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États-Unis et Syrie – Ce qu’il faut savoir – Joyce Chediac


 

 

Centre d’action international (International Action Center)

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Tél. : 212-633-6646 – Courriel : [email protected] – Internet : www.iacenter.org

 

États-Unis et Syrie – Ce qu’il faut savoir – Joyce Chediac

 

La chronologie suivante porte sur l’intervention croissante des États-Unis-OTAN en Syrie.  Elle contredit le Grand Mensonge diffusé par les médias commerciaux dans le but de préparer une agression militaire impérialiste ouverte contre le peuple syrien.

 

? Depuis au moins 2005, Washington achemine de l’argent à un groupe de l’opposition syrienne d’extrême droite. (Washington Post – 16 avril 2011) ? Les États-Unis ont rouvert leur ambassade à Damas en janvier 2011, après six ans, mais il ne s’agissait pas d’un dégel dans les relations des deux pays. Le nouvel ambassadeur, Robert S. Ford, qui a servi jusqu’en octobre 2011, est un protégé de John Negroponte, qui a organisé des escadrons de la mort au Salvador dans les années 1970 et en Irak alors qu’il y exerçait les fonctions d’ambassadeur en mai 2004. Dans ce pays, des escadrons de la terreur ont tué des dizaines de milliers de personnes. Ford a servi directement sous les ordres de Negroponte à l’ambassade US à Bagdad. ? Ford «a joué un rôle de premier plan en préparant le terrain en Syrie et en établissant des contacts avec des groupes d’opposition». Deux mois après son arrivée à Damas, l’insurrection armée a commencé. (Global Research, 28 mai) ? L’opposition armée contre Bachar al-Assad a commencé en mars 2011 à Daraa, petite ville sur la frontière jordanienne. Des mouvements de protestation de masse commencent habituellement dans les grandes agglomérations. L’Arabie saoudite a admis, quelque temps après, qu’elle envoyait des armes à l’opposition à travers la Jordanie. (RT, 13 mars) ? Les États-Unis et leur alliés de l’OTAN ont utilisé les protestations populaires survenues en Égypte, en Syrie et ailleurs comme une couverture pour renforcer leur appui à des insurrections de droite, non pas pour aider le peuple syrien mais bien pour amener la Syrie dans le camp pro-impérialiste. Les excès ou les erreurs que le gouvernement Assad avait pu commettre n’étaient pas la vraie raison. ? La Ligue arabe, l’Union européenne et les États-Unis ont commencé à imposer des sanctions économiques, forme d’acte de guerre, contre la Syrie en novembre 2011 sous prétexte d’arrêter la violence sanctionnée par l’État contre les manifestants. L’aggravation des sanctions et le gel des avoirs syriens ont causé une chute de 50% de la valeur de la livre syrienne par rapport au dollar, alors que le coût des denrées essentielles triplaient souvent. ? Des exilés, financés par les États-Unis, ont été intégrés au sein du Conseil national syrien (CNS). Burhan Ghalioun, du CNS, a déclaré qu’il allait ouvrir la Syrie à l’Occident, mettre fin aux relations stratégiques de la Syrie avec l’Iran (et avec la résistance libanaise et palestinienne) et réaligner la Syrie avec les régimes réactionnaires arabes du Golfe. (Wall Street Journal, le 2 décembre 2011)

 

L’escalade de l’intervention des États-Unis et de l’OTAN

 

? L’ex-agent de la CIA Philip Giraldi a admis que les États-Unis agissaient en Syrie et a décrit le plan des États-Unis : «L’OTAN intervient déjà clandestinement dans le conflit syrien, et la Turquie prend les devants en tant que mandataire des États-Unis. Le ministre des Affaires étrangères à Ankara, Ahmet Davitoglu, a ouvertement admis que son pays est prêt à envahir la Syrie dès que les alliés occidentaux se seront mis d’accord à le faire. L’intervention serait faite au nom de principes humanitaires, afin de défendre la population civile, en invoquant la doctrine de la «responsabilité de protéger», utilisée pour justifier l’attaque contre la Libye. « (Theamericanconservative.com, le 19 décembre 2011) ? Giraldi a poursuivi : «des avions de l’OTAN, ne portant pas d’identification, se rendent dans les bases militaires turques proches de (…) la frontière syrienne, pour y livrer des armes des arsenaux de feu Mouammar Kadhafi et des volontaires du Conseil national de transition libyen, expérimentés dans la provocation d’affrontements entre les volontaires locaux contre les soldats formés. (…) Des entraîneurs de forces spéciales, français et britanniques, se trouvent sur le terrain, et aident les rebelles syriens, tandis que la CIA et des forces d’opérations spéciales des États-Unis fournissent de l’équipement de communication et mènent des opérations d’intelligence. (…) ? «Le rapport fréquemment cité de l’ONU indiquant que plus de 3 500 civils ont été tués par des soldats d’Assad est en grande partie basée sur des sources rebelles et les faits cités n’ont pas été corroborés. De même, les désertions massives au sein de l’armée syrienne et les batailles rangées entre déserteurs et soldats fidèles qui ont été rapportées semblent être des inventions de toute pièce, et seulement quelques cas de désertion ont été confirmés de façon indépendante. Les affirmations du gouvernement syrien selon lesquelles il serait attaqué par des rebelles armés, entrainés et financés par des gouvernements étrangers sont plus vraies que fausses». ? L’ »Armée syrienne libre » (ASL) dispose de bases arrière en Turquie, elle est financée par l’Arabie saoudite et le Qatar et elle se compose de déserteurs syriens. Le journal «Spiegel» en ligne cite une source à Beyrouth qui déclare avoir vu «des centaines de combattants étrangers qui se sont engagés dans l’ »Armée syrienne libre »». (15 février) ? Dans son rapport de février 2012, la commission d’enquête mandatée par l’ONU a présenté de la documentation sur des cas de torture, des prises d’otages et des exécutions par des membres armés d’opposition. ? Les premiers combats intenses survenus à Damas, capitale de la Syrie, ont débuté en mars. Le 16 mars, des pipelines ont été dynamités et d’énormes explosions se sont produites dans des bâtiments de renseignement et de sécurité se trouvant dans les zones chrétiennes, tuant au moins 27 personnes. Le gouvernement syrien a alors affirmé que depuis décembre, des terroristes, appuyées par des puissances étrangères, avaient organisé huit attentats à la voiture piégée tuant 328 personnes et blessant 657. Ces faits n’ont pas attiré beaucoup l’attention des médias occidentaux. ? Le 20 mars, l’organisation «Human Rights Watch» a accusé des membres de l’opposition armée syrienne de «procéder à des enlèvements, à l’utilisation de la torture et à des exécutions (…) de membres des forces de sécurité, de personnes identifiées comme étant des membres milices appuyées par le gouvernement et des alliés ou des supporteurs du gouvernement». ? Selon le «Spiegel» en ligne, dans le quartier Baba Amr de la ville de Homs, l’opposition armée a établi ses propres lois, ses tribunaux et ses escadrons de la mort. Interviewé par le «Spiegel», Abou Rami, commandant de l’opposition de Baba Amir, a déclaré qu’à Homs, son groupe avait exécuté entre 200 et 250 personnes. (29 mars)

 

L’ONU entre en action

 

? En mars, à la demande de l’ONU et de la Ligue arabe, l’ex-secrétaire général Kofi Annan s’est rendu en Syrie pour élaborer une proposition de paix. Or Annan et l’ONU ne sont pas impartiaux. Annan est l’un des architectes de la doctrine de la «responsabilité de protéger», invoquée, selon l’ex-agent de la CIA Giraldi, comme prétexte pour déclencher une intervention planifiée en Syrie. L’ONU a approuvé cette doctrine durant le mandat de Kofi Annan. ? En 2004, Annan a approuvé, au nom de l’ONU, l’intervention des États-Unis, de la France et du Canada qui a renversé le président d’Haïti Jean-Bertrand Aristide. Annan avait alors invoqué la même raison que celle utilisée aujourd’hui en Syrie : une prétendue « catastrophe humanitaire » imminente. En 2006, Annan a fourni, sous le même prétexte, l’appui de l’ONU à la France pour lui permettre de resserrer son emprise coloniale sur la Côte d’Ivoire. En Syrie, les appels de Kofi Annan à l’observance d’un cessez-le-feu par le gouvernement syrien et à une aide « humanitaire » sont, en vérité, des appels à une intervention étrangère. ? Le 27 mars, la Syrie a accepté d’observer le cessez-le-feu négocié par Annan. L’opposition a refusé. Alors que les chefs d’État occidentaux et les médias commerciaux tiraient à boulets rouges sur Assad, l’accusant « ne pas honorer » le cessez-le-feu, l’Occident continuait à armer l’opposition. ? Ce que le gouvernement étatsunien pensait vraiment de la trêve a été révélé par Robert Grenier, ex-directeur du Centre de contre-terrorisme de la CIA, qui a lancé un appel à ceux qui comptaient « aider » la Syrie pour «qu’ils montent métaphoriquement sur le ring et se salissent eux aussi».  Il a ajouté que «ce que la situation exige ce ne sont pas de nobles sentiments mais une aide efficace, mortelle». (Al-Jazira, 29 mars) ? Les impérialistes, alors qu’ils « montaient dans le ring », ont continué à accuser Assad. Le 1er avril, à Istamboul, s’adressant à une réunion anti-Assad d’ »Amis de la Syrie », la secrétaire d’État des États-Unis Hillary Rodham Clinton a déclaré qu’Assad avait violé le cessez le feu. Elle a exigé que Damas cesse unilatéralement les combats et se retire des zones fortement infiltrées par des forces de l’extrême droite. Elle a déclaré que les États-Unis avaient promis au moins 25 millions de dollars d’aide « non létale » à l’opposition syrienne, entre autres du matériel de communication par satellite. ? En mai, les réactionnaires «ont commencé à recevoir des armes en beaucoup plus grande quantité et de bien meilleure qualité (…) financées par les pays du Golfe persique et sous la coordination des États-Unis (…)» (Washington Post, 15 mai) «Les rebelles syriens ont reçu leur premières armes antichars de «troisième génération». Ils sont équipés par des agences de renseignements de l’Arabie saoudite et du Qatar à la suite d’un message secret envoyé par le président Barack Obama». (Debkafile.com, le 22 mai)

 

Le massacre de Houla

 

? Le 25 mai, juste avant la visite prévue de M. Annan en Syrie, la nouvelle d’un horrible massacre de 108 personnes à Houla, comprenant des familles entières et 48 enfants, est diffusée. Dans le monde entier les médias accusent le gouvernement syrien et toutes les capitales occidentales exigent l’accroissement des sanctions et de la pression internationale contre Assad. ? Le 27 mai, les impérialistes ont coordonné la manifestation de leur « indignation internationale » et ont expulsé les diplomates syriens en poste aux États-Unis, aux Pays-Bas, en Australie, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Italie, en Espagne, en Bulgarie et au Canada. ? Le Conseil de sécurité réagit au massacre sans avoir procédé à aucune enquête pour chercher à savoir qui en est le responsable, condamnant prétendument et de façon unanime la Syrie d’avoir utilisé des chars et de l’artillerie après avoir accepté un cessez-le-feu. Des déclarations affirmant que le gouvernement Assad n’en était pas le responsable ont été ignorées. Un examen plus approfondi a révélé que ces déclarations étaient justes. ? Immédiatement après le massacre, à Houla, Marat Musin, de l’agence de nouvelles russe ANNA, a interrogé des témoins. Il a établi que le massacre avait été commis par la dénommée « Armée syrienne libre » et non par les forces d’Assad. Il terminait son rapport par la conclusion suivante : «L’attaque a été menée par une unité de combattants armés de Rastan, à laquelle plus de 700 hommes armés ont participé. Ils ont soumis la ville à leur contrôle et ont commencé par une action de liquidation des familles loyalistes (pro-Assad), y compris les personnes âgées, les femmes et les enfants. Les morts ont été présentés à (…) l’ONU et à la « communauté internationale » comme étant des victimes de l’armée syrienne.» (31 mai) Le 7 juin, le journal conservateur allemand «Frankfurter Allgemeine Zeitung» a corroboré le rapport de l’agence ANNA. ? Les résidents connaissent un grand nombre des tueurs par leur nom et les considèrent comme étant des éléments criminels locaux qui travaillent maintenant pour l’ »Armée syrienne libre ». (Syria News, 31 mai).  Les forces anti-Assad ont ensuite posé pour les caméras, se présentant comme des villageois et ont invité les observateurs de l’ONU à visiter les lieux.  Certains, qui avaient revêtu les uniformes de soldats syriens tués, ont déclaré être des transfuges. ? Une photo largement diffusée de dizaines de corps ensevelis a été présentée par la BBC pour montrer les victimes de Houla, avait en vérité été prise par le photographe Marco di Lauro en Irak en mars 2003. ? Le 7 juin, le rédacteur en chef du service des nouvelles internationales de la BBC, Jon Williams, a admis dans son blog qu’il n’y avait aucun indice permettant d’identifier si le massacre du 25 mai avait été perpétré par l’armée syrienne ou par les milices alaouites. Le 7 juin, le journaliste senior Alex Thomson, du Canal 4 du Royaume-Uni, a déclaré que l’opposition l’a conduisit à une ligne de feu et ont essayé de faire en sorte qu’il soit tué par les forces militaires syriennes afin de donner à Assad une « mauvaise image ». ? Aucune enquête indépendante n’a été menée jusqu’à ce jour sur le massacre de Houla, mais le 7 juin, au cours d’une réunion, Annan et l’actuel secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon ont à nouveau déclaré qu’Assad était responsable du massacre de Houla. ? Le 16 juin, le major-général Robert Mood, dirigeant de la Mission de surveillance de l’ONU en Syrie, a suspendu les patrouilles de 300 membres invoquant comme prétexte la « spirale de la violence dans les zones agitées ». Cette suspension de la surveillance, survenue juste avant le Sommet du G-20 tenu au Mexique, a fourni à l’impérialisme, une autre occasion de critiquer Assad. ? Dans ses propos d’introduction, Annan a qualifié le massacre de Houla de « point de basculement » de la situation. Les morts de Houla ont été utilisés par les États-Unis et par l’OTAN de façon plus agressive et ouverte pour l’organisation du renversement d’Assad. Des responsables étatsuniens et des agents de renseignement arabes admettent que la CIA organise, dans le sud de la Turquie, l’acheminement d’armes à l’ »Armée syrienne libre ». Elle s’y trouve également pour «assurer de nouvelles sources et recruter du personnel». (New York Times, 21 juin) ? En conséquence, «les milices de l’opposition syrienne, initialement hétéroclites, se transforment en une force de combat plus efficace avec l’aide d’un réseau de plus en plus sophistiquée des militants qui se trouvent ici, dans le sud de la Turquie, qui passe en contrebande de l’équipement crucial à travers la frontière, entre autres des armes, de l’équipement de communication, des hôpitaux de campagne et même des salaires pour les soldats qui font défection. Le réseau est le reflet des efforts déployés pour bâtir un mouvement d’opposition (…), qui, ensemble, peuvent non seulement défaire (…) Assad, mais aussi de remplacer son gouvernement». (New York Times, juin 26)  [FIN – Traduction : A.A.]