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Course israélienne(sioniste) vers les hydrocarbures


Course israélienne vers les hydrocarbures

 
Photo: EPA
 

 

   

L’or noir au fond de la Méditerranée.

La ruée vers les gisements découverts en 2009 par une compagnie de prospection minière Noble Energy travaillant pour le compte d’Israël(entité sioniste) explique en partie le regain d’intérêt pour cette partie du monde de la part des pays occidentaux.

Il y a un an et demi lorsque le soi disant printemps arabe battait son plein, les Israéliens ont vu leur ravitaillement en gaz mis en cause par la révolution en Egypte. Le régime de Moubarak fournissait à Tel-Aviv jusqu’à 40 p.c. de ses besoins en hydrocarbures.

  • Or, sans énergie aucun Etat ne peut survivre d’autant plus qu’ »Israël »(entité sioniste) se trouve dans un environnement hostile. Ses propres ressources composées de l’exploitation de Yam Tethys était censées s’épuiser d’ici deux ou trois ans.
  • Et voici venir une chance inouïe représentée par 238 milliards de mètres cubes de gaz naturel que recèle le gisement Tamar  en haute mer dans la zone Economique Exclusive Israélienne à 80 kilomètres à l’ouest du port de Haïfa. Un an plus tard un second gros lot tombe dans l’escarcelle de Tel-Aviv.

Cette fois-ci le forage a démontré une telle richesse du sous-sol aquatique que sans hésitation, les ingénieurs israéliens l’ont baptisé Le Léviathan.

Un seul problème – mais de taille ! –  est qu’une partie de ce gisement est réclamé à cors et à cris par les Libanais qui estiment que la réserve s’étend également sous leur propre sone d’exploitation exclusive limitrophe par rapport à celle d’Israël.

Il est à noter que les Américains passés maîtres consommés en l’art de l’intrique diplomatique ont reconnu les prétentions des Libanais pour légitimes en envenimant davantage les choses.

  • La situation actuelle a tellement changé la donne macroéconomique de la région qu’Israël envisage même d’exporter du gaz et inclut dans ses pronostics de recettes publiques la récolte des taxes sur les revenus des produits pétroliers et gaziers. Cette prévision est corroborée par une brillante analyse de William Engdahl disponible sur le site voltairenet.org.

Un autre trait vient compléter le tableau :

la Turquie se mêle de ce jeu en se déclarant prête à défendre ses propres intérêts économiques qui pourraient en prendre un coup à la suite des déclarations agressives d’Israël qui n’entend céder d’un pouce aux prétentions arabes.

  • A ceux qui ont oublié, nous rappellerions volontiers que depuis les années quarante, les Turcs soutiennent la république autoproclamée turque de Chypre du Nord non reconnue par la majorité de la communauté internationale.

Et Ankara prend les choses très au sérieux. Ainsi au mois d’avril dernier, les Turcs ont organisé de grandes manœuvres navales à proximité du site qui recèle le gisement.

Ce mouvement des bâtiments de guerre anatoliens a reçu le nom de « Anatolian Eagle » et devait, à ce qu’il paraît, contrer les manœuvres du nom de « Noble Dina » organisées par la Grèce et les Etats-Unis.


La position d’Ankara est ferme :


  • avant de procéder au partage du gisement, il faut être fixé sur le statut de leur république chypriote. C’est que si cette entité territoriale est reconnue sur le plan international, les Turcs revendiqueront à coup sûr l’attribution d’une partie du gisement à leur domaine insulaire ce qui apparemment semble tenir la route.

L’écheveau est tel que pour le démêler une vie entière n’aura pas suffi. Et maintenant réfléchissons au rôle joué par la flotte occidentale qui pourrait être tentée de se promener dans la région.

  • Compte tenu des déclarations belliqueuses d’Israël et de la Turquie, il ne fait pas l’ombre d’un doute que le fin mot de l’histoire est le gaz dont les réserves régionales seraient au niveau des gisements de la Sibérie Orientale.

Si tel est le cas, les Syriens avec leur port de Tartus sont au beau milieu d’une situation pouvant dégénérer en conflit ouvert du type néo-malthusien.

C’est que le contrôle de ces richesses saurait affranchir l’Europe et Israël de la dépendance énergétique vis-à-vis des pays producteurs comme la Russie ou les Emirats du Golfe. 

Les Occidentaux en ont-ils besoin ?

Nous croyons que oui parce que le pipe-line Nabucco devait être construit justement pour rendre le gaz russe facultatif en brisant le monopole du puissant Gazprom. Et si le chantier de Nabucco a été repoussé aux calendes grecques à cause de la situation en Iran, les Israéliens, eux, entendent finir les travaux de la mise en service de leur gisement d’ici trois ans maximum.

Si le projet réussit, le monde ne sera plus le même.

  • La Russie pourrait voir la chute du prix de pétrole avec toutes les circonstances que cela pourrait entraîner sur le plan politico-économique.

La découverte de ces gisements fait changer l’optique d’existence des pays en voie de développement. Si l’Amérique Latine réussit à tenir en respect l’agression américaine, c’est en grande partie grâce à son autonomie énergétique dont s’enorgueillit un Hugo Chavez de Venezuela.

La Russie a réussi à se développer à cause de ses richesses minières mises à contribution pour achat des biens et outils et l’essor de la pensée scientifique qui s’en est suivi.

Quand l’Arabie Saoudite et les Emirats ont découvert du pétrole chez eux, les Américains ont tout fait pour l’accaparer.

  • Les monarchies sunnites vivent dans un état d’esprit médiéval sans chercher à développer d’autres pays arabes ni démocratiser leurs pays respectifs.

Seule la Libye quoi qu’on en pense, avec son feu malheureux chef de la Jamahiriya avait une vision d’ensemble au niveau régional et continental.

  • On sait que les Occidentaux ont su le neutraliser. Il en va de même d’une tentative de développement entrepris par l’Irak. Saddam Hussein – paix à son âme ! – était un dictateur mais le pays avait une dynamique économique positive et le terrorisme était maîtrisé.

Alors maintenant c’est la Syrie, l’Iran et le Liban avec une Turquie agressive qui aspirent à l’indépendance énergétique pour secouer le joug de la civilisation occidentale.

Si on fait la synthèse, on oserait avancer qu’Israël pourrait peut être profiter de ses gisements. Mais si l’OTAN continue de fourbir ses armes pour contrôler la région, cela pourrait avoir un effet néfaste et déclencher un conflit militaire.

Mais qui sait ? Il se peut que ce soit justement le plan occidental.

  • Aujourd’hui la coalition anglo-saxonne ensemble avec le Japon, la France et l’Arabie Saoudite ont un budget de défense qui équivaut à 54 ,5 p.c. des dépenses militaires mondiales.
  • En même temps ces pays consomment 34,5 p.c. des produits et biens manufacturés.
  • Pourtant la population de ladite coalition ne représente que 8,5 p .c. de la population mondiale.

Autrement dit les canons servent à contrôler la production et la distribution des biens.

Si demain le Proche Orient devient indépendant sur le plan énergétique et se procure des armes adéquates en Russie, l’Occident perdrait tous ses atouts y compris la stabilité financière.

Cela sonnerait le glas du miracle économique des pays de l’OTAN.