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Table ronde: (Bassam Tahhan : Syrie/Turquie, clash?)


 14 octobre 2012

http://french.irib.ir/programmes/table-ronde/item/218844-table-ronde

IRIB- La parole est à Bassam Tahhan, grand spécialiste de la Syrie et à l’islamologue français, Christian Bonaud.

mardi, 16 octobre 2012

Le roi turc du jeu d’échec US, par Pierre Dortiguier

Le roi  turc du jeu d’échec US, par Pierre Dortiguier
  La récente déclaration du ministre de l’information syrien, M.  Omran al-Zubi, sur l’anachronisme  ….

…de la politique turque, imaginant qu’elle puisse, comme à l’ère ottomane, changer de  gouverneur damascène, en imposant une nouvelle équipe, qui soit un   intérim effaçant la présence du Président Assad,  ou – plus franchement dit – , décapitant le pays- est jugée par le magazine texan «Startfor Global Intelligence», une manœuvre habile. Ce fut, en effet, cette forme d’immixtion, dans les affaires locales, qui  caractérisa le mouvement formé à  l’école occidentale, surtout, française et italienne, laïque et centralisée, «jacobine»  des  soi-disant jeunes Turcs,  moins turcs, au demeurant,  -nous l’avons  souvent rappelé- qu’on ne le dit, et majoritairement composés d’étrangers à l’ethnie turque, ou pour le dire d’un mot, d’ambitieux et d’opportunistes radicaux !

Cette tendance a contribué à disloquer la communauté pluriséculaire ottomane, -elle-même greffée ou bourgeon heureux d’un ancien Empire !- et favorisé le coup de force wahhabite que l’on nomme la révolte arabe, ayant placé, d’abord, l’Angleterre, jusqu’aux accords  signés, sur le navire  Quincy, assurant la relève américaine, le 15 février 1945, et, ensuite, le foyer sioniste, comme deux arbres, dans le jardin du Proche-Orient !

Mais il est un aveu du magazine texan du Renseignement US, sur le rôle de la Turquie actuelle, de servir de vecteur à la stratégie de Washington ! Que maintenant les États arabes soient indisposés ou, transformons la modalité grammaticale, eussent été, autrefois, hostiles à l’action d’une main de fer, dans ce gant de velours «islamique» et «fraternel», car ils y auraient vu une présence étrangère active, et conduite par l’Occident colonisateur et lié au sionisme et à son «ambition conquérante» (De Gaulle, 27 novembre 1967), cela est évident : mais une telle réaction de l’ organisme  a été soigneusement  anesthésiée par la formation, au printemps arabe, d’un encadrement politique néo-jeune turc, mais non plus laïque, cette fois,  religieux, ou plus exactement, laïque dans le sens dévoué au intérêts non musulmans et non chrétiens, comme l’est la maçonnerie américaine, mais accompagné de ce produit anesthésiant qu’est la Muslim Brotherhood : la chirurgie opérée sur le corps arabe fait penser au mot célèbre d’Abd- ul – hamid, le sultan que la propagande de nos journaux parisiens disait «rouge du sang des Arméniens» et rendit haïssable : il faudra découper mon  cadavre, assura-t-il, à Théodore Herzl, qui le rapporte, dans ses carnets, pour y implanter une colonisation sioniste ! Un premier découpage eut lieu, après la défaite ottomane, mais un second, avec des moyens plus modernes, dû au développement des drogues idéologiques, se poursuit. Mise à part l’Algérie, qui résiste à ce genre d’opération, déjà, effectué sur elle et lui causa une hémorragie d’innocents, le Maghreb et le Mashrek, du Maroc aux portes de la Syrie est prêt à laisser s’implanter une sorte de membre artificiel, lequel aura la forme du corps vivant, mais sera mu par le mécanicien US ; pareil corps sera plus aisément, sous couvert d’un faux drapeau né-ottoman, mobilisable contre la Russie, contre l’Iran, contre quelque danger que représenterait une formation patriotique de type syrien et naturellement contre une Eurasie indépendante. Nous assisterions alors –  et nous avons, de fait, connu les prémisses de ce mouvement- à une sorte d’Empire ou d’agrégat, dont le  régime turc, appuyé sur l’OTAN, règlerait la police, avec le soutien des affairistes du golfe Persique.

Ce sera une sorte de pavillon, dont on soignera la façade.

Le magazine texan  remarque que le Président Poutine a annulé son rendez-vous du 14 octobre, qui devait discuter de la solution politique, déjà, fixée, à Genève, pour la résolution de la crise syrienne ; et a reporté sa visite diplomatique au 3 décembre ! Bien sûr, le lien avec d’autres questions essentielles contre la question des bases de missiles anti-missiles et encerclant la Russie seraient discutées, l’on en conviendra, après les élections américaines.
Pour, cependant, rassurer ses lecteurs, Stratfor précise que si l’on ne peut convaincre l’Iran de cesser son aide à la Syrie, qui est tout à fait légale, une pression financière sur le pays, conduisant à son affaiblissement modifierait sa détermination. Il n’est, donc, plus seulement question de se limiter à l’affaire de l’utilisation de l’énergie atomique, mais bien d’étendre cette pression à la stratégie iranienne d’alliance avec des forces patriotiques confirmées, comme cet «axe«  de la résistance se trouve être, y comprenant le Hezbollah, reconnu, récemment, par le Président du Liban, comme un élément essentiel de la Défense nationale.

C’est là, au moins, un résultat patent aux yeux de l’opinion publique iranienne, laquelle peut encore croire aux apparences d’une bonne volonté turque, comme en témoigne le fait rapporté par le même magazine d’une «réunion parisienne entre l’Iran et la Turquie, pour discuter du changement du paysage régional et de la formation  à impulser d’un État kurde». «Iran and Turkey gathered in Paris to brainstorm ways to exploit the shifting regional landscape and propel a campaign for Kurdish statehood.” : Turkey’s Challenge and the Syrian Negotiation | Stratfor

Le même endroit de l’article relève le danger kurde d’éclatement de la Turquie. En acceptant ces informations, l’on ne peut que supposer

Que l’orage va s’abattre, sur cette nouvelle contrée, et chacun sent que le premier pays à perdre son autorité, dans cette affaire, est l’Irak, ne dominant plus ses ressources, et, obligé d’abandonner les Kurdes à une indépendance, somme toute, normale, entrera, comme ce Kurdistan en gestation, dans une période d’instabilité, de conflits entre nations bâties sur un fonds matériel d’exploitation de l’énergie et non dans la vision d’un marché commun, d’une sphère de quo-prospérité. La Turquie pourrait jouer ce rôle, si elle était libre, indépendante, c’est-dire favorable à l’indépendance de ses voisins : ses sourires invitent à le croire, car tout est affaire de foi ou d’assentiment, non de démonstration, dans ce domaine, mais son acharnement à briser toute autonomie syrienne montre qu’elle a perdu sa raison, entendons, qu’elle est une grande tour, en effet, mais sur un jeu d’échecs joué par les États-Unis..et de l’autre, comme dans ce jeu sérieux, -car il est, comme Ispahan, l’image de la moitié du monde possédé par un partenaire,- nous ne sommes pas étonné de trouver un Kasparov-Poutine. Et l’emporter sur les États-Unis, c’est mettre le roi échec et mat,

 Offrez un tel jeu à M. Erdogan !

L’attitude inamicale de la Turquie envers les Russes, par la saisie de l’avion et, ensuite, d’un autre arménien, aurait expliqué l’échec des pourparlers d’Istanbul,  marqué par la présence de M. Poutine. Ce n’est pas une saute d’humeur, surtout, chez cet homme maître de lui et qui inspire, pour cette raison, confiance au peuple russe, (sauf à ceux qui dansent dans les églises), qui peut expliquer cette remise des négociations russo-turques ; le mouvement de pression anti-russe oblige à une renégociation du traité anti-balistique, qui, comme un fil rouge, suit tous les rapports de la Russie avec l‘Empire américain, dont la Turquie fait partie, hier, militairement, aujourd’hui, politiquement, (ce qui ne plaît pas au nationalisme turc, qui sera la pierre d’achoppement de l’équipe au pouvoir).
Serait-ce à dire que nous ayons assisté, depuis un an, à un mouvement stratégique américain, pour arracher plus de concessions à la Russie, pour la ramener à l’ère de Eltsine, à l’ouvrir oligarchico-démocratiquement à une pénétration US  ? C’est vers cette idée que vont, insensiblement, tous ceux qui, à défaut de bien connaître le monde arabe, ou la religion musulmane même et sa morale, sans laquelle toute théologie est vaine, savent, au moins, comme chaque paysan, qu’un printemps précoce abîme la sève ! Un séjour à la campagne, comme à celles que nous avons vu les hystériques, dans la cathédrale de Moscou, ferait du bien à beaucoup. Le Président Poutine y va souvent ! Erdogan reste dans la boîte du jeu d’échecs, avec les pièces bien rangées, en attendant les rivaux.

 

 

L’ Iran propose une « période de transition » avec Assad au pouvoir

Hossein Amir-AbdollahianL’Iran a proposé au médiateur international Lakhdar Brahimi une « période de transition » en Syrie sous la supervision du président Bachar al-Assad, a déclaré lundi un haut responsable iranien, cité par la télévision en langue arabe Al-Alam. »Nous proposons l’arrêt de la violence, un cessez-le-feu, l’arrêt de l’envoi d’armes et du soutien aux groupes terroristes, ainsi que l’organisation d’un dialogue national entre l’opposition et le gouvernement », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian.

Téhéran propose une « période de transition aboutissant à la tenue d’élections présidentielle et législative (…) et tout cela sous la supervision du président Assad », a-t-il ajouté.

Il a ajouté que la Syrie avait donné son « accord » à cette proposition.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi a remis dimanche à M. Brahimi, qui effectuait une visite à Téhéran, cette « proposition informelle » visant à mettre fin au conflit syrien.

Dimanche soir, M. Brahimi a eu un entretien avec le président iranien Mahmoud Ahmadinejad au cours duquel le dirigeant iranien a réitéré la proposition du gouvernement iranien pour aider à résoudre la crise.

L’Iran « est prêt à coopérer et à fournir une aide pour que le peuple syrien puisse retrouver le calme et la sécurité », a dit le président iranien selon le site de la présidence.

Lakhdar BrahimiAprès Téhéran, M. Brahimi s’est rendu à Bagdad, dont le gouvernement a réitéré le soutien de l’Irak aux efforts de l’émissaire « pour parvenir à une solution politique à la crise ».

M. Brahimi a par ailleurs démenti qu’il envisageait de demander le déploiement d’une force de maintien de la paix en Syrie, comme l’avait affirmé un dirigeant de l’opposition syrienne depuis Doha.

Après l’Arabie saoudite, la Turquie, l’Iran et l’Irak, l’émissaire doit se rendre en Égypte où, selon une source au sein de la Ligue arabe, il devait arriver lundi soir.

Avion de ligne syrien: les Etats Unis laissent Erdogan s’enfoncer dans le ridicule

Mardi 16 Octobre 2012
Avion de ligne syrien: les Etats Unis laissent Erdogan s’enfoncer dans le ridicule

La tension entre la Syrie et la Turquie, déjà forte, est monté d’un cran suite à l’arraisonnement le 10 octobre par l’armée turque d’un avion civil syrien assurant une liaison entre Moscou et Damas.

Le gouvernement turc a motivé cet arraisonnement par la présence d’armes russes dans les soutes de cet avion, ce que les autorités syriennes ont démenti.

La Russie a également démenti la présence d’armes dans cet avion, dont les soutes renfermaient par contre des pièces de rechange pour du matériel radar et a fait part de sa colère contre un acte qui aurait pu mettre en danger la vie de ses ressortissants qui se trouvaient à bord de l’appareil.

Si cet avion avait transporté des armes, la Russie n’aurait pas opposé de démenti, puisque rien ne lui interdit de vendre ce genre de matériel à l’armée syrienne.

Il va de soi que la Turquie ne se serait pas risqué à une montée de tension avec la Russie, d’où elle importe 60 % de ses besoins en gaz, si elle n’avait pas eu le soutien des Etats Unis qui se sont servis d’Ankara pour adresser un message à Vladimir Poutine sur le dossier syrien.

Effectivement les Etats Unis ont soutenu la démarche turque et on peut même concevoir que ce sont leurs services secrets qui ont soufflé à Recep Tayyip Erdogan que l’avion syrien transportait de l’armement, des «munitions » avait même précisé le premier ministre Turc.

Des munitions, ça se reconnaît pourtant au premier coup d’œil, sans demander d’investigations particulières.

En plus de ces supposées munitions, l’avion syrien transportait comme on l’a dit un certain nombre de ressortissants Russes . Ces derniers, munis de passeports diplomatiques, étaient peut-être des agents du FSB, les services secrets russes, ce qui n’a sans doute pas contribué à calmer les autorités ruses.

Si Recep Tayyip Erdogan a bien brouillé son pays avec la Russie et si la tension a encore fortement augmenté entre la Turquie et la Syrie sous le regard impavide des Etats Unis, ces derniers ont maintenant décidé de laisser le premier ministre Turc s’enfoncer tout seul dans le ridicule puisque on peut lire dans le journal The Hindu  daté du 14 octobre 2012 :

Les Etats Unis ont reconnu que la Russie n’avait violé aucune loi avec la cargaison contenue dans l’avion civil syrien reliant Moscou à Damas qui a été forcé par la Turquie à atterrir à Ankara mercredi.

Cette affaire est un bel exemple de névrose expérimentale induite par le maître américain chez son toutou Erdogan.

La prochaine étape de l’expérimentation consistera sans doute à amener le sujet expérimental à mordre son voisin syrien, ce qu’il sera probablement disposé à faire compte tenu de l’état mental et du ridicule dans lequel les manipulations américaines l’ont laissé.
http://mounadil.wordpress.com/