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Drogue : L’Irak ravagé par le Crystal meth


Publié par Gilles Munier sur 20 Octobre 2022, 08:18am

Catégories : #Irak

Photo: wikipédia

La chronique d’Anthony Bellanger (revue de presse : France inter – 18/10/22)*

On la trouve partout en Irak, et pour cause : elle est produite en Afghanistan et distribuée par l’Iran voisin. Le Crystal Meth touche désormais tout le monde en Irak et les autorités sont démunies.

On part en Irak ce matin où la consommation de drogues explose…

Celle d’une drogue en particulier : le Crystal meth, ou méthamphétamine. Une drogue qui se présente en cristaux translucides – d’où son nom – qui semble faire des ravages, notamment dans la ville portuaire de Bassora.

Et c’est un récent coup de filet policier qui a mis en lumière l’ampleur de ce trafic mais surtout la richesse nouvelle des plus gros trafiquants : en août, parmi les objets saisis lors de cette opération, se trouvait… un véritable Picasso !

Une découverte qui est en résonnance avec les saisies annuelles de méthamphétamine en Irak : elles doublent tous les ans depuis au moins 2017 pour atteindre cette année plusieurs centaines de kilos, rien que pour le port de Bassora.

Pourquoi le port de Bassora est-il plus touché ?

D’abord, parce que les ports sont toujours les lieux de passage et d’entrée de tous les trafics, et Bassora est le premier port international d’Irak. Ensuite parce que Bassora se trouve très près du principal fournisseur de cette drogue : l’Iran !

L’Iran qui lutte elle-même avec un très sérieux problème d’addiction auprès de sa jeunesse et qui est devenu un des points d’appuis du trafic de drogues dans toute la région, et donc en Irak voisin. Un trafic dont on dit qu’il est entre les mains des pasdarans !

C’est-à-dire des fameux gardiens de la Révolution islamique dont une des missions est de contourner les sanctions internationales et de procurer à l’Iran les précieuses devises dont le régime a tant besoin. Le trafic de drogue serait un de ces moyens.

Donc la drogue irakienne serait produite en Iran ?

C’est plus compliqué ! Tout a commencé en 2017, lorsque les producteurs afghans d’héroïne qui produisait un peu de méthamphétamine se sont aperçus – grâce à des chimistes iraniens – qu’ils avaient la poule aux œufs d’or littéralement à leurs pieds !

Parce que sur les contreforts de l’Hindou Kouch pousse naturellement une plate appelée éphédra, dont on extrait l’éphédrine : un des principes actifs de cette drogue dure. Aussitôt, ils se sont mis à en produire… et deux fois moins cher que la concurrence.

Les Iraniens, eux, ont profité de leurs liens avec les milices armées irakiennes pour organiser la distribution. Et pas seulement en Irak : cette année, la Jordanie a ainsi saisi 45 tonnes de de Crystal meth à sa frontière, 20 fois plus que l’année dernière !

On sait combien d’Irakiens sont accroc à cette drogue ?

Rien que pour Bassora, les autorités parlent de 30 000 usagers de drogues. Le plus inquiétant, c’est qu’elle est devenue ubiquitaire : on la retrouve à l’université, dans les boites mais c’est aussi la drogue des chauffeurs de taxi, pour tenir des heures au volant.

En face, l’Etat irakien est incapable de répondre à l’urgence sanitaire : à Bassora, il n’y a que 22 lits de soins disponibles. Pourtant, l’Irak aurait les moyens : le pays est redevenu le 2e producteur de pétrole de l’OPEP avec près de 5 millions de barils par jour.

*Source : France inter

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