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Amorce d’un retour des réfugiés en Syrie .


 

Jdeidet Yabous à la frontière syro-libanaise récemmebt

Jdeidet Yabous à la frontière syro-libanaise ces derniers jours

Voyage aller – retour pour les réfugiés syriens

Par M. Ayestaran, ABC (Espagne)

Près d’un million de Syriens vivent en tant que réfugiés au Liban, en Jordanie et en Turquie . Fuyant une guerre qui a commencé il y a deux, causant aussi, selon les Nations Unies,  la mort de plus de 70.000 personnes . La situation dans le pays est très compliquée mais, peu à peu ,beaucoup de ceux qui ont fui commencent à revenir. C’est cette image que l’on voit tous les jours au poste frontière de Jdeidet Yabous  où arrivent des familles dans des camions chargés à ras bord. Elles montrent leurs passeports, les bagages sont déchargés pour le contrôle de douane et elles font lentement route vers Damas après être passées sous un grand portrait du président.

 «Mieux vaut le danger en Syrie que la misère au Liban,» dit une mère de famille qui a passé trois mois loin de chez elle et qui rentre à Der’aa, la ville du sud . D’autres comme Mohamed font le va et vient chaque semaine pour leurs affaires. «La route est sûre et même si à Damas on entend des explosions et s’il y a eu des attentats à la voiture piégée, on peut continuer à vivre de manière relativement normale, donc je n’ai pas peur.»

Les 40 km de route qui relient la capitale à Jdeidet Yabous  est la dernière voie sûre qui reste aux citoyens pour entrer et sortir du pays. Depuis la fermeture technique de l’aéroport – il est opérationnel, mais la route d’accès est dangereuse – les Syriens sont obligés de se rendre à l’aéroport international de Beyrouth pour prendre l’avion. «Nous qui avons donné refuge à tous les Arabes quand ils avaient des problèmes, maintenant nous entrons dans des tentes et des champs où ils nous font la vie impossible », se lamente un autre père de famille qui rentre et ne sait pas ce qu’il découvrira dans son quartier proche de l’aéroport de Damas

Jdeidet Yabous en 2006: réfugiés fuyant les bombardements sionistes au Liban

Jdeidet Yabous en 2006: réfugiés fuyant les bombardements sionistes au Liban

La presse a été autorisée à aller à la frontière suite à une annonce par les autorités syriennes de l’arrivée de plusieurs autobus avec des réfugiés, quoique finalement cette arrivée n’ait pas eu lieu et les agents à la frontière ont alors invité la presse à ranger les appareils photo et à retourner à Damas. On n’a pu couvrir que l’arrivée de Syriens [à bord de véhicules individuels]. Séparée simplement par un trottoir, une file semblable de voitures attendait pour sortir du pays, mais nous n’avons demandé à aucun d’entre eux pourquoi ils quittaient le pays. «Je l’ai fait lors d’une précédente visite au poste frontière et je me concentre sur ceux qui reviennent, ce qui me semble en outre être l’histoire la plus importante compte tenu de l’état de la situation,» assure le cameraman d’une chaîne internationale qui dispose d’un bureau à Damas.

Des gens entrent et sortent. L’activité normale d’un poste frontalier. Les choses inhabituelles commencent quand on circule sur les autoroutes syriennes et leurs points de contrôle qui ont été établis pour surveiller l’itinéraire. Tous les quelques kilomètres , on doit montrer ses papiers et ouvrir la malle arrière. Il semble incroyable qu’on ait pu tuer sur cette route le général Iranien des Gardiens de la révolution Hasan Shateri, une attaque «perpétrée par Israël» selon le régime, et qui s’est produite, selon des sources que nous avons consultées, dans le no man’s land entre le Liban et la Syrie et non pas sur route qui est  entièrement sous contrôle militaire.

Confusion totale

La confusion est totale, personne ne sait vraiment comment vont les événements qui évoluent très rapidement. Tout n’est que rumeurs. Les médias officiels donnent l’image d’une situation qui s’améliore et que l’armée  tue des centaines de « terroristes tous les jours. » Les grandes chaînes de télévision arabes, les mêmes que les Syriens suivaient avec dévotion quand elles parlaient de la Tunisie, de  l’Egypte et de la Libye, sont aujourd’hui les plus critiques envers le gouvernement et rendent compte des avancées de « l’opposition armée ». Les citoyens ordinaires sont fatigués de cette bataille médiatique et ne croient que ce qu’ils voient . C’est pourquoi ils rentrent en Syrie et circulent dans le pays en passant par les points de contrôle des deux camps et défient les bandes criminelles qui sévissent au milieu du chaos.