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Du boulot pour la «communauté internationale»


http://www.lesdebats.com/editions/010312/les%20debats.htm

Ahmed Halfaoui

En principe, il y a du boulot pour Hillary Clinton, ses ONG et ses comparses en diplomatie «printanière». On commence par l’Arabie, où le ministère de l’Intérieur vient d’annoncer qu’il était interdit de manifester dans le royaume, pour contravention à la loi islamique (chari’a).
 
Dans le même temps, il avertit les candidats au «blasphème» que les forces de sécurité sont instruites de prendre «toutes» les mesures nécessaires pour faire respecter le décret divin. Le communiqué qui a été publié par l’agence de presse saoudienne est très clair et ne laisse rien au hasard des interprétations : «Le Royaume interdit les manifestations, les processions et les sit-in pour leur contradiction avec les principes de la charia islamique et avec les valeurs et les mœurs de la société saoudienne».
 
Après avoir lu cela vous pourrez toujours aller chercher les réactions outrées de qui que ce soit que, d’habitude, on trouve au front contre les «atteintes aux libertés» et contre tout ce qui va avec. Vous en resterez sur votre faim. L’Arabie des Al Saoud jouit du privilège de faire partie de cette «communauté internationale»  qui démocratise à tour de bras les Arabes et assimilés.
 
Mais il y a mieux qui se passe dans l’un des bastions attitrés de la démocratie : la France. La présidence de l’université Paris 8 (Saint-Denis) a pris la décision de fermer l’établissement les lundi 27 et mardi 28 février. Durant ces deux journées devait se dérouler un colloque universitaire sur le thème «Israël : Etat d’apartheid ?». En plus d’empêcher le débat, ce sont plus de 1 000 étudiants qui sont mis en congé forcé. Les raisons invoquées sont les «avertissements» appropriés du Conseil représentatif des israélites de France (CRIF), de Sammy Ghozlan du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), du Centre Simon Wiesenthal et du Centre de Recherche et de Documentation sur l’Antisémitisme. Paraît-il,il y avait un risque de «troubles publics». Pour ne citer que le BNVCA, voici son message : «Ce type de colloque procède de la pire propagande palestinienne qui depuis 11 ans incite à la haine de l’Etat juif et pousse à l’acte antisémite». Les organisateurs de l’événement se sont plaints à la justice. Ils ont été déboutés de leur requête. La liberté d’expression n’a pas droit de cité quand il s’agit de parler des Palestiniens. Dans le pays de Mme Clinton, il y a, à l’université de Virginie, des étudiants qui se sont mis en grève de la faim depuis plus de 10 jours pour attirer l’attention sur leurs conditions d’étude. L’équation est très simple, il s’agit du droit aux études qui est remis en cause par «le droit de scolarité», ces frais que l’étudiant doit payer pour accéder aux bancs du savoir, paralysent les candidats. Hanter Link, membre de l’association des diplômés de cette université, nous apprend que «le doyen et les recteurs gagnent des millions de dollars de salaire chaque année». Concernant ce cas précis, ce que ne nous disent pas les chantres de la démocratie dominante, c’est que la libre-entreprise, le marché, englobent aussi l’enseignement, transformé en marchandise.