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Iran: la Turquie désormais exclue des discussions sur le nucléaire



L’Iran souhaite tenir en Irak et non plus en Turquie ses prochaines discussions avec le groupe des 5+1 sur son programme nucléaire prévues en avril, ont annoncé mercredi les autorités irakiennes en se disant prêtes à les organiser.

A Téhéran, un important député iranien a confirmé que la Turquie était désormais exclue et le porte-parole des Affaires étrangères, cité par un journal, a dit que « différents lieux » avaient été proposés en critiquant la Turquie pour sa position à l’égard de la Syrie, pays allié de l’Iran.

Selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères irakien sur son site internet, une délégation iranienne menée par le numéro deux du Conseil suprême de la sécurité, Ali Bagheri, a rencontré mardi à Bagdad le chef de la diplomatie Hoshyar Zebari.

« La délégation iranienne a exprimé le souhait que l’Irak accueille la réunion des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (de l’ONU) plus l’Allemagne (…) sur le dossier nucléaire iranien le 14 avril 2012 à Bagdad », selon le texte.

Les autorités irakiennes ont répondu qu’elles étaient « prêtes à accueillir la rencontre » et le ministère « va prendre les contacts nécessaires », a-t-il ajouté.

A Téhéran, le président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement, Allaeddine Boroujerdi, a déclaré à la chaîne de télévision iranienne en arabe Al-Alam, que « la Turquie est désormais exclue ».

« C’est la position du Parlement et du gouvernement. Nous avons proposé Bagdad et si l’autre partie l’accepte, ce sera Bagdad », a-t-il dit en référence au groupe 5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne).

« Différents lieux ont été proposés pour la tenue des négociations entre l’Iran et le 5+1, ce qui est important c’est le contenu des négociations », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes, Ramin Mehmanparast, au quotidien Iran, sans mentionner l’Irak.

Mais il a critiqué la Turquie pour avoir accueilli la conférence des « Amis de la Syrie » qui soutient l’opposition au régime syrien, ce qui pourrait expliquer le changement de la position de l’Iran sur la tenue des négociations à Istanbul.

« On ne peut pas fermer les yeux sur les demandes légitimes de la population de Bahreïn et du Yémen et prétendre défendre les demandes de la population syrienne », a-t-il déclaré en allusion à la Turquie mais aussi l’Arabie saoudite et le Qatar, ces deux derniers pays appelant à armer la rébellion en Syrie.

Lundi, l’ancien chef des gardiens de la révolution Mohsen Rezaie s’est élevé contre le choix de la Turquie pour accueillir les prochains pourparlers sur le nucléaire iranien, qui étaient censés se tenir le 13 avril prochain à Istanbul.

« Etant donné que nos amis en Turquie n’ont pas rempli certains de nos accords, les négociations entre l’Iran et le G5+1 devraient plutôt avoir lieu dans un autre pays ami », a expliqué M. Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la révolution islamique.

Pour Rezaie, Bagdad, Damas ou Beyrouth seraient des lieux plus adaptés. «Le choix d’Istanbul (…) pourrait donner la fausse impression à l’opposition que l’Iran est en position de faiblesse», a-t-il ajouté.

Il est à noter que plusieurs parlementaires sont de plus en plus critiques sur le rôle joué par Ankara dans la région. Le député Mohammad Ismail Kowsari a ainsi accusé la Turquie de se faire l’ambassadeur des Etats-Unis et d' »Israël » dans la région.