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Des bruits de bottes israéliennes pour presser Obama sur l’Iran, par Jacques Benillouche


 

 

IRIB- En Israël, certains n’hésitent pas à comparer la situation actuelle à celle qui prévalait …

…durant la période précédant la Guerre des Six-Jours, en 1967. L’argument matraqué, en permanence, consiste à prétendre que si l’Iran obtient des armes nucléaires, la situation, dans la région, sera totalement modifiée, pas seulement, pour lsraël, mais aussi, pour tous les pays modérés. Cette menace serait de plus en plus précise.

Selon des «fuites» en provenance des services de sécurité, l’Iran poursuivrait l’enrichissement de son uranium et pourrait constituer, sous deux mois, un stock de 250 kilos enrichis à 20%, de quoi construire jusqu’à quatre bombes nucléaires, d’ici 2013.D’autres fuites, publiées, le 12 août, pointent les progrès faits par l’Iran, dans la conception de détonateurs et de fusibles, pour la construction d’une ogive nucléaire montée sur le missile balistique Shebab-3, capable d’atteindre Israël. Le même jour, le commandement du front intérieur (Défense passive), organisait un exercice, à l’échelle nationale, visant à alerter la population israélienne de l’arrivée imminente de missiles sur leur région, via des SMS.

Ce n’est pas un hasard si ces fuites situent à octobre les possibilités techniques iraniennes.

Nombreux sont, en effet, ceux qui spéculent sur une intervention israélienne, avant le mardi 6 novembre, date butoir des élections américaines, au-delà de laquelle aucune pression ne pourra s’effectuer contre le gouvernement américain. Ainsi, le ministre de la Guerre Ehud Barak a déclaré à la radio nationale que «les estimations des Américains sur la possibilité que l’Iran puisse se doter de la bombe atomique évoluent, se rapprochent des nôtres et rendent la question iranienne un peu plus urgente».

Pourtant, des dirigeants militaires et sécuritaires israéliens affichent une réserve sur l’opportunité d’une telle action. L’ancien Premier ministre Ehud Olmert estime «qu’il n’y a certainement aucune raison d’engager une frappe militaire israélienne». Il ne peut être accusé de mollesse, alors qu’il avait approuvé la destruction, en 2007, du réacteur nucléaire en construction, par l’Iran et la Corée du Nord, dans le Nord de la Syrie.

L’ancien chef de la sécurité intérieure, le Shin Beth, Youval Diskin, a accusé le gouvernement de «tromper les israéliens sur l’Iran». Le chef d’État-major Benny Gantz ne croit pas que l’Ayatollah Ali Khamenei «voudra franchir le pas supplémentaire nécessaire, pour la production d’armes nucléaires». Avigdor Lieberman, ministre ultra-orthodoxe des Affaires étrangères, estime que «la situation, en Égypte, est plus inquiétante, pour Israël, que les ambitions nucléaires iraniennes. Le Premier ministre se retrouve un peu isolé sur l’Iran».

Pour les responsables du renseignement américain, l’Iran — qui continue d’affirmer que son programme est exclusivement civil— n’est pas encore certain de vouloir se doter de l’arme atomique et ne sera pas, de toute façon, en mesure de le faire avant des années.

D’autres pensent qu’il est trop tard, pour lancer une attaque contre les usines iraniennes. D’abord, parce que l’Iran a utilisé les discussions, qui durent depuis trois ans, pour développer son programme nucléaire et pour délocaliser les principales usines, dans des sites souterrains protégés, construits à même la pierre. Ensuite, car le monde arabe a changé, depuis le début de ces pourparlers avec l’Iran, avec les révolutions arabes et l’arrivée des islamistes, au pouvoir, en Tunisie, en Égypte et en Libye.

Si Israël a l’expérience de combats, à l’intérieur de ses frontières ou dans des zones relativement proches, le problème iranien déplace le champ de bataille à des milliers de kilomètres, dans un environnement hostile, qui implique, obligatoirement, une coopération militaire avec ses alliés, sans que cela soit interprété comme une marque de faiblesse.

Israël a certes les moyens d’une opération solitaire, qui entre, techniquement, dans ses possibilités, et qui a déjà été testée à l’étranger; mais une alliance est indispensable, au moins, sur le plan psychologique.

Les fuites orchestrées et les bruits de botte entrent dans la stratégie de sensibilisation des pays ennemis de l’Iran de la région et des Occidentaux, mais il est improbable, et c’est le message diffusé par les chefs militaires et sécuritaires israéliens, qu’Israël se lance dans une aventure en solitaire.

Certains aimeraient pousser le Président Obama à lancer une attaque préventive, en collaboration avec Tel-Aviv, pour tenir sa promesse de ne pas permettre la nucléarisation de l’Iran. Mais pour qu’Obama puisse se lancer, dans une opération militaire contre l’Iran, il faudrait que des informations sécuritaires inquiétantes lui soient fournies par ses services de renseignements. A moins qu’il soit aussi contraint, par le lobby pro-israélien, à Washington, à intervenir, pour sauver, éventuellement, son élection. Cela explique, probablement, le matraquage quotidien des hommes politiques israéliens, qui cherchent à lui faire comprendre que le soutien des Juifs américains passe par l’éradication du nucléaire iranien.

Le Premier ministre Benyamin Netanyahu et son ministre de la Défense, Ehud Barak, s’évertuent, surtout, à obtenir que le Président américain déclare, ouvertement, la volonté de recourir à la force militaire contre l’Iran. Ils comptent sur une déclaration, le 25 septembre, lors de l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU ou lors d’un tout autre forum, avant cette date. L’ambassade israélienne, aux États-Unis, et la mission d’Israël, à l’ONU, œuvrent, dans cette direction, car la décision d’Obama est la seule inconnue, à ce jour.

Slate.fr

Une réponse “Des bruits de bottes israéliennes pour presser Obama sur l’Iran, par Jacques Benillouche”

  1. Francenaldo Amorim
    août 17, 2012 à 2:21

    Israel se sent protegé par l’ escouade humaine des pays voisins, les palestinienss de la Cijordanie, Palestine.Liban, même le Golan Syrien. En cas d ´une revanche, avec des missiles de longue distance iraniens, ces populations autour Israel, peuvent aussi souffrir les conséquences..
    Voyons, si Israel à déjà des armes nucleaires, pourquoi l ´Iran ne peut pas les avoir?
    Israel est habitué a faire ce qu´ils veulent du peuple Palestinien, volant et occupant leurs terres, sans aucun pays mussulman pour les defendre et exiger le respect aux droits de ce peuple, c ´est pour cela qu´ils ne veulent pas un Iran bien armé avec des armes nucléaires. Dieu est grand, et va defendre les pays qui sont justes.