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Syrie : qu’en est-il du rapport des observateurs de la Ligue arabe ?


As’ad AbuKhalil – Al-Akhbar

Les observateurs de la Ligue arabe ont publié leur rapport. Mais il semble que ce même rapport ne sera pas accessible au grand public.

Il n’est pas facile de récupérer ou de lire le rapport, ni même sa synthèse ou ses conclusions sur un site web saoudien comme Al-Arabiya (la station d’informations du beau-frère du roi Fahd). Al-Arabiya ou Asharq Al-Awsat (le porte-parole du prince Salman) ne publieraient que des critiques du rapport par des « observateurs » saoudiens et des « observateurs » syriens pro-saoudiens.

Le nombre d’observateurs syriens pro-saoudiens dans les rang de la partie dominante de l’opposition syrienne (celle affiliée aux Frères musulmans, cachée derrière le Conseil national syrien et qui est sur le point de déclarer le djihad, tout en promettant aux Syriens un « Etat civil ») a été écrasant. Ils ont tous convenu que le rapport était inacceptable ou biaisé.

Bien sûr, l’envoi d’observateurs était l’idée de la clique du CCG [Conseil de Coopération du Golfe] qui domine la Ligue arabe. Le régime syrien n’était pas du tout enthousiasmé par la mission et a essayé de bloquer son entrée en Syrie. L’idée au départ était soutenue par le Conseil national syrien qui a insisté pour que les observateurs puissent venir en Syrie.

Mais une compétition avait lieu. Le Conseil national syrien, et Ghalioun personnellement, s’était d’abord prononcé catégoriquement contre une intervention étrangère. Ils ont ensuite mis au point une formule où une intervention de la Ligue arabe n’est pas vraiment une intervention étrangère. Ensuite, ils ont poussé pour une mission de la Ligue arabe, sans doute en supposant que le régime ne l’accepterait pas. Et quand le régime syrien a accepté la mission, le Conseil a commencé a invoquer l’intervention internationale – sans doute en attendant d’élever un peu plus tard le niveau d’intervention extérieure, y compris l’intervention d’autres planètes de la galaxie, tant qu’à faire. Cependant, il est douteux que le Conseil agisse de sa propre initiative.

Le régime syrien, à son tour, parle haut et fort de sa souveraineté. Pourtant, il ne s’est jamais souvenu de sa souveraineté au cours des décennies d’occupation israélienne sur le Golan durant les années du règne de Hafez Assad.

C’est certain, la mission de la Ligue arabe est un affront à la souveraineté d’une nation, mais le régime syrien n’est pas en mesure de prêcher ou sermonner qui que ce soit.

Le sang coule dans les rues de Syrie et de nombreuses personnes parmi les Syriens souhaitent une forme d’intervention extérieure. Mais ces gens sont victimes de coûteuses campagnes de propagande dont le but est de dépeindre l’OTAN ou d’autres interventions venant de l’Occident comme la solution à tous les problèmes de la Syrie. Il suffirait à ces personnes en Syrie de suivre les nouvelles des affrontements nocturnes entre les diverses milices fanatiques soutenues par l’OTAN qui errent dans les rues de Tripoli.

La mission de la Ligue arabe n’est pas crédible, bien sûr. Rien de ce qui sort de la Ligue n’est crédible. Ce n’est maintenant qu’un instrument aux mains de la clique du CCG. Si les conclusions de la mission d’observation ne sont pas conformes aux projets du CCG, cette mission peut aisément être dissoute et son travail discrédité(c’est ce qui s’est produit hier Samedi 28.01.2012,ndrl).

Le régime syrien est progressivement devenu le prisonnier de ses propres alliances régionales et de la base de son pouvoir en interne. Le Conseil national syrien obtempère maintenant aux ordres des dynasties régnantes du Golfe. Le peuple syrien est simplement pris entre deux feux.