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Israël prévoit de nouvelles colonies en Cisjordanie


 

samedi 1er décembre 2012, par La Rédaction d’ASSAWRA

Israël a annoncé vendredi son intention de construire 3.000 logements dans des colonies en représailles à l’accession de la Palestine au statut d’Etat observateur à l’ONU, l’Américaine Hillary Clinton condamnant un projet israélien qui fait « reculer la cause de la paix ».
Dans le même temps, à New York, le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé à la reprise des négociations avec Israël, tout en réclamant l’arrêt de la colonisation.
Un haut responsable israélien a confirmé à l’AFP une information du correspondant diplomatique du quotidien Haaretz faisant état de l’intention du gouvernement de construire 3.000 logements dans des quartiers de colonisation à Jérusalem-Est occupée et annexée et en Cisjordanie.
« Malgré les gages qu’il a donnés au président Obama, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a donné l’ordre de continuer les constructions dans la zone E1 entre Maalé Adoumim et Jérusalem », avait écrit le journaliste sur son compte Twitter.
Gelé depuis des années sous pression américaine, ce projet controversé vise à rattacher la colonie de Maalé Adoumim, en Cisjordanie, à des quartiers de colonisation de Jérusalem-Est.
Il est vivement dénoncé par les Palestiniens, car il couperait pratiquement en deux la Cisjordanie, compromettant la viabilité d’un Etat palestinien.
La chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton a condamné vendredi soir le projet israélien estimant qu’il « faisait reculer la cause d’une paix négociée » avec les Palestiniens.
La Maison Blanche a évoqué des « actions (…) contreproductives qui rendent plus difficile la reprise des négociations directes ou la possibilité de parvenir à une solution à deux Etats », selon le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Tommy Vietor.
La porte-parole de la diplomatie américaine, Victoria Nuland, a lié le projet israélien directement au vote jeudi à l’ONU qui a érigé la Palestine au statut d’ »Etat non membre ». « Avec ce qui s’est passé à New York, il y avait un risque qu’une action provoque une réaction », a-t-elle dit.
Une membre du Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), Hanane Achraoui, a aussi dénoncé cette annonce. « Le monde doit prendre ses responsabilités », a-t-elle dit.
A New York, le président Abbas s’est dit prêt à revenir à la table des négociations mais a appelé Israël à stopper la colonisation.
« Nous ne posons pas de condition (à un retour aux négociations) mais il existe pas moins de 15 résolutions de l’ONU qui considèrent la colonisation comme illégale et comme un obstacle à la paix qu’il faut éliminer. Pourquoi ils (les Israéliens) n’arrêtent pas la colonisation ? », a-t-il déclaré à des journalistes.
« Est-ce que les voisins israéliens sont prêts (aux négociations) ? La balle est dans leur camp et dans celui des Américains, mais ils vont prétexter les élections israéliennes du 22 janvier pour éviter la discussion », a-t-il ajouté.
La Palestine ayant désormais accédé au statut d’État non-membre, elle pourrait, théoriquement, ratifier le Statut de Rome et saisir la Cour pénale internationale (CPI).
« Nous avons désormais le droit de saisir la CPI mais nous n’allons pas le faire maintenant et ne le ferons pas, sauf en cas d’agression israélienne », a déclaré vendredi M. Abbas.
M. Netanyahu a dénoncé le vote de l’Assemblée générale et fustigé le discours jeudi du président palestinien, lui reprochant de ne « pas s’exprimer comme un homme épris de paix ».
Mais l’opposition israélienne a accusé le chef du gouvernement, grand favori aux élections du 22 janvier, de n’avoir pas su dissuader les Palestiniens de leur projet.
« Israël a perdu aujourd’hui, avec la reconnaissance à l’ONU, toutes les réalisations que nous avions obtenues par les négociations », a déploré l’ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, qui a lancé cette semaine un parti centriste.
Alors que des responsables israéliens laissaient entendre ces derniers jours qu’Israël ne remettrait pas en cause les accords signés pour sanctionner la démarche palestinienne, le vice-Premier ministre Sylvan Shalom a de nouveau fait planer cette menace vendredi.
M. Shalom a accusé Mahmoud Abbas  » d’initiative unilatérale contraire aux accords d’Oslo ».
« Nous réagirons en temps voulu », a renchéri le ministre des Affaires stratégiques Moshé Yaalon.

Nouveaux logements dans les colonies : Hillary Clinton condamne Israël 
La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a condamné vendredi soir le projet israélien de construction de logements dans les colonies. « Laissez-moi répéter que cette administration – comme les administrations précédentes – a dit très clairement à Israël que ces activités [d’extension des colonies] faisaient reculer la cause d’une paix négociée entre Israël et les Palestiniens », a déclaré Hillary Clinton lors d’une conférence à Washington en présence des ministres israéliens de la Défense, Ehud Barak, et des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman.
Israël a annoncé vendredi son intention de construire 3 000 logements dans des colonies à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, en représailles à l’accession jeudi de la Palestine au statut d’État observateur à l’ONU. Dans un long discours centré sur le Proche-Orient, Hillary Clinton a plaidé une nouvelle fois pour une « paix globale entre Israël et tous les Palestiniens, conduits par leur autorité légitime, l’Autorité palestinienne ».
« Nous devons tous oeuvrer pour trouver le chemin vers les négociations qui puissent aboutir à l’objectif d’une solution à deux États. C’est notre objectif « , a martelé la chef de la diplomatie américaine, qui doit quitter son poste en janvier. Face à un parterre de hauts responsables américains et israéliens devant lesquels elle s’exprime chaque année à Washington, Hillary Clinton est ensuite revenue sur toutes les tentatives des administrations américaines successives de convaincre Israéliens et Palestiniens de sceller un accord de paix.
Ce processus de paix est au point mort depuis plus de deux ans. « Je pense que même si vous ne pouvez pas aboutir à un accord complet qui règle toutes les questions incroyablement compliquées, il est dans l’intérêt d’Israël d’essayer. Cela permettrait à Israël de prendre de la hauteur. S’élever au-dessus de la mêlée, c’est le terrain que je veux qu’Israël occupe », a conclu la secrétaire d’État américaine.

Fabius incite Israël à renoncer 
Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a appelé, samedi, les autorités israéliennes à « s’abstenir » de mener à bien leur projet de construction de 3 000 logements dans les colonies de Jérusalem-Est et en Cisjordanie. « J’appelle les autorités israéliennes à s’abstenir de toute décision en ce sens et à manifester clairement leur volonté de reprendre les négociations », a affirmé Laurent Fabius dans une déclaration.
« Des informations font état d’une possible décision du gouvernement israélien d’autoriser la construction de 3 000 logements dans les colonies, y compris dans une nouvelle zone de colonisation en Cisjordanie, à l’est de Jérusalem », observe Laurent Fabius.

« Si elle était confirmée, cette décision [de construction] serait grave. Elle constituerait un obstacle sérieux à la solution de deux États, en portant atteinte à la continuïté territoriale d’un futur État palestinien. Elle saperait la confiance nécessaire à la reprise du dialogue », a souligné Laurent Fabius.

Le Crif regrette le vote de la France à l’ONU
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier, a regretté vendredi que la France ait voté en faveur de l’admission de la Palestine comme État observateur aux Nations unies, qui selon lui « contrevient aux accords d’Oslo ». « Le Crif regrette que la France ait décidé de voter en faveur de l’admission de la Palestine comme État observateur aux Nations unies », déclare M. Prasquier dans un communiqué. Il déplore notamment que Paris ait considéré « comme secondaires les graves questions posées par le fait que cette admission contrevient aux accords d’Oslo (et) qu’elle ne poussera pas aux négociations bilatérales une Autorité palestinienne qui avait décidé de les déserter ».
De plus, cette admission « n’engage pas » les dirigeants de l’Autorité palestinienne « à mettre un terme à leurs déclarations révisionnistes sur l’histoire de la région et sur les programmes de haine qui fleurissent sur leurs médias », note-t-il. Enfin, il regrette que, « contrairement à ce qui avait été demandé, aucune garantie n’est donnée sur une saisine des instances internationales, dans le cadre d’une campagne de délégitimation d’Israël ». Le Crif signale également que le statut d’observateur « n’est pas octroyé à un homme » et « risque d’être dans l’avenir reporté sur le Hamas, au cas où celui-ci s’emparerait du pouvoir en Cisjordanie, autrement dit sur une organisation terroriste prônant la disparition d’Israël », ajoute le communiqué.

(01 Décembre 2012 – Avec les agences de presse)