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A RUE 89 : pour Journalistes -pigistes dans l’enfer syrien !


De Simone lafleuriel-Zakri, prof, Education nationale France : retraitée, historienne Syrie monde arabe, histoire des sciences arabes, écrivaine, ayant vécu régulièrement en Syrie à Alep

De retour du Liban où j’ ai rencontré certains de ces Syriens exilés au Liban et qui vivent dans une angoisse permanente à la fois par ce qu’ils apprennent chaque jour de ce que vivent les parents laissés au pays et souvent d’Alep, et par la grande ignorance de ce qu’ils vont devenir dans les jours et mois qui viennent, j’ai découvert sur Rue 89 , repris ailleurs, les articles- récits de ces « journalistes pigistes dans l’enfer syrien » !

A plusieurs reprises j’avais envoyé des commentaires à Rue 89 comme au Monde et par exemple à Mme Florence Aubenas dont j’avais lu les reportages en Syrie et d’autres correspondants y compris dans les faubourgs de Damas – (Jobbar par exemple dont ces journalistes embeddded et ignorants du lieu où ils avaient été amenés racontaient que c’était tout près de la grand Moquée (sic)) !) -, et surtout sur Alep dans la Vieille Ville.

Par les documents publiés j’avais reconnu par exemple et par le reportage Aubenas et photographes, leur passage dans les quartiers du souk d’Alep (à partir du souk du coton, et grande Mosquée) et dans les ruelles proches de ma maison dans le quartier très proche de la Porte de la citadelle au sud est.

A ces mêmes époques, aussi, nous étions – des amies franco syriennes, vivant à Alep , en exil ou ayant de la belle famille à Alep et (ou) y passant des périodes de plus en plus longues ces dernières années, ou amies seulement françaises et moi – en contact pour nous informer de ce qui se passait dans nos maisons, justement squattées et pillées comme tant d’autres par ces fanatiques Liwa al Tawa,id, al Qaïda (une amie avec le drapeau qui flotte sur sa terrasse) et autres groupes…Ma maison comme je l’ai raconté souvent , était alors occupée par une brigade libyenne de Benghazi avec laquelle nous avions le contact en tant que propriétaires car ils voulaient qu’on les  » branche  » sur l’ambassade de France puisque …françaises (sic) ! Ce groupe de quinze de ces fanatiques terrorisaient mes voisins et menaçaient de mettre dans un trou quiconque s’approcherait de ma maison mais nous, nous avions des nouvelles presque constantes de notre quartier qu’ils contrôlaient et de leurs exactions, ( nous en avons toujours par un cousin toujours vivant avec famille nombreuse à quelques mètres !)

.Bref…ce qui nous choquait et nous choque toujours dans ces reportages, mes amies et moi, c’est de constater que ces journalistes pigistes ou pas et uniquement pour être reconnus, ici, en France ou en Europe comme reporters, se mettent docilement au service de ces fanatiques dont tous les Alépins – dont ma famille contactée quotidiennement des musulmans très pratiquants et d’ailleurs auparavant très proches des Frères musulmans – nous racontaient les exactions constantes : comportements de voyous, vols, viols, privations de ravitaillement, rackets en tout genre, humiliations, etc – Alep ayant connu même des périodes proches de la famine et mon beau frère ayant eu droit à recevoir son seau de laban jeté sur lui et ses voisins obligés d’ écraser les oeufs et tomates qu’ils venaient en grand péril d’acheter dans la partie de Boustan al Qasr tenue par l’Asl et ces groupes mafieux !

Dans un reportage paru dans VIP, il y a quelques mois, un de ces pigistes dans le reportage intitulé « je suis allé en Syrie pour devenir reporter de guerre  » (ou quelque chose comme cela) , racontait justement comment il avait payé son passage, et suivi docilement  » ses mentors très directifs dont il devait faire la pub, comment il avait été logé contre dollars dans une maison vidée (sic) de ses propriétaires syriens alepins, et etc …je m’étais alors étonnée – et c’est peu dire – de ce que ces journalistes peu regardants acceptaient d’être logés et nourris aux frais de ces malheureux Alepins qui souffrent énormément de ces exactions venues de quelques quartiers Est sous contrôle de ces fanatiques islamistes avec émir (sic ) et qui appliquent la Charia.

Ces journalistes avaient même le toupet de dire qu’il n’y avait parmi ces fanatiques que quelques étrangers quand, déjà, depuis de mois avant ce chaos, un beau frère qui avait une boutique dans le quartier de la Porte de fer Bâb Hadid) me racontait l’arrivée en masse de salafistes inconnus à Alep et que les Alépins, des mois avant, savaient le rôle d’envois massifs d’argent et d’aides divers dont pèlerinages payés – octroyés par les Saoudiens contre port de voile, envoi des enfants dans des école coraniques et etc ….

Ces pigistes ou pas passent sans doute leur séjour sans doute chez nous, dans nos maisons pillées et par qui ? et pour « chez moi » je sais par une vidéo retrouvée par hasard que certains biens qui ne peuvent représenter en valeur véritable que des souvenirs de passage en Syrie ont disparu !!!! . Ce sont donc chez les Syriens dépossédés et terrorisés que ces « rebelles violents et voleurs » logent leurs « invités VIP » comme ils logent leurs chefs qui par ailleurs reçoivent ces journalistes et commandent leurs pubs, comme nous le savons ! nous par exemple, pour notre maison et par nos plus proches voisins, nous savons comment ils font un de ces chefs s’y étant même marié chez nous et y recevant beaucoup de gens ! Il s’y fait un grand passage (sic)

Pire, ces journalistes couvraient et ne couvrent que les exploits de ces fanatiques dont aujourd’hui, et de plus en plus, les médias acceptent de raconter un peu mieux les méfaits et les crimes presque indicibles tant ils sont atroces !
AUSSI, je voudrais bien moi, poser des questions les plus précises à ces journalistes peu regardants !
Mme Aubenas n’a pas daigné répondre à ma lettre où je lui demandais ce qu’elle avait vraiment fait et vu dans mon quartier et où elle avait été logée et au plus près puisqu’elle avait fait photographier un vieux voisin que j’ ai reconnu pleurant…Il avait perdu sa maison et logeait dans la minuscule boutique de mon voisin coiffeur face au khan Adiliyé de notre ami Adam, à la sortie du souk du coton :un khan bien pillé lui aussi par « ces héros rebelles amis et tributaires de nos reporters » (sic et resic )

Par ailleurs lorsque j’étais à Beyrouth, un matin, j’ai vu mon amie alépine se mettre à pleurer ….la raison : Son amie d’enfance : Inji était avec son fils et son mari dans le convoi des bus mitraillés par un groupe de l’ASL, il y a un mois sur la route Damas -Tartous. Dans les bus les plus touchés par les tirs de l’ASL, il y avait un groupe d’Arméniens …la plupart sont morts, les autres …blessés .Elle a pu réchapper du massacre mai, s avec son fils blessé aux jambes , grâce à l’intervention de l’armée syrienne .Elle est retournée finalement à Alep dans un bus fonçant dans la mêlée et voyageurs saufs, blessés ou morts, tous entassés à la hâte pour être soustraits aux tirs de ces rebelles en retraite…Une semaine après, toujours très choquée, elle a pu essayer de nous raconter ….et parmi l’horreur, elle riait du fait qu’ils avaient tous perdu tous leurs bagages et papiers sur lesquels ces amis de nos journalistes avaient, en premier, fait main basse et même avant de prendre le temps de tirer sur les survivants !

Bon je pourrais encore vous dire ce que nous apprenons tous les jours d’Alep : mon beau frère qui achète cher , mais enfin bien obligé , un sac de riz à l’ASL quartier occupé et voit que le riz est frelaté : rempli de grains de plastique ; que le sac de blé cassé est lui aussi inutilisable car rempli de particules de bois, qu’un médecin d’une famille bien connue vient d’être tué dans l’un de ces voyages très dangereux d’Alep à Damas et Beyrouth par bus, que, à Beyrouth au port et Hub où arrivent vers minuit les bus d’Ale, , nous parlions souvent à ces chauffeurs courageux et à qui mon amie confiait des médicaments anti -cancéreux pour une cousine alepine. Ils nous disaient le risque qu’ elle prenait que ces précieux et très coûteux colis envoyés en glacièrs improvisées soient volés par l’ASl qui, par ses barrages, contrôle la route et insulte les femmes et les voyageurs chrétiens dont les Arméniens, les dépouillent, oblige par ailleurs les passagères à se voiler – sa cousine écoeurée lui a envoyé la photo de son accoutrement obligé, pour tenter un voyage en Turquie avec mari et jeunes enfants.. toute en noir de la tête aux pieds ..
Vraiment , pour ma part et nombre des mes proches nous n’avons que mépris pour ces pseudo journalistes geignards et c’est avec colère que je me permets de vous faire part de nos sentiments à tous et en espérant qu’ils en prennent connaissance !
S. Lafleuriel- Zakri Paris,

2 Réponses “A RUE 89 : pour Journalistes -pigistes dans l’enfer syrien !”

  1. marip26
    août 14, 2013 à 7:39

    Je lis toujours avec plaisir vos articles , nous avons les mêmes échos..de la famille et amis en Syrie, et le même ecoeurement de la presse française.
    Nous avons parlé de vous avec Joumanah ( m’Firaz ) .Après un séjour forcé en Turquie ils sont à Damas.
    J’aurai plaisir à vous rencontrer.
    Bien amicalement

  2. dede
    août 14, 2013 à 10:42

    pere de famille, je suis triste des recits fait sur la SYRIE……il ne faut rien attendre de nos medias que des menteurs et des pleutres….de naissance j’appartient a ce pays des droit de l »homme ….helas il n’y a plus d’hommes depuis longtemps…
    je pense a toutes ces famille detruites dans votre patrie…… que ce « noble »pays que j’habite aide a detruire….
    ou aucuns de ses citoyens n’ose s’impliquer…fait que mon coeur na aucuns sentiment pour cette terre ou je marche..
    mes respects sont pour les peuples de SYRIE,LYBIE,irak