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Guerre et paix en Syrie


Par Ahmed Halfaoui

mercredi 23 octobre 2013, par Comité Valmy

La  » révolution  » syrienne pose de sérieux problèmes à ses promoteurs attitrés. En fait il n’est plus question de  » révolution « , même pour la machine de propagande de l’OTAN. Car il est désormais difficile d’en référer au peuple, tant la décantation sur le terrain a démasqué l’entreprise de destruction du pays. Mais, comme il faut bien ,vaille que vaille ,maintenir l’illusion jusqu’au bout, les  » amis de la Syrie  » continuent de servir la possibilité que leur Coalition nationale syrienne, qui leur donne éhontément le change, représente quelque chose.
Ils se sont réunis pour on ne sait quel résultat, puisque les choses se passent entièrement selon la volonté des bandes armées.

M. Lakhdar Brahimi, l’émissaire de l’ONU, qui en sait certainement beaucoup sur la situation, est loin de considérer que l’opposition puisse s’unifier et représenter les Syriens. Ceci dans l’hypothèse d’une conférence sur la Syrie (Genève 2, c’est ainsi qu’elle est désignée). M. Brahimi est très pessimiste à se sujet. Pour lui cette conférence, pour se tenir, devrait comporter une  » opposition crédible « . Une déclaration lourde de sens qui balaie allègrement les assurances occidentales du début de l’affaire. A ce propos, on ne peut se rappeler sans ironie cette réunion de Tunis, où Hillary Clinton, alors chef de la diplomatie étatsunienne, avait imposé aux supplétifs hésitants le CNS, cette première version du conglomérat d’  » opposants « , comme représentant légitime du peuple syrien.

« Aujourd’hui il est plus difficile de répondre aux questions que pose Bachar Al Assad. Quelles sont les forces qui y prendront part ? Quel lien ont-elles avec le peuple syrien ? Ces forces représentent-elles le peuple syrien, ou représentent-elles les Etats qui les ont inventées ?  » Tant il sait de quoi il retourne et du désarroi qui règne chez les  » démocratiseurs « , qui doivent se démener pas mal pour se trouver une  » opposition  » présentable, maintenant que le pied du mur est là.

Pour ne rien épargner aux outrecuidants atlantistes, Bachar Al Assad veut aussi se présenter aux prochaines élections présidentielles qui pourraient se tenir en 2014. La réaction du secrétaire d’Etat étatsunien, John Kerry, a la saveur du dépit. « S’il pense régler les problèmes en étant candidat à sa réélection, je peux lui dire ceci : je crois qu’il est certain que cette guerre n’en finira pas tant qu’il est là où il est ». C’est ce qu’il a dit, certainement à cause du fait qu’il sait qu’il ne contrôle plus rien en Syrie, que ses  » protégés  » ne drainent pas grand monde en dehors de leur suite protocolaire installée dans les hôtels à Istanbul et ailleurs, et que la possibilité que Bachar soit réélu est bien réelle.

Sinon quoi de plus naturel que le président se porte candidat dans une  » démocratie  » acceptée et parrainée par les Nations unies. Kerry cherche-t-il à  » démocratiser  » la Syrie ? Apparemment non. Contre toute règle prudentielle, il menace clairement de continuer la guerre (en passant, étant donné l’aveu d’implication dans le conflit, il devrait nous dévoiler l’identité des troupes que son pays a déployées sur le sol syrien).

Par Ahmed Halfaoui
mercredi 23 octobre 2013