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Imad Moughniyeh, chef militaire du Hezbollah assassiné en 2008 à Damas


L’agent du Mossad qui a tué le chef militaire du Hezbollah Imad Moughniyeh est identifié

Publié par Gilles Munier sur 13 Octobre 2020, 10:17am

Catégories : #Mossad, #Syrie, #Hezbollah


De toutes les histoires que j’ai fait remonter en dépit de la censure israélienne, celle-ci est une des plus importantes. Le New Yorker vient de révéler que l’assassinat en 2008 du numéro 2 du Hezbollah de l’époque, Imad Moughniyeh, était une opération menée conjointement par la CIA et le Mossad. Le but était de venger son rôle présumé dans les attentats contre les casernes de l’US Marine à Beyrouth en 1982 ainsi que les attentats contre l’ambassade d’Israël et le centre communautaire juif à Buenos Aires. Les deux services de renseignement ont déclaré qu’il avait joué un rôle instrumental dans les deux attaques (même s’il existe des voix discordantes à ce sujet).

D’après le nouveau livre de Yossi Melman, « Les espions imparfait » (publié uniquement en hébreu), la NSA s’est basée sur des enregistrements téléphoniques qui ont révélé son emplacement pour le retrouver. En échange, les USA ont indiqué les conditions dans lesquels ils autorisaient son assassinat, entre autre le fait que l’attentat à la bombe ne devait faire aucune victime collatérale et aurait lieu pendant les heures d’école.

Dans le passage, l’agent du Mossad en charge de créer la bombe est nommé « N ».

Le Mossad a répondu en demandant à son artificier de mettre au point une bombe qui atteindrait sa cible sans faire de dégâts collatéraux. Dans son livre, Melman avait explicitement nommé cette personne, mais comme tous les livres sur le sujet, il a dû passer par la censure militaire, et celle-ci a remplacé le nom de l’agent du Mossad par son initiale «N ». Cela dit, comme le montre Melman, la censure est souvent incompétente :

En effet, dans ce cas, la censure n’a pas remarqué que son nom était répertorié dans l’index du livre, ni vu la référence faite page 423. Donc, toute personne qui achète le livre de Melman y trouvera le nom de l’agent du Mossad. C’est ce que l’on appelle en hébreu/arabe un fashla ! (n.d.t : un désastre)

L’artificier est donc Noam Erez. Au moment du meurtre de Imad Moughniyeh, il était l’adjoint du directeur des services secrets, Tamir Pardo.

Ci-dessous une version épurée de sa biographie :

Erez est un haut dirigeant des services secrets israéliens en charge de l’ensemble du spectre opérationnel de l’organisation. Il a commencé sa carrière de 30 ans dans le renseignement israélien dans une division d’opérations spéciales où il a rapidement gravi les échelons, assumant finalement le poste de commandant de la division. Après avoir terminé avec succès son mandat de commandant, M. Erez a pris la direction de la division des opérations technologiques, où il a planifié et exécuté une stratégie de croissance pour les cyber-capacités, l’amenant à une position de leadership mondial. À la suite de ce rôle, il a occupé le poste de chef de cabinet, où il a supervisé la planification budgétaire à long terme, les ressources humaines et la planification des ressources de l’ensemble de l’organisation.

Il était le successeur désigné de Pardo mais Bibi (et plus précisément Sara – n.d.t son épouse – qui a un droit de véto sur toutes les grandes décisions du gouvernement) lui a préféré le beau et séduisant Yossi Cohen. Erez quitta donc le Mossad, et comme font de nombreux ex-dirigeants du renseignement, rejoignit son ancien chef pour présider une start-up de cybersécurité, XM Cyber.

Heureusement, il semblerait qu’il ne fabrique plus de bombe aujourd’hui. Mais il est certain qu’il n’a pas dans ses projets à court terme un voyage à Beyrouth, en Syrie ou en Iran. …(…)…

La suite en anglais sur Tikun Olam (version originale)

Traduction et Synthèse: Z.E