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Le nouvel accord US-Entité sioniste sur les armes est une menace pour la paix.


 
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Le dernier contrat d’armement entre Washington et Tel Aviv ne met pas seulement Téhéran dans le collimateur, mais il souligne aussi l’intransigeance « israélienne » sur la Palestine, écrit Khaled Amayreh depuis Jérusalem sous occupation.

Un nouveau contrat d’armement important entre les États-Unis et « l’israël » va renforcer la capacité de l’entité sioniste à frapper l’Iran, même sans implication états-unienne opérationnelle directe. Le « package », d’un montant de plusieurs milliards de dollars, comprend des missiles anti-radar conçus pour trouver et détruire les systèmes de défense anti-aérienne ennemis, de nouveaux radars sophistiqués pour les avions de chasse, des avions ravitailleurs KC135 et des appareils de transport à rotors basculants Osprey V-22.

Le contrat n’inclura cependant pas de bombes anti-bunker guidées par laser, d’après le New York Times.

L’accord a été annoncé cette semaine, pendant la visite à l’entité sioniste du secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel. Ce dernier a rassuré les responsables « israéliens » sur l’engagement traditionnel des États-Unis pour sa sécurité  et le maintien de sa suprématie militaire sur tous ses voisins.

 

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L’entité sioniste est littéralement gavé par ses sponsors européens et américains, d’armes toutes plus mortelles les unes que les autres

L’entité sioniste peut utiliser les avions-pétroliers KC135 pour des opérations à longue portée contre l’Iran. La vente des V-22 inaugurerait également le départ de l’avion des États-Unis. L’accord sera mis en œuvre dans plusieurs mois.

Cherchant à apaiser ses hôtes « israéliens », Hagel a dit que le maintien de la supériorité militaire « israélienne » était une priorité pour l’administration Obama. « Le Président Obama a fait une priorité non seulement du maintien mais de l’amélioration de l’avantage militaire d’e l’entité », a-t-il dit.

Hagel a réitéré des déclarations antérieures concernant l’Iran, disant que toutes les options pour traiter avec ce pays étaient sur la table. Le responsable états-unien a également dit que son pays continuerait à aider l’entité à développer son système de défense anti-missile Dôme d’Acier.

Selon des rapports des services du renseignement publiés par les médias « israéliens », les performances du Dôme d’Acier ont été « bien plus mauvaises que prévu » pendant la guerre de novembre dernier entre le Hamas et « l’israél ». Des fonctionnaires « israéliens » ont affirmé alors que le coûteux système de défense avait eu un taux de succès de 80%, une affirmation fortement contestée par les médias sionistes.

Le fait que les États-Unis continuent de financer la recherche relative au système anti-missile suscite des articles sur ses piètres performances.

Il est prévu que l’accroissement militaire renforce les arguments de ceux, en « israël », qui préconisent de frapper unilatéralement les installations nucléaires de l’Iran, c’est-à-dire sans coopération ni coordination avec les États-Unis.

Après les pourparlers avec Hagel, Moshe Yaalon, ministre « israélien » de la Guerre a déclaré : « D’une manière ou d’une autre, le programme nucléaire de l’Iran sera interrompu ».

Yaalon est un habitué de la guerre, étant donné son rôle dans le meurtre et la mutilation de milliers de civils palestiniens lorsqu’il était Chef d’état-major de l’armée « israélienne » au milieu des années 1950.

La visite d’Hagel  est la première étape d’une tournée qui l’amènera aussi en Égypte, en Arabie saoudite et dans les Émirats arabes unis. L’Arabie saoudite et les Émirats signeront eux aussi un contrat d’armement avec Washington, qui a toujours cherché à attiser les contradictions arabo-iraniennes au détriment du conflit arabo-« israélien ».

Selon des sources « israéliennes » informées, les armes que ces deux pays achèteront à Washington seront d’une qualité inférieure à celles vendues à l’entité sioniste. De plus, Washington veillera à ce que les deux pays n’essaient pas de les transférer à un tiers, en particulier à un pays hostile à « l’israël ».

Une alliance totale contre l’Iran

On ne sait pas si l’alliance américano-« israélienne » si bien affichée contre l’Iran, ira jusqu’à son terme en lançant une attaque « israélienne » ou américano-« israélienne » contre les installations nucléaires iraniennes.

Certains commentateurs de l’entité soutiennent que les réticences américaines à lui fournir des armes plus stratégiques, comme les bombes anti-bunker, peuvent indiquer que les États-Unis tentent de brider l’entité et de la convaincre  de donner aux manœuvres diplomatiques une chance de réussir.

Cependant, l’un des objectifs principaux – sinon le principal objectif – de l’actuel gouvernement « israélien » est « de neutraliser le danger iranien ».

« L’israël », qui possède un très vaste arsenal d’armes nucléaires, avec leurs systèmes de lancement, n’est pas confronté à une véritable menace existentielle venant de l’Iran. Cela signifie en fait que le langage excessif et souvent phobique utilisé par les officiels et dirigeants isionistes pour mettre en évidence un « danger iranien », vise essentiellement à maintenir la suprématie militaire et l’hégémonie de cette entité dans la région.

En outre, il est largement admis que si l’Iran possédait un jour des armes nucléaires, cela déclencherait une course aux armements nucléaires impliquant des pays comme l’Arabie saoudite et l’Égypte. Un responsable saoudien a été cité comme disant dans une interview à la presse, il y a quelques mois, que « si l’Iran a la bombe, nous en obtiendrons quelques semaines plus tard. »

Ainsi, si ce scénario cauchemardesque devenait réalité l’entité serait alors face non pas à un Iran mais à plusieurs, et la possession d’une dissuasion nucléaire par plusieurs pays du Moyen-Orient changerait les règles du jeu dans la région, à son détriment .

Plus tôt ce mois-ci, l’ancien chef du renseignement militaire « israélien », Amos Yadlin, a déclaré que si une attaque « israélienne » contre les installations nucléaires iraniennes ne faisait que retarder la capacité nucléaire de l’Iran, « ce délai pourrait être important car nous pourrions assister à un changement de régime ».

Yadlin a ajouté : « « l’israël » a défini ce qui sonnait pour nous l’alarme, et qui était la ligne rouge. Et l’Iran y est déjà. »

Néanmoins, la plupart des observateurs et des experts doutent qu’un changement de régime en Iran conduirait à un diminution et encore moins à une disparition du programme nucléaire du pays. D’autres experts affirment que le programme nucléaire de l’Iran a déjà atteint le point de non retour.

Un dernier point : il est très probable que le nouveau contrat d’armement rendral’entité encore plus intransigeante sur la question palestinienne.

La semaine dernière, le secrétaire d’État américain John Kerry a averti que la solution à deux États dans le conflit « israélo »-palestinien serait morte dans les deux années à venir si des mesures n’étaient pas prises dès maintenant.

« Je crois que la fenêtre de la solution à deux États est en train de se fermer, » a déclaré Kerry à la commission des affaires étrangères de la Chambre des Représentants. « Je pense que nous avons encore une certaine période devant nous, un an, un an et demi. Ou deux ans. Ou alors c’est fini. »

L’expérience a prouvé que le renforcement de l’armée « israélienne » au détriment des pays arabes et musulmans de la région,rendaitl’entité sioniste encore plus intransigeante et beaucoup moins encline à vouloir la paix.

Khaled Aymareh

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 Al-Ahram Weekly,  avril 2013