négociée. Le pouvoir largué par l’OTAN, est la seule issue prônée par le CNS. On croyait les Bao-Daï définitivement délégitimés, on a pire.

Une hideuse caricature de ce genre d’individus, qui n’a même pas la décence que devrait dicter la précarité de son existence, qui risque à tout moment de la confronter à la froide logique des intérêts bien compris de ses maîtres. D’ailleurs, il est de plus en plus patent que le syndrome libyen est inenvisageable en Syrie. Les informations sur les négociations en coulisse filtrent de plus en plus, sur une révision des positions hostiles à Damas.

Les voisins arabes, d’abord, qui se rendent compte qu’ils risquent gros, voire le pire pour leurs trônes, au fur et à mesure que les rapports de force évoluent et que les Occidentaux démontrent leur peu d’entrain de se plonger dans un conflit où ils devront, cette fois-ci, payer la facture pour des gains des plus hypothétiques.

Ajoutons, au tableau, la formidable mobilisation  des Syriens qui ont pris le temps de comprendre que la « révolution » que leur proposent leurs « amis »,  Aljazeera, France 24 et les milices, n’augure rien de bon que la guerre civile et le chaos. Face à cette réalité, on peut prédire, sans trop de risque de se tromper, que les agités du CNS finiront plus bas qu’Ahmed Chalabi (le De Gaulle irakien selon le vice-président bushiste Dick Cheney).

Ce gadget indigène de la propagande mensongère qui a mené à la transformation de l’Irak en enfer. A propos, cet individu a été le chef du premier CNT (CNI). Et puis, le Conseil de sécurité de l’ONU s’était mobilisé, toute affaire cessante, pour se préoccuper de «protéger le peuple libyen». C’est ce que l’Histoire retiendra. A l’occasion, on a battu le rappel de tout ce qui pouvait rassembler les «bonnes âmes», autour des «révolutionnaires» de Benghazi qui «se battaient pour instaurer la démocratie» dans leur pays. 

Des dizaines d’ONG ont servi la plainte qu’il fallait et les télévisions les discours et les images qui justifièrent les tapis de bombes humanitaires. Mais, une fois la Libye livrée aux bandes armées, sous la fiction politique du CNT, le Conseil de sécurité, les ONG plaignantes et les télévisions ont décidé que le travail a été fait, pour que les Libyens respirent le bonheur d’être libres, et se tournèrent vers la Syrie, selon le même mode opératoire, CNT, «révolutionnaires» et tutti quanti. La Libye, il ne faut plus en parler, et puis, d’ailleurs, le pétrole recoule à flot. Tant pis pour les deux millions de réfugiés, que l’OTAN et ses supplétifs au sol ont poussés vers l’exil. Peu importe leur détresse et le dénuement dans lequel ils se trouvent. Tant pis si ce sont 150 milices qui, désormais, régentent le quotidien précarisé de ceux qui n’ont pas fui, ou qui ont cru à la «libération». Sera-ce possible en Syrie ?  Rien n’est plus moins sûr, sauf dans l’entêtement désespéré des «Chalabi» de  voir tomber le «régime syrien».

Par Ahmed Halfaoui