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Al Monitor – Pas d’issue militaire à la crise syrienne.


Syrie: le grand tournant du Qatar !

C’est le tout récent constat du Qatar, d’où son revirement envers la Syrie en proie à la guerre !
Ali Hashem fait part, dans son article publié sur Al-Monitor, du changement dans la politique extérieure
du Qatar envers la crise en Syrie. Voilà un résumé de cet article :

« Le Qatar et la Turquie sont les principaux sponsors de l’Armée syrienne libre, ASL, depuis la formation de ce groupe, il y a deux ans. Lesdits pays ne lésinaient sur rien pour renverser le gouvernement Assad. En plus, l’ASL fut le principal groupe auquel se rejoignaient les miliciens syriens de toute tendance. Ce groupe constitue le plus important adversaire du gouvernement syrien dans la mesure où la plupart des soldats, ayant déserté, le rejoignaient. Mais à présent, l’ASL vit ses jours les plus difficiles. Ses forces s’enlisent depuis des mois dans les conflits multilatéraux qui les opposent aux soldats de l’armée en même temps qu’à ses « alliés », c’est-à-dire le Front Al-Nosra et l’Etat islamique en Irak et au Levant, liés à la nébuleuse Al-Qaïda.

Pourquoi cette nouvelle situation ?
Un responsable d’un pays arabe qui soutenait auparavant les rebelles syriens, a révélé auprès d’Al-Monitor que la donne actuelle puisait dans les changements régionaux, dont et surtout la décision d’Ankara et de Doha de se retirer de la guerre en Syrie. Cette décision a été prise après que ces deux pays se soient persuadés qu’une solution politique serait meilleure non seulement pour les Syriens, mais surout pour tous les Etats de la région.
Il a donc fallu trois ans d’effusion de sang, de massacres de plus de 100.000 personnes et de renforcement des assises d’Al-Qaïda en Syrie, pour que les Qatariotes et les Turcs soient convaincus que quelque chose de très grave était en train de se produire en Syrie. Depuis la destitution, par l’armée égyptienne, des Frères musulmans, beaucoup de choses ont changé au Moyen-Orient. Les groupes soutenus par l’Arabie saoudit sont en train de lutter contre l’ASL. Une révision des politiques extérieures de Doha a été prévue suite à la démission de l’ancien émir qatariote.

Le Qatar est un petit pays ayant toutefois d’énormes potentiels. Les Qatariotes se devaient dès lors de définir leurs priorités vis-à-vis des évolutions, des économies et des politiques. Il fallait du temps pour réviser les politiques qatariotes. Le temps nécessaire et les principaux acteurs régionaux ont aidé le Qatar à comprendre qu’il n’existait pour lui aucun vrai horizon en Syrie. Alors, la décision a été prise ! Le Qatar se range désormais aux côtés du peuple syrien qui cherche avant tout la paix et les aidera, en essayant d’accélérer le processus de paix via une solution politique.
Dans la foulée, une autorité qatariote s’est rendue, la semaine dernière, au Liban où elle a rencontré le Secrétaire général du Hezbollah, Seyyed Hassan Nasrallah. Il s’agissait de la première rencontre de ce genre pendant deux ans. Doha voulait entendre les opinions de toutes les parties. Elle jouait au médiateur parmi les groupes rivaux pendant des années ». La source arabe anonyme dément cependant pour le moment tout lien direct entre le Qatar et le gouvernement syrien comme on a pu l’annoncer. Elle a ajouté en revanche : « Je suis au courant d’une réunion qui se tiendrait lundi entre le Cheikh Naïm Qassem, sous-secrétaire général du Hezbollah libanais, et le nouvel ambassadeur du Qatar à Beyrouth ».

LEMONDE.FR | 25.04.06 | 15h18 • Mis à jour le 03.05.06 | 23h50

Jacques Henno, journaliste nouvelles technologies, auteur de « Tous fichés » , mercredi 03 mai 2006