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Accord à Genève sur les principes d’une transition en Syrie


De quel droit peuvent-ils préparer une transition alors que bachar est soutenu par une grand majorité de son peuple ? S’il faut un changement en Syrie,  il doit se faire avec le gouvernement actuel et ne doit pas être décidé ailleurs qu’en Syrie.

ginette

Le Monde.fr avec AFP et Reuters | 30.06.2012

Kofi Annan, représentant spécial de la Ligue arabe et des Nations unies pour la Syrie, à côté du ministre des affaires étrangères russe, Sergei Labrov, à Genève, le 30 juin. Les États membres du groupe d’action sur la Syrie, réunis samedi 30 juin à Genève, se sont mis d’accord sur les principes d’un processus de transition politique dirigé par les Syriens, a annoncé l’émissaire international Kofi Annan.

La formation d’un gouvernement d’union nationale, qui pourrait inclure des membres de l’actuel gouvernement et des membres de l’opposition, se fera sur la base d’un consentement mutuel, a déclaré le représentant spécial de la Ligue arabe et des Nations unies pour la Syrie. Le groupe d’action sur la Syrie a par ailleurs souligné l’importance de la mise en oeuvre de réformes constitutionnelles et l’organisation d’élections libres et justes.

La réunion des ministres des affaires étrangères des membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie), de Turquie, du Koweït et du Qatar visait à mettre un terme à seize mois de violences et à trouver un consensus sur le sort à réserver au président Bachar al Assad. Cette réunion du « Groupe d’action sur la Syrie » offrait un cadre inédit, détaché du formalisme du Conseil de sécurité, pour tenter de dégager un consensus sur les moyens d’appliquer le plan en six points adopté en avril et resté lettre morte sur le terrain.

L’AVENIR DE BACHAR AL-ASSAD « SERA LEUR AFFAIRE »

« L’organe de gouvernement transitoire exercera les pouvoirs exécutifs. Il pourra inclure des membres du gouvernement actuel et de l’opposition et d’autres groupes et doit être formé sur la base d’un consentement mutuel », a indiqué M. Annan.

« Je doute que les Syriens choisissent des gens ayant du sang sur les mains pour les diriger », a précisé M. Annan dans une conférence de presse. Interrogé sur l’avenir du président syrien Bachar al-Assad, il a souligné que le « document est clair sur les lignes directrices et les principes pour assister les parties syriennes alors qu’elles avancent dans la transition et établissent un gouvernement de transition et effectuent les changements nécessaires ». L’avenir de Bachar al-Assad « sera leur affaire », a-t-il déclaré.

LA RUSSIE « RAVIE » DE L’ACCORD

Symptôme des difficiles tractations qui ont présidé à la conclusion de cet accord, les chancelleries américaines et russes y sont chacune allées de leur interprétation du texte. Pour la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, l’accord ouvre la voie à la formation d’un gouvernement d’union nationale de l’après-Assad. « Assad doit toujours partir », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse. « Ce que nous avons fait ici, c’est détruire la fiction selon laquelle lui et ceux qui ont du sang sur les mains pourraient rester au pouvoir. » Washington travaille à un nouveau projet de résolution de l’ONU prévoyant des « conséquences réelles et immédiates » en cas de non respect de l’accord de Genève, a-t-elle ajouté.

Côté russe, le ministre des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est dit « ravi » de l’accord, qui n’impose selon lui pas de processus de transition aux Syriens et n’exclut aucune partie. « La manière précise dont le travail de transition (…) est mené sera décidé par les Syriens eux-mêmes », a-t-il souligné, précisant que la Russie avait convaincu d’autres grands pays qu’il serait « inacceptable » d’exclure un quelconque groupe du processus de transition.

Même son de cloche à Pékin. Un plan de transition « ne peut qu’être dirigé par les Syriens et être acceptable pour toutes les parties importantes en Syrie. Des personnes de l’extérieur ne peuvent pas prendre des décisions pour le peuple syrien », a déclaré samedi à Genève le ministre chinois des affaires étrangères, Yang Jiechi.

FABIUS : « ASSAD DOIT QUITTER LE POUVOIR »

Le gouvernement de transition défini dans l’accord « sera choisi par consentement mutuel, ce qui exclut les massacreurs », a déclaré le ministre français des affaires étrangères, Laurent Fabius. Dans ces conditions, « il ne fait pas de doute que (le président syrien Bachar al-Assad) doit quitter le pouvoir », a ajouté le ministre.

« Personne ne peut imaginer un instant qu’Assad figurera au gouvernement, pas plus qu’on ne peut imaginer qu’il puisse établir l’environnement neutre » demandé par l’accord, a-t-il ajouté. Cet accord constitue « un pas en avant » parce que « le texte a été adopté à l’unanimité y compris la Russie et la Chine« , ainsi que « par la définition qu’il donne de la transition », a estimé M. Fabius. Il a ajouté que si cette résolution n’était pas appliquée, « il y aura si besoin saisine du conseil de sécurité de l’ONU ».

 

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