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Crise de confiance entre miliciens syriens et étrangers.


 
 
Le Guardian l’a bel et bien confirmé. La relation entre miliciens salafistes étrangers en Syrie et les miliciens autochtones de l’ASL est particulièrement critique. Elle est surtout marquée par le manque de confiance entre eux. Les « djihadistes » venus des quatre coins du monde en Syrie refusent entre autre de leur dévoiler leurs véritables nationalités. Les tchétchènes disent qu’ils sont turcs, les Tadjiks prétendent être des afghans et ainsi de suite. Mais ce n’est pas tout!

L’armée régulière finira par l’emporter

Miliciens à Alep

Parmi ces « djihadistes » figure Abou Islam, un irakien originaire de Falloujah, où il a accumulé une expérience exceptionnelle, selon le Guardian. Il se plaint des chefs miliciens syriens qui d’après lui manquent « d’expérience et de commandement ».

«  Les hommes courageux passent à l’attaque, mais ceux qui sont sur les lignes arrière se retirent et les laissent sans couverture. C’est le chaos. La nuit passée, les frères turcs ont combattu durant toute la nuit et ne sont venus  dormir qu’à l’aube, laissant la charge des lignes arrière aux Syriens pour les protéger. Mais quelle fut leur surprise lorsqu’ils se sont réveillés de voir leurs homologues syriens se retirer, laissant les francs-tireurs de l’armée s’emparer des positions. Il était trop tard. L’armée syrienne était entrée dans les ruelles et maitrisait la situation », déplore Abou Islam.

 Selon lui: « l’armée syrienne finira tôt ou tard par emporter la bataille. Mais nous ne disons pas cela aux révolutionnaires parce que nous ne voulons pas les démoraliser ».

Les djihadistes étrangers  laissés sans renforts

Miliciens tués- Alep

Un autre milicien d’origine tchétchène, Abou Omar commande une milice composée exclusivement d’éléments étrangers, «Les frères immigrés » lesquels  œuvrent indépendamment des autres milices dirigées par les Syriens. Il raconte au journal britannique la défaite essuyée par sa milice lorsqu’elle tentait de reprendre une position perdue dans l’entourage de la faculté de sciences à Alep, signalant qu’un de ses hommes a été tué par les francs-tireurs de l’armée régulière.

Il explique comment il a perdu 10 de ses 40 hommes deux jours auparavant.Cette nuit-là, Abou Omar a adressé un avertissement aux commandants de l’ASL leur demandant de mobiliser un grand nombre d’hommes pour appuyer les lignes arrière, sinon les combattants tchétchènes se retireraient. Et comme les renforts ne sont pas venus, ils ont exécuté leur menace.
Le lendemain, un chef syrien lançait : «  qu’ils s’en aillent. Nous ne les avons pas frappé sur les mains pour venir au combat et assumer la responsabilité des lignes avancées ».

Les deux armées sont des apostats

Dans ce cadre, le Guardian rappelle les combats qui se sont poursuivis plusieurs jours entre les djihadistes étrangers et les miliciens de l’ASL, au passage frontalier Bab el-Hawa  entre la Syrie et la Turquie, lorsque les premiers ont refusé d’enlever le drapeau noir d’Al-Qaïda, à la demande de la brigade Al-Farouk qui craignait de mécontenter les Turcs.

Le journal signale qu’une vingtaine de djihadistes s’étaient regroupés autour d’un combattant égyptien qui leur disait : «  vous confrontez deux armées de renégats », en allusion à l’armée régulière et à l’ASL en même temps. «  Lorsque vous en aurez fini avec l’une d’entre elles, vous vous débarrasserez de l’autre », a-t-il recommandé.

Le journal rapporte la position d’un commandant syrien des rebelles, un médecin connu sous le nom d’Abou Mohammad Al-Absi ,qui a lui aussi refusé d’obtempérer aux exigences de la brigades d’Al-Farouk, avec pour cause son opposition au régime depuis 1992,alors que certains dissidents de l’ASL servaient encore le régime il y a peu, et dont le cadavre a été retrouvé quelques jours plus tard dans une tranchée.

Crise de confiance entre les rebelles et leurs chefs

C’est ce qui  découle du reportage effectué par l’AFP qui a scruté l’avis de ces rebelles sur le transfert de leurs chefs vers la Syrie . L’AFP en conclut et intitule: Sur le terrain, l’arrivée des chefs rebelles en Syrie laisse indifférent
  

la brigade Ahfade al-Rassoul

« L’arrivée d’un seul nouveau combattant au front serait plus utile »: Abdallah, d’une brigade rebelle d’Alep, résume le sentiment d’indifférence et même d’hostilité ressenti par les combattants du terrain face au transfert du commandement de l’ASL de Turquie en Syrie.
  
« Les combattants sur le terrain valent bien plus que des gens assis derrière une table depuis un an et demi hors de Syrie », martèle le porte-parole de la brigade al-Tawhid, la plus importante d’Alep.
  
Pour les combattants à Alep, qui depuis plus de deux mois affrontent les forces du régime dans la métropole du nord du pays, c’est sur le terrain que  se prennent les décisions et qu’il faut des hommes.
   Si la direction de l’Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) a présenté comme une « bonne nouvelle » son transfert prochain en Syrie, les combattants sur le front d’Alep, qui mettent en place eux-mêmes leur tactique, ont à peine prêté attention à cette annonce.
   Abou Somar, chef de la Brigade Ahfad al-Rassoul, a des hommes positionnés sur trois fronts dans les emblématiques quartiers de Salaheddine et de Saif al-Dawla et pour lui, ce transfert ne change rien. « La stratégie se décide avec les gens qui sont sur le terrain », dit-il.
   Dans la ville, en proie à de violents combats et à des bombardements dévastateurs depuis le 20 juillet, les insurgés ont déjà mis en place une chambre des opérations au niveau local et se réunissent régulièrement.
  « L’expertise du terrain »
   Miliciens tués
   « On ne suit aucun courant religieux ni politique. Ni les Frères musulmans, ni Al-Qaïda, ni aucun mouvement à l’étranger. Nous sommes l’Armée libre sur le terrain », poursuit Abou Somar.
   Ses ordres, affirme-t-il, il les prend au cours de réunions avec les autres brigades déployées dans la ville, en concertation avec le Conseil militaire révolutionnaire d’Alep récemment mis sur pied.
   Avec les autres chefs insurgés, il partage un seul but: « que Bachar al-Assad tombe, le plus vite possible ». Pour cela, il en appelle à tous les chefs rebelles encore dans les camps de réfugiés, notamment en Turquie. « Ils doivent tous descendre sur le terrain ».
  

Abou Riad, lui, a appris la nouvelle en regardant les informations. Cet officier déserteur à la tête d’une brigade dans la vieille ville d’Alep a vu samedi à la télévision la vidéo diffusée sur Youtube de Riad al-Assaad, chef de l’ASL.
   « Nous annonçons une bonne nouvelle à notre peuple syrien libre et héroïque: le commandement de l’ALS est entré dans les régions libérées », a déclaré le chef de l’opposition armée, sans toutefois préciser sa localisation, et répondant notamment aux demandes pressantes de la communauté internationale de contrôler les groupuscules extrémistes agissant en son nom.
   Abou Riad déplore l’absence d’une « vraie structure militaire » rebelle à l’échelle nationale, mais il estime que la direction venue de l’étranger ne dispose pas de l' »expertise » que les insurgés, ou même les civils ayant pris les armes, ont pu acquérir au combat.
   Par ailleurs, sous le couvert de l’anonymat, plusieurs chefs rebelles dénoncent des pratiques clientélistes de la part de la direction de l’ASL.
   La redistribution de l’argent au sein de l’organisation rebelle pose également question, selon eux, surtout au moment où les insurgés à Alep disent manquer de fonds pour acheter des munitions.

Homs: 200 chrétiens libanais et syriens enlevés

Dans la province de Homs, plus de 200 paysans ont été kidnappés dans la nuit de lundi à mardi par les miliciens, à la frontière syro-libanaise. Selon l’agence du Vatican Fids, la plupart de ces victimes sont des chrétiens Grecs-catholiques et vivent dans la localité de Rablé, qui compte 14.500 habitants. La majeure partie d’entre eux vivant de l’agriculture. Des sites libanais ont assuré que des Libanais figurent parmi les enlevés.
Selon un témoin oculaire, se confiant à l’agence, les victimes s’étaient rendues à la cueillette des pommes et ont été attaquées par des miliciens qui les ont emmenées à bord de bus et de camions vers une destination inconnue. Cette région venait d’être libérée par les forces de l’ordre après avoir été assiégée par les miliciens pendant plus d’un mois.
 

Plus tard, le site Arabs-Press a fait état de la libération d’une soixantaine de femmes et qui avait été enlevées depuis plus d’un mois par les miliciens de l’ASL, toujours dans la localité de Rablé. Selon le site, 120 hommes sont encore entre les mains des ravisseurs.

De plus, 25 ouvriers qui travaillaient pour la société d’électricité de Homs et qui avaient aussi été kidnappés alors qu’ils s’attelaient a des réparations de réseaux électriques ont eu aussi été libérés grâce a un coup de filet des forces gouvernementales et aux comités populaires de la région.
Par ailleurs, des sources militaires pro gouvernementales ont assuré que 6 miliciens ont été abattus dans trois opérations de l’armée.
Alors que dans le quartier Bab Houd, des combats se sont soldés par la mort de 10 miliciens, dont des yéménites, des tunisiens, des libyens et des saoudiens.

Alep: l’Armée maitrise Arkoub 

Arkoub-AlepDans la province d’Alep, c’est la zone industrielle d’Arkoub située à l’est de la métropole qui a été le théâtre d’affrontements entre l’armée régulière et les miliciens. Plusieurs miliciens ont été tués, dont 6 qui ont été identifiés. Selon le site aleppin «Tahtel-mijhar », l’armée a fini par maitriser le quartier et ses soldats effectuent des perquisitions dans es bâtiments.

Le site a également rendu compte de l’arrestation de l’assassin du chef du clan Berri, Zeno Berri qui avait été tué le mois de juillet dernier, et dont les images ont été diffusées sur la toile, soulevant un tollé général. Son assassin s’appelle Omar Arbache, et commande la milice « Ansar el-Haq » (Les partisans de la Vérité) au sein de la brigade Tawhid qui œuvre à Alep. Il a été arrêté après une opération de traque dans le quartier Salihine. 

Municipalité d'AlepDans le quartier Boustane-Kasr, à Alep, une cinquantaine de miliciens dont la moitié de nationalités arabes, auraient trouvé la mort lundi après-midi, selon une source informée  pour Arabs-Press. Le bâtiment de la municipalité d’Alep a lui aussi été en proie à des tirs de mitrailleuses suivis par des accrochages.
Selon Syrian Documents, le chef d’un groupuscule connu sous le pseudonyme Abou Tayyeb et 7 de ses hommes ont été tués dans des accrochages dans le quartier « Sabea-Bahrate » (les sept mers).  

Idleb: 22 voitures détruites 

Dans la province avoisinant d’Idleb, le convoi de 22 voitures équipées de mitrailleuses Dochka ont été détruites dans un bombardement a proximité de l’aéroport Abou Zohour. Des miliciens aussi ont péri dans l’attaque. Selon Syrian Documents, une tentative d’infiltration via la frontière avec la Turquie a été avortée.

 

Damas: 7 camions piégés et 7 blessés? 

A Damas, la télévision syrienne a indiqué que 7 civils ont été blessés dans l’explosion de deux engins explosifs dans l’école «Fils des martyrs », sur la route menant a l’aéroport international. Selon le site Russia Today, l’établissement était utilisé par les forces gouvernementales. Un porte-parole des miliciens, Abou Maaz, qui dirige le groupe « Ansar el-Islam » (Les partisans de l’Islam), a quant à lui signalé que 7 camions piégés ont explosé à deux reprises, et a dit s’attendre à de lourdes pertes parmi les militaires gouvernementaux. Des témoins oculaires ont assuré pour Russia Today que 4 civils ont été blessés, dont des ouvriers et des employés de l’école.