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SYRIE. Trois personnalités contre une intervention armée


 


SYRIE. Trois personnalités contre une
intervention armée

Jeudi, Hillary Clinton a détaillé la liste des
empêchements à une intervention armée en Syrie

http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/06/02/t-intervenir-en-syrie-les-nombreux-arguments-contre.html#more

Depuis le massacre de Houla, le grand débat est
lancé : faut-il intervenir militairement en Syrie ?

*On connaît les arguments « pour »*, ceux qui
conduisent BHL et 58 % des Français (selon un
sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France) à
soutenir une telle action sous l’égide de l’Onu.

Ils sont nombreux : mettre un terme à la
répression sanglante orchestrée par le régime
Assad ; renverser un allié de l’Iran ; ne pas
laisser dicter l’agenda international par la
Russie (et la Chine) ; afficher son soutien aux
Printemps arabes…

Mais, ces derniers jours, *trois personnalités
importantes – et très différentes – ont exposé des
points de vue hostiles* ou extrêmement réservés
quant à un recours à la force. Voici leurs arguments.

Hillary Clinton, d’abord. Jeudi, devant des
étudiants danois, la secrétaire d’Etat de Barack
Obama a fait la – longue – liste des empêchements
<http://www.state.gov/secretary/rm/2012/05/191575.htm>
à une opération militaire (la traduction est de moi) :
<http://www.state.gov/secretary/rm/2012/05/191575.htm>

« La Syrie est une société beaucoup plus peuplée et
beaucoup plus diverse que la Libye, si bien que
différents groupes en Syrie sont inquiets de ce
qui arriverait après Assad et ne sont pas aussi
unifiés qu’en Libye. Il y a des militaires
professionnels ; il n’y en avait pas en Libye.
Kadhafi s’appuyait sur un tout petit groupe de
militaires aidés par des mercenaires.

* »Il y avait une opposition en Libye qui
représentait vraiment le pays.* Ceci n’est pas
encore été possible en Syrie. Nous travaillons
tous à cela. Il y avait un lieu protégé d’où l’on
pouvait opérer –Benghazi — et de là nous
pouvions avancer vers l’Ouest. Les défenses
anti-aériennes en Syrie sont beaucoup plus fortes
qu’en Libye. La Ligue Arabe avait appelé à une
action par le Conseil de Sécurité.

« La Ligue Arabe soutient aujourd’hui la mission
Annan ; ils ne sont pas encore unis pour appeler à
une action militaire. Et le plus important, le
Conseil de Sécurité, dans le cas de la Libye,
était d’accord pour agir et puis l’Otan a pu
mettre en place une coalition à laquelle se sont
joints des pays arabes d’accord pour faire
appliquer la no-fly zone et même opérer des
frappes. Donc vraiment, ces conditions n’existent
pas pour la Syrie pour l’instant.

* »Il y a aussi beaucoup de difficultés et de
complexités régionales que l’on doit traiter.* La
Jordanie a une frontière avec la Syrie ; ils
s’inquiètent pour leur propre intégrité
territoriale et leur sécurité. La Turquie a une
longue frontière commune. Ils s’inquiètent de
savoir s’ils se rendent plus vulnérables à la
menace terroriste kurde sur laquelle ils sont
concentrés.

« Et ce n’est pas tout ; c’est un ensemble de
facteurs difficiles à équilibrer. La Syrie est à
côté du Liban, qui, vous le savez, a connu une
guerre civile brutale pendant des années. Et la
démographie de la population, (syrienne) n’est pas
si dissemblable si ce n’est en terme de nombre,
mais les fondamentaux démographiques sont très
similaires entre les deux pays.

« Beaucoup de gens essayent de trouver ce qui
pourrait être une intervention que ne causerait
pas beaucoup de morts et de souffrances. En Libye,
en partie parce que le pays était peu peuplé sur
un vaste territoire, il y avait un théâtre
d’intervention qui a permis d’éviter des victimes
civiles. Cela semble beaucoup plus difficile en
Syrie, si ce n’est impossible.

« Il y a beaucoup de planifications humanitaires et
militaires en cours. Mais les facteurs ne sont pas
réunis.  »

kissinger.jpg

(Pour Henry Kissinger, les deux prérequis à une
telle intervention ne sont pas remplis)

Le 2 juin*, l’ancien Secrétaire d’Etat de Richard
Nixon, *le très Républicain*Henry Kissinger, vient
lui de s’exprimer
<http://www.washingtonpost.com/opinions/syrian-intervention-risks-upsetting-global-order/2012/06/01/gJQA9fGr7U_story.html>*
dans le « Washington Post ». Dans une tribune
intitulée « Une intervention en Syrie risque de
chambouler l’ordre mondial », le géostratège, qui a
toujours l’oreille des Grands, écrit notamment (là
encore la traduction est de moi) :

« *Il y a deux prérequis à une intervention
militaire*, humanitaire ou stratégique : un, un
consensus sur la forme de gouvernement après le
renversement du statu quo est fondamental. Si
l’objectif se résume à déposer un leader
spécifique, une nouvelle guerre civile peut
survenir du vide résultant et des pays
extérieurs choisir différentes parties. Deux,
l’objectif politique doit être explicite et
atteignable sur une période durable. Je doute que
la question syrienne remplisse ces conditions. (…)

« En réagissant, à une tragédie humaine, nous
devons faire attention de ne pas en faciliter une
autre. En l’absence de concept stratégique
clairement exposé, un ordre mondial qui érode les
frontières et fusionne guerres civiles et
internationales ne peut jamais reprendre son
souffle. On a besoin de nuance pour donner de la
perspective à la proclamation d’absolus. »

clinton,kissinger,desportes

(Le général à la retraite de
l’armée de terre Vincent Desportes)

*Enfin, il y a le général français à la retraite,
Vincent Desportes*, celui-là même qui, il y a deux
ans, avait publiquement souhaité un retrait
anticipé des forces françaises d’Afghanistan (au
prix de son poste à la tête du Collège Interarmées
de la Défense). Dans le Figaro de samedi, il a
développé des arguments proches de ceux d’Hillary
Clinton
<http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2012/06/01/10001-20120601ARTFIG00570-faut-il-intervenir-en-syrie.php>
pour conclure en ce qui concerne la France :

« Le fait d’être intervenus en Libye ne nous
impose pas d’intervenir en Syrie. En la matière,
chaque cas est un cas d’espèce, et le réalisme
doit l’emporter sur l’impétuosité morale et nos
propres données identitaires, même si le
messianisme fait partie de nos gènes. »



syrie.blog.lemonde.fr    Syrie. Des Homsiotes ont inventé une arm

Dimanche 3. Juin 2012  6:43

Syrie. Des Homsiotes ont inventé une arme
polyvalente

http://syrie.blog.lemonde.fr/2012/06/02/syrie-des-homsiotes-ont-invente-une-arme-polyvalente
/

Contraints à l’ingéniosité, du fait des réticences
de la communauté internationale à fournir aux
combattants de l’Armée Syrienne Libre, et à plus
forte raison aux autres Syriens, les armes qu’ils
réclament pour se protéger des exactions commises
contre les populations par l’armée du régime et
ses sbires, ///des Homsiotes ont inventé une arme
universelle
<http://www.youtube.com/watch?feature=fvwp&NR=1&v=gb2U6MyNt48>/.

Comme le montre la vidéo, cette arme, dont le nom
– DN 15 – apparaît dès les premières secondes de
l’enregistrement, peut tirer des balles de fusil,
de mitrailleuses, des cartouches de chasse… Son
maniement n’est pas encore facile et, comme la
démonstration permet de le constater, elle a
tendance, avec certains calibres, à s’enrayer.
Mais peut-être qu’avec du temps et de la patience,
une vertu dont ils ont démontré au cours des mois
passés qu’ils ne manquaient pas, les habitants de
cette ville connue dans toute la Syrie pour leur
humour parviendront à peaufiner leur invention et
à déposer le brevet qui leur permettra de la
commercialiser.

Ils paraissent pour leur part ne pas en douter.
Les bruits de marteau entendus en arrière-fond
paraissent en effet indiquer qu’ils se sont d’ores
et déjà lancés dans une fabrication en série. On
rappellera, pour ceux que les armes fascinent, que
des Homsiotes ont inventé au cours des premiers
mois de la révolution toute une série d’armes de
///défense
<http://www.youtube.com/watch?v=UO8EQDYvvd0&feature=related>/
et ///d’attaque
<http://www.youtube.com/watch?v=S6uUQbuFjxs&feature=endscreen&NR=1>/, tout
au plus capables de faire mourir… de rire ceux
qui les inventent et les utilisent.