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Débusquer le mensonge (le cas syrien)


 

Voici donc un deuxième texte sur la Syrie, destiné à fournir des documents à l’appui de mes affirmations précédentes. Je ne pourrai pas tout donner d’un seul coup, ce sera donc un texte évolutif, où je traiterai les questions petit à petit. L’idée est de traiter chaque affirmation couramment présentée dans les médias, et d’évaluer si elles est vraie, fausse, probable ou invérifiable. A mesure que je traiterai de nouvelles questions, je ferai une mise à jour que je signalerai en première page du blog et sur la page Facebook.

Pour chaque question, je donnerai le nombre de sources suffisant à apporter la réponse, même si on trouve généralement beaucoup plus de documents. Notamment, je m’abstiendrai de donner les liens vers les vidéos les plus horribles, je ne pense pas que ce soit utile.

Affirmation n°1 : la contestation est restée longtemps pacifique. Ce n’est qu’à force de massacres de la part des forces syriennes qu’elle a fini par s’armer progressivement, contrainte et forcée.

Le monde a découvert que les rebelles pouvaient être incroyablement violents avec cette fameuse vidéo d’exécution à Alep, il y a quelques jours. On y voit une demi-douzaine d’hommes présentés comme des « Chabihas » être exécutés par les rebelles. Cette exécution constitue un crime de guerre, les médias n’ont pas pu le cacher. Le point sur lequel ils ne se sont pas attardés est l’extraordinaire folie qui s’empare de la foule tout entière. Une fusillade incroyablement longue et nourrie est déclenchée. On continue à tirer sur les cadavres longtemps après leur mort. Une barbarie sans nom.
Exécution à Alep le 31 juillet de plusieurs membres de la famille Berri

Pourtant, les médias, bien obligés de parler de ce crime, ont surtout insisté sur le fait que les victimes étaient supposées être d’un clan mafieux. Sans preuve, sans enquête. Mais il fallait absolument trouver des circonstances atténuantes aux assassins, et continuer à prétendre que les soutiens du gouvernement syrien ne peuvent être qu’intéressés et voleurs.

Mais même les lecteurs du Figaro ne sont plus dupes, ils dénoncent largement le parti-pris des médias dans leurs commentaires :
Article du figaro et commentaires
Autre article et commentaires

A l’évidence, les rebelles ne sont pas pacifiques. Mais depuis quand sont-ils devenus aussi brutaux ?
Si vous n’avez suivi les événements syriens que devant votre télé ou en lisant la presse, vous vous dites peut-être que cette violence de la part des rebelles est un fait nouveau dans le conflit, qui ne fait que répondre à la violence du « régime ». Il est pourtant facile de trouver des documents attestant de violence meurtrière DE LA PART des rebelles CONTRE les policiers, les militaires et les civils syriens depuis plusieurs mois, et en fait quasiment depuis le début du soulèvement.

Des attentats-suicides fièrement filmés et diffusés :
Attentat suicide, juin 2012
Attentat suicide, juin 2012
Attentat suicide, mai 2012
Attentat suicide, mai 2012
Attentat suicide et tentative d’incriminer le gouvernement syrien, mai 2011

Résultat d’un attentat suicide, janvier 2012

Résultat d’un attentat suicide, décembre 2011

On remarquera d’ailleurs le changement de communication des rebelles : pendant un an, ils ont essayé de cacher leurs crimes, d’apparaître comme pacifiques : on a relativement peu d’images en provenance directe des assassins, on a surtout le résultat de leurs actions. A partir de mai 2012, ne pouvant plus cacher leurs exactions, ils se mettent à les revendiquer haut et fort et se filment largement à des fins de propagande guerrière.

Des exécutions de civils présentés comme chabihas (je ne mets ici que les moins violentes, vous en trouverez facilement d’autres), au moins depuis août 2011, il y a un an (attention, images dures) :
Des rebelles jettent des cadavres de prétendus chabihas dans une rivière, août 2011.
Une exécution d’un civil présenté comme chabiha, juillet 2012

On trouve facilement quelques autres vidéos de ce genre, dont certaines sont bien plus horribles.

Des pendaisons publiques, un policier, et un syrien qui avait eu le tort de dire la vérité aux observateurs de la ligue arabe (attention, images dures) :
Policier pendu en public, août 2011
Citoyen syrien pendu en public, février 2012

Des attaques de militaires…
Mitraillage de cars de l’armée, par une opposition encore pacifique en décembre 2011
Attaque d’un convoi à l’explosif et à l’arme à feu, juin 2012

Autre reportage montrant des hommes armés au milieu de foules désarmées, et 120 policiers syriens tués le 6 juin 2011. La vidéo est mise en ligne en octobre 2011, mais les images sont plus anciennes, difficile de dire précisément de quand elles datent pour les images de foule, juin 2011 pour celles des policiers.
Reportage de Russia Today, sans doute bien plus objectif que Le Monde ou Arte.

Et on a des dizaines de témoignages faisant état de violences depuis au moins avril 2011, c’est-à-dire dès les premières semaines de contestation. Notamment, des journalistes comme Silvia Cattori ou Michel Collon ont compilé des dizaines de témoignages de citoyens syriens, depuis le printemps 2011. Je vous recommande notamment la lecture de celui-ci, provenant d’une religieuse chrétienne vivant en Syrie, datant du 1er mai 2011 et relatant des faits qui se sont produits en avril 2011, c’est-à-dire dans les toutes premières semaines de la contestation. Extraits :

« Alix Van Burren, reporter vétéran de la Repubblica, le journal italien bien connu est à Damas et il a envoyé un rapport sur le rôle possible d’agitateurs à la solde de Khaddam à Banyas. Le dimanche deux personnes de l’entourage de l’ex-vice président ont été arrêtées. Des activistes des droits de l’homme ont confirmé qu’ils étaient en train de semer le trouble en distribuant de l’argent et des armes. »  « Certains, dans notre village, ont été enrôlés pour se battre à côté de Al Qaeda en Iraq et ont été tués. Nous avons su que ce qu’on croyait être de simples ouvriers égyptiens, des résidents jordaniens ou libanais ou des réfugiés irakiens faisaient partie en réalité des cellules dormantes qui s’équipaient petit à petit pour un scénario de renversement du régime savamment élaboré entre diverses capitales et patronné par certaines grandes puissances et quelques pays arabes. Cependant, et c’est le comble, ces médias et leurs invités tournent en dérision toute nouvelle concernant l’implication de tierces personnes dans les évènements en Syrie et se hâtent de démentir les preuves apportées de l’implication active de régimes et de factions à l’arrière-fond des évènements en Syrie, avec la présence de mercenaires professionnels armés et équipés. » 

« Des mercenaires circulent un peu partout. Le cousin de notre tailleur de pierre allait au restaurant depuis une semaine. Une voiture sans immatriculation passe près de lui et l’abat à bout portant. Hier à Deir Atiyeh, village cossu à quatre kilomètres du nôtre, un groupe armé a tiré sur le restaurant le plus sélect et a endommagé plusieurs magasins. La présence de ces mercenaires a fait que nos jeunes des quartiers chrétiens de Homs, Rableh, Qusayr, Dmaineh, Jousseh, ont formé des comités populaires pour fermer l’entrée des ruelles et villages et s’assurer de l’identité de tout arrivant. Ils témoignent que les forces de sécurité elles-mêmes acceptent d’être fouillées. Nos jeunes de Homs ont poursuivi et attrapé des fauteurs de troubles, qui étaient des étrangers de nationalités irakienne, libanaise ou égyptienne, armés et arborant des téléphones portables type Thuraya (connectés par satellites). » 

« Les manifestants que nous avons vu déferler le jour des Rameaux ne sont pas de Homs. Ils nous demandaient comment se diriger dans les rues.[…] Les manifestants ont continué leur chemin, cassant des magasins, brûlant des pneus et molestant les passants. Ils proféraient des paroles vulgaires et insultantes. On a fait état de personnes assassinées, comme un général qui allait dans sa voiture faire des achats. On leur a tiré dessus à bout portant puis on les a coupé en morceaux pour causer la plus grande frayeur au public. Le même procédé a été utilisé par les salafistes à Nahr El Bared avec l’armée libanaise, où les soldats eurent les yeux crevés et les membres coupés. Durant leurs obsèques tout Homs était bouleversé et acclamait le Président. Mais les médias étrangers n’ont donné aucune importance à cet incident. Ils attribuent tout à des « coups montés » du régime. » 

« Le lendemain après-midi les manifestants sont revenus. Les services d’ordre ont remarqué qu’un immeuble en réfection était infiltré par des snipers. Ils ont entouré l’immeuble pour se saisir des snipers et ont demandé aux forains d’éteindre toute lumière. Quelques-uns des snipers qui cherchaient à fuir ont été touchés par les balles de nos soldats. Ils ont été transportés à l’hôpital militaire. Je connais le médecin en chef de cet hôpital, Dr. Kasser Finar. Le soir il était bouleversé en nous racontant que ces snipers étaient des syriens venus des villages reculés aux confins du désert. Ils étaient drogués au point de ricaner tout le temps et de n’avoir aucune sensation de souffrance. »

« Hier l’armée a mis la main sur une cache d’arme importante à Homs, dans la mosquée de Mreij à Bab El Sbah. Ce soir les manifestants se sont rassemblés autour de la place de l’horloge qu’ils ont nommée « place de la libération ». Nous les avons entendus vociférer sans arrêt durant la nuit des slogans effrayants : « Le front de Homs proclame le Jihad, habitants de Homs, au Jihad ! ». Mais personne de la ville n’a bougé. Vers 4 heures du matin nous avons entendu des salves d’armes à feu et le matin quel fut notre soulagement de voir que toute cette foule hirsute avait été dispersée. Aujourd’hui Homs est comme en état de siège. Les forces de sécurité ont interdit les motocyclettes. Personne ne peut rentrer à Homs mais on peut en sortir. Nous avons tous vu que ces manifestants étaient des occupants à la solde d’une entité extérieure à la Syrie. On nous dit que ce sont des salafistes. Nous n’avons aucune hésitation à le croire, nous avons vu de nos yeux leurs agissements. Ils ne sont pas des nôtres, ils viennent pour un complot occulte, pas pour une réforme constructive. Que Dieu nous assiste. »

Bien entendu, un témoignage unique ne fait pas une vérité. Mais des dizaines d’autres témoignages viennent corroborer celui-ci, qui lui-même est parfaitement cohérent avec ce que nous savons aujourd’hui, et avec tous les autres documents : il y a bien des djihadistes étrangers en Syrie, qui massacrent allègrement, qui commettent des attentats suicides causant des dizaines de morts chacun. Et il est très probable qu’ils étaient là depuis le début. Et tout à fait envisageable que ce soient eux qui aient tiré les premiers sur les manifestants et sur les forces de l’ordre. Évidemment, ce dernier point est très difficilement vérifiable.

Conclusion : il est quasiment certain que les manifestants pacifiques ont été noyautés, dès les premières semaines de contestation, et peut-être dès le premier jour, par des fauteurs de trouble se réclamant du djihad et n’hésitant pas à tirer sur les policiers, les manifestants et les simples citoyens, pour faire dégénérer coûte que coûte la situation. Et ils y sont parvenus. L’opposition est ensuite, et très rapidement, devenue de plus en plus violente.

Par le blog: 1000 idées pour la Corse