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Alep côté régime : un médecin raconte son quotidien


simone lafleuriel-zakri

Enfin France 24 se décide à aussi informer sur ce que vivent les habitants alépins qui survivent à l’ouest de la ville, maisil a fallu combien de tentatives pour que le docteur Nabil Antaki soit entendu;..Et jusqu’à ce jour rien sur les témoignages poignants de Pierre le Corff (à retrouver quotidiennement sur le net.

Ayant eu très souvent et régulièrement à coeur de contacter et les divers acteurs de la rédaction, certains journalistes spécialisés monde arabe, et les présentateurs (trices), et le médiateur de la chaîne et par téléphone et par mails, force était de constater et depuis 012, la volonté de ce médias (mais comme tant d’autres) de ne donner la parole aux reporters embedded, et témoignages ne s’intéressant qu’à la partie ASL,Liwa al Tawahid et groupes divers devenus al Nosra et plus y compris Al Qaida comme le racontent les reporters eux-mêmes, et ils l’écrivent comme on peut le découvrir et aussi dans les bouquins complaisants de ces belgo- franco,tuniso -et-ou de Molenbeeck et autres nationalités, arrivés à Alep en nombre et dans les environs proches dont idlib et le long de l’autoroute Alep Homs-Damas, vers la frontière ouverte de Bab al Hawa et Turquie, ou Heratane (avec des groupes Tchétchènes et Ouigours direction frontière nord Syro turque, et Gazientep où sont installés leurs chefs et lieux de soins et de ravitaillement comme bien expliqués dans un récent et long reportage Arte sur laTurquie! )

D 25 novembre 2016

Alep côté régime : un médecin raconte son quotidien
© George Ourfalian, AFP |

Le 20 novembre, les quartiers ouest d’Alep subissaient des tirs de roquettes tirées par les rebelles.

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM
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Les quartiers ouest d’Alep, contrôlés par le régime syrien, ne subissent pas de bombardements massifs mais des tirs sporadiques de roquettes et d’obus. Pour France 24, un médecin syrien qui vit dans cette partie de la ville décrit son quotidien.

Nabil Antaki est un médecin syrien qui vit dans la partie ouest d’Alep, contrôlée par le régime syrien. Contrairement à la partie orientale, tenues par les rebelles, les quartiers ouest ne subissent pas de bombardements massifs mais des tirs sporadiques de roquettes et d’obus. Pour France 24, il décrit son travail et son quotidien.

Depuis l’été 2012, la ville d’Alep, grande mégalopole du nord de la Syrie, est scindée en deux. L’est est contrôlé par les rebelles et les groupes armés dont l’ancien Front al-Nosra, et l’ouest par le régime de Damas. Chaque jour, l’armée syrienne et son allié russe déversent des bombes sur la partie orientale, suscitant l’indignation de la communauté internationale. À ces bombardements massifs, les quartiers rebelles répondent par des tirs de roquettes, moins dévastateurs, mais qui font également de nombreuses victimes.
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Nabil Antaki vit dans ces quartiers ouest. Gastro-entérologue de profession, il aurait pu aisément quitter la Syrie, comme un grand nombre de ses confrères médecins. Mais il a préféré rester à Alep, chez lui. Il y dirige une clinique et anime plusieurs programmes humanitaires. Pour France 24, il témoigne de la vie quotidienne dans Alep-Ouest.

France 24 : L’ONU a déploré, lundi, le fait que plus aucun hôpital n’était en état de fonctionner dans la partie est d’Alep. Vous êtes médecin et vous vivez dans l’ouest de la ville. Quelle sont les informations qui vous parviennent à ce propos ?

Nabil Antaki : Pour être franc, je n’ai pas d’informations directes de personnes qui vivent dans les quartiers Est. Ce que j’entends de façon indirecte décrit une situation très préoccupante en ce qui concerne les malades et les blessés. Maintenant, concernant les hôpitaux, nous avons entendu à maintes reprises que le dernier hôpital à l’est avait été détruit, où que tel ou tel hôpital soutenu par MSF (Médecins sans frontières) avait été touché. Mais nous sommes surpris : nous connaissons la ville et il n’y avait déjà pas beaucoup d’hôpitaux dans cette partie avant la guerre. Peut-être s’agit-il d’hôpitaux de fortune installés dans des immeubles.

>>> À lire : Il n’y a plus aucun hôpital en état de fonctionner dans Alep-Est, selon l’ONU

Quelle est la situation à Alep-Ouest ?

La situation à Alep-Ouest est la même depuis quatre ans et demi. Il y a un million et demi d’habitants qui vivent dans les quartiers Ouest, dont une bonne partie sont des déplacés, venus notamment de l’Est. La densité de population est donc très forte. Nous subissons tous les jours des bombardements d’obus de mortiers et de bombonnes de gaz remplies de clous et autres objets blessants. Il y a tous les jours des tués, entre 5 et 20 par jour, et des blessés, même si, bien entendu, la situation n’est pas comparable avec ce qui se passe de l’autre côté. Mais les médias en parlent peu ou pas du tout. Il se trouve que comme ce ne sont pas des avions et une armée qui bombardent, les roquettes ne font pas tomber des immeubles entiers, mais font des trous. Elles causent peu de dégâts matériels mais font beaucoup de victimes humaines. Le dernier drame a eu lieu dimanche : des tirs de mortiers ont touché une école et ont tué dix élèves.

Avez-vous constaté une intensification des tirs de roquettes ces dernières semaines avec la reprise de l’offensive du régime sur l’est de la ville ?

Oui, il y a des périodes d’intensification des frappes qui coïncident avec les bombardements de l’armée syrienne. Depuis une semaine, des obus sont tirés des deux côtés : non seulement depuis l’est, mais aussi depuis la campagne à l’ouest d’Alep. Des quartiers d’Alep-Ouest ont dû être évacués. Avec cette nouvelle ligne de front, la zone habitable à l’Ouest se rétrécit. Comme il n’y a plus d’endroits pour se loger, les personnes qui ont fui les zones à l’extrémité Ouest ont dû trouver refuge dans des immeubles détruits. Souvent, ils n’ont pas de murs pour fermer la pièce. Nous essayons justement en ce moment de les aider.

>>> À lire : Alep-Est subit ses plus violents bombardements depuis deux ans

Les vivres, l’aide humanitaire et médicale ne parviennent plus dans la partie est de la ville qui est assiégé par le régime. Qu’en est-il de l’Ouest ?

Nous avons subi plusieurs périodes de siège : à la fin de 2013, en novembre 2015 et il y a deux mois. Rien ne passait, aucune vivre ni aide médicale, il y a eu des pénuries. Quant au manque d’eau, c’est le principal problème. La station d’épuration étant située du côté des rebelles, ils nous coupaient l’eau. Maintenant, en raison des bombardements, elle ne fonctionne plus. Des deux côtés de la ville il y a des centaines de puits forés sur la chaussée et sur les trottoirs. Même chose pour l’électricité.

Les Alépins sont-ils prisonniers de la ville ?

À l’Ouest non, il y a une route pour sortir, la route de Ramousseh, prise par l’armée, reprise par les rebelles puis de nouveau reprise par l’armée il y a deux mois. Mais elle est dangereuse et peu empruntée. À l’Est, il n’y a pas de passage. Le gouvernement syrien a décrété à plusieurs reprises des trêves et a permis aux civils, et même aux rebelles, de sortir par des couloirs. Mais ces derniers ont empêché les civils de sortir et s’en servent comme bouclier humain.