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Hollande a surpassé Blair dans le suivisme


Jeudi 12 septembre 2013 – 09h:31

Kharroubi Habib – Le Quotidien d’Oran

Plus que « caniche », il s’est fait roquet frétillant.

L’enchaînement des événements, ces dernières 48 heures, ayant trait à la crise syrienne a, ce qui n’est pas une surprise pour ceux qui ne se trompent pas sur ses enjeux, confirmé que seuls l’Amérique et la Russie détiennent la clef d’une solution à cette crise. Ils ne sont pas non plus surpris qu’il ait semé la confusion au sommet de l’Etat français où l’on a été à mille lieues de penser que Russes et Américains conviendraient d’un scénario de sortie de  crise sans consultation et négociation avec Paris.

François Hollande et son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius ont du mal à digérer la mise à l’écart de la France des tractations secrètes entre Moscou et Washington , qui a abouti au coup de tonnerre diplomatique qu’ont été l’annonce de la proposition russe de placer sous contrôle international l’arsenal chimique syrien, l’accueil approbateur qu’elle a reçu de la part du président américain et son acceptation instantanée par Damas. L’ignorance dans laquelle ils ont été tenus les a placés dans l’humiliante posture de se contenter de prendre acte d’un scénario pour l’écriture duquel ils n’ont été ni consultés ni avisés qu’il se préparait. Ce traitement, le président français aura du mal à le digérer et encore plus à l’expliquer à son opinion nationale après lui avoir martelé que la France joue un rôle décisif dans la crise syrienne qui en fait un acteur incontournable sans lequel rien ne peut s’envisager pour y mettre un terme.

Les partisans du président Hollande se sont insurgés de le voir comparé à Tony Blair à qui ses détracteurs avaient collé le qualificatif de « caniche » de George W. Bush pour son suivisme déshonorant  de celui-ci et de sa politique criminelle  à l’égard de l’Irak et de son peuple. Ils constatent, atterrés, que leur héros s’est mis dans une posture encore plus humiliante à l’égard d’Obama dans la crise syrienne que celle de l’ex-Premier ministre britannique, et sans lui valoir, ce qui est plus grave dans son cas, d’être traité par le président américain en allié stratégique à mettre dans le secret des tractations qu’il a avec son homologue russe sur le dossier syrien sur lequel celui-ci a engagé la crédibilité de la France dans l’arène internationale.

Pris de court par l’initiative russe et l’empressement d’Obama à la considérer comme « potentiellement positive », Hollande et Fabius ont tenté un baroud d’honneur visant à créer l’illusion que la France est en capacité de faire obstacle à l’accord du deal russo-amércain sur lequel ils n’ont pas été consultés. Il a pris la forme d’un projet de résolution française auprès du Conseil de sécurité de l’ONU dont le contenu provoquant et arrogant a été aussitôt qualifié « d’irrecevable » par les Russes.

Son baroud d’honneur ayant tourné au pétard mouillé, Paris va devoir essuyer un autre camouflet humiliant, celui de se ranger au projet de résolution américaine rédigée avec l’accord tacite de Moscou. Au fin fond de la solitude diplomatique qui est celle de la France, l’on ne voit pas Hollande la découpler de son puissant allié américain. « Flamby » n’en est pas à un applatissement près. Dans cet exercice, il a incontestablement ravi la palme à Tony Blair.

Plus que « caniche », il s’est fait roquet frétillant.

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