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Ukraine : USA et UE qui pleurent et Poutine qui rigole ?


Ukraine : USA et UE qui pleurent et Poutine qui rigole ?

16/04/2014

C’était malheureusement prévisible, mais la tension monte en Ukraine. Ce samedi, à Slaviansk, à l’est russophone du pays, des « milices » d’hommes armés et cagoulés, mais sans uniforme, ont investi les QG de la police locale des services secrets ukrainiens, la SBU. À l’heure où ces lignes sont écrites, un mort et cinq blessés chez les loyalistes ukrainiens et un « nombre indéterminé » chez les séparatistes russophiles et russophones.

Où sont le droit et la légitimité ? La question mérite d’être posée, le président pro-russe Viktor Ianoukovitch ayant été destitué, non point à la suite d’élections ou de référendum, mais sous la pression de la rue. Rue dont la légitimité peut être, elle aussi, sujette à caution, surtout quand on se rappelle qu’une précédente révolution locale, la « révolution orange », avait été largement manipulée par la CIA et financée par George Soros, milliardaire américain connu pour ses manières singulièrement intrusives.

Le soutien occidental au putsch de Kiev n’est pas non plus sans précédents. On sesouvient, au début des années 1990, d’un FIS (Front islamique du salut) ayant gagné les premières élections libres en Algérie et dont les dirigeants furent illico emprisonnés avec la même complicité tacite de nos médias. Idem en Égypte, où le président Mohamed Morsi a récemment été renversé par l’armée, sans que nos démocrates professionnels ne s’en émeuvent davantage. Et on pourra encore évoquer ce Kosovo arraché à la Serbie, abandonné à des islamistes albanais, après la guerre « humanitaire » de l’OTAN…

Avec la Crimée, il y a peu retombée dans son giron originel (la Russie), il s’agit d’une tout autre affaire. Certes, la Maison-Blanche a beau jeu de « dénoncer ces campagnes organisées d’incitation à la déstabilisation et au sabotage ». Mais venant d’un pays qui, depuis près de deux siècles, n’en finit plus de « déstabiliser » l’Amérique latine, qui (par deux guerres) aura quasiment renvoyé l’Irak à l’âge de pierre – Irak qui ne menaçait pourtant en rien ses intérêts vitaux et dont la politique suicidaire, que ce soit à l’égard d’Israël ou de l’Iran, contribue à embraser un Proche-Orient qui n’en a pourtant pas besoin –, voilà qui a de quoi laisser circonspect.

De plus, au-delà des rodomontades américaines, que peut réellement faire Barack Obama ? Rien. Des sanctions économiques ? Mais qui n’affecteront que peu la Russie, nation autrement moins dépendante que d’autres en la matière, et qui, de plus, n’a pas été touchée par les crises financières à répétition que nous envoie régulièrement l’ami américain. Mieux, le Kremlin dispose d’un large espace géographique allant bien au-delà de ses frontières naturelles : la preuve en est que son soutien à la Syrie et à l’Iran commence à porter ses fruits. Et Poutine, au contraire d’Obama, semble être là encore pour longtemps.

Certains agitent donc des menaces de guerre susceptible de s’étendre. Mais guerre menée par qui et pour quels objectifs ?

Quant à l’Europe, elle est atone ; et la France, aphone. Le train de l’histoire est en train de passer sous nos yeux. Et François Hollande le regarde. Telle une vache. Sans pouvoir monter dedans, faute de ticket. Il préfère manifestement le scooter. Chacun selon ses ambitions et, surtout, ses moyens. Une certaine idée de la France, comme aurait dit « l’Autre »…

MàJ 13.04.2014 à 22h10
Le Conseil de sécurité de l’Onu se réunit en urgence. (A 00h GMT).

source: Boulevard Voltaire

« AGISSEZ LES UNS POUR LES AUTRES
ŒUVREZ POUR CELUI QUI VOUS A PRÉCÉDÉ
DANS L’ESPOIR QU’UN SUCCESSEUR
POURSUIVE CE QUE VOUS AVEZ ACCOMPLI.  »

ENSEIGNEMENT DE MERIKARÊ (2000 ANS AVANT NOTRE ÈRE).