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Attaque chimique à Alep: comment Français et Britanniques entravent l’enquête.


 
 

Le 19 mars dernier, la localité de Khan al-Assal , dans la province d’Alep, était victime de tirs d’engins exhalant des odeurs nauséabondes : 25 Syriens en ont péri dont 12 militaires. Le quartier venait d’être sécurisé. Soupçonnant un armement chimique à base de chlore, et accusant les milices de l’insurrection, Damas  a immédiatement réclamé une enquête aux Nations Unies.

«  Depuis Français et Britanniques œuvrent de concert pour mettre des bâtons dans les roues des efforts syriens et russes pour envoyer une commission d’enquête en Syrie », constate le chroniqueur du journal libanais as-Safir, Mohammad Ballout.

Des exigences inacceptables

Pour ce faire, ils ont imposé des exigences que le gouvernement syrien ne peut admettre.  Dont, selon un diplomate occidental ayant requis l’anonymat, celle que la délégation onusienne entre en Syrie sans visas et  dispose d’une liberté de déplacement par air,  mer et  terre. Les Syriens ont uniquement accepté le déplacement terrestre tout en stipulant à la condition que la délégation soit escortée d’une force sécuritaire syrienne.

Damas a aussi rejeté la demande d’accorder à un appareil de sécurité propre à l’ONU la liberté de réaliser des missions sur tout le sol syrien,en insistant sur la participation de contrôleurs syriens aux équipes d’experts dépêchés pour vérifier la neutralité de leur travail et vérifier  des échantillons prélevés.
Appréhendant surtout une manipulation des échantillons, les Syriens ont  demandé une copie de chacun dans le but de réaliser une enquête parallèle à celle de l’ONU auprès d’une partie tierce, ce que l’ONU a refusé.

Ecarter les experts russes et chinois 

De plus, le litige avec l’organisation onusienne a porté sur le sujet même de l’enquête : alors que les Syriens voulaient qu’elle vise à dévoiler les auteurs de l’attaque pour les punir, l’organisation onusienne voulait se contenter de s’enquérir si une attaque chimique a eu lieu ou pas.

Même la formation de l’équipe de l’enquête a fait l’objet d’un travail de sélection minutieux. Pour en écarter les éléments russes et chinois, les Occidentaux ont argué que les experts ressortissants des cinq pays membres du Conseil de sécurité devraient s’abstenir d’y participer. La demande de participation russe a été rejetée. Ce à quoi Moscou a répliqué en exigeant de ne pas y faire participer des membres des pays de l’Otan.

Manipulation politico-médiatique

Et pour mieux occulter les véritables causes de leurs divergences avec les Syriens, toute une manipulation politico-médiatique a été mise en place: la capitale britannique a fait une sortie avec une histoire de frappe chimique toute nouvelle, sans aucun précédent : «  des scientifiques de l’armée britannique disposent de preuves médico-légales que des armes chimiques ont été utilisées dans le conflit en Syrie », prétend le journal The Times. Et d’ajouter que «  des tests ont été conduits au département de recherche chimique et biologique du ministère de la défense britannique, à Porton Down, sur un échantillon de terre prélevé dans une zone proche de Damas et sorti clandestinement du pays vers le Royaume-Uni ».

Aucun autre détail n’est livré sur la date et le lieu…

En revanche, le journal français Le Monde  se montre plus précis en écrivant que «Français et Britanniques ont obtenu des informations selon lesquelles l’armée syrienne a eu recours aux armes chimiques dans une confrontation avec les rebelles dans le quartier Bayyada à Homs, le 23 décembre 2012 ».

Il s’avère que cette « information » datant de ce jour n’a aucune référence dans les annales de la crise syrienne. Dans la région de Homs ce jour-là, 8 syriens avaient été hospitalisés des symptômes d’inhalation de gaz lacrymogènes, selon le témoignage du médecin qui les a soignés, et qui a tenu à signaler « qu’ils ne présentaient aucun symptôme dû à des gaz innervants(chimiques) ».  
http://www.youtube.com/watch?v=8fm4diz82KQ&feature=youtu.be

Sachant aussi qu’à cette époque, un tel recours par l’armée syrienne ne serait pas passé inaperçu ni par les dirigeants ni par les medias occidentaux.
Ballout estime aussi  avoir toutes les raisons d’en douter : il rélève qu’un diplomate français haut placé avait « nié depuis plusieurs semaines les accusations de « l’opposition » syrienne sur un recours à l’arme chimique à Bayyada ». Et ce lors d’une rencontre à laquelle lui-même était présent.

Accuser pour se défendre

Dans le contexte actuel, cette histoire montée de toute pièce devrait permettre aux médias occidentaux, agences de presse comprises, de brouiller les faits dans le but d’imputer sournoisement à Damas la responsabilité d’avoir entravé l’envoi de l’équipe onusienne. 
« Une mission d’experts conduits par le Suédois Ake Sellstrom a été constituée par l’ONU. Mais les autorités syriennes ont refusé cette semaine l’accès à leur territoire aux membres de cette mission, Ban Ki-moon ayant souligné que « toutes les allégations » feraient l’objet d’enquêtes. Des diplomates à l’ONU avaient déjà indiqué jeudi que les pays occidentaux avaient des « preuves solides » de l’utilisation d’armes chimiques au moins une fois dans le conflit syrien», est-il écrit dans un article du Monde. Pourtant réputé d’être l’un des médias français les plus objectifs(sic).