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KPRF : Tout pour le front, tout pour la victoire !


Déclaration de Guennadi Ziouganov, président du Comité central du Parti communiste de la Fédération de Russie (KPRF)

Publié par Gilles Munier sur 12 Octobre 2022, 09:04am

Catégories : #Russie, #Ukraine

La situation dans la zone de guerre en Ukraine a récemment changé de façon spectaculaire. L’armée du régime néo-nazi a lancé une contre-offensive. Les attaques terroristes sur le gazoduc Nord Stream-2, sur le pont de Crimée et le bombardement quotidien de la centrale nucléaire de Zaporojié montrent que les mondialistes ne reculent devant rien pour déstabiliser notre pays. Il ne s’agit plus d’une opération militaire spéciale, mais d’une guerre menée par les États-Unis et leurs alliés contre la Russie aux mains des fascistes banderistes.

Les pays occidentaux fournissent au régime criminel d’Ukraine les armes les plus modernes. Ils financent et entraînent les unités de l’AFU en cours de formation. Leur quartier général planifie et contrôle les opérations de la milice néonazie et lui fournit des informations de renseignement. Ils déterminent également les cibles des frappes contre les troupes russes, les villes et les villages en Russie.

Des spécialistes de l’OTAN sont aux commandes des systèmes d’armes de précision. Des milliers de mercenaires sont directement impliqués dans les hostilités. Les États-Unis et leurs satellites assument la quasi-totalité du financement du régime de Bandera en Ukraine. Une bataille économique et de propagande est menée contre la Russie et fait partie intégrante de la guerre hybride moderne. Les dernières attaques terroristes sont sans aucun doute l’œuvre des services de renseignement américains et britanniques, qui se sont depuis longtemps spécialisés dans ce type de crimes.

L’implication non déguisée de l’OTAN dans la lutte armée contre la Russie est un phénomène fondamentalement nouveau, qui exige un changement de stratégie et de tactique de la part des dirigeants de l’État et de l’armée, et une mobilisation de l’ensemble du pays pour assurer la victoire. Avec la LNR et la DNR, ainsi que le retour des régions de Kherson et de Zaporozhye dans le giron de la Russie, nous nous battons aujourd’hui non pas en Ukraine, mais sur nos propres terres. Et c’est aussi un phénomène nouveau. Mais nous devons comprendre que la tâche de libérer le peuple ukrainien du régime néo-nazi n’est pas hors de portée.

Les forces armées russes sont confrontées à des problèmes difficiles. De nombreuses erreurs et mauvais calculs ont été commis. Il y a eu une sous-estimation des forces ennemies. Les promesses des dirigeants militaires russes de réduire considérablement la fourniture d’armes occidentales à la ligne de front ne sont toujours pas tenues. La société se pose légitimement la question : pourquoi ? D’ailleurs, même nos adversaires sont surpris par cette circonstance. Enjoliver la situation, comme cela a été fait jusqu’à présent, n’a jamais servi à rien. Les problèmes émergents ont été réduits au silence ou ignorés plutôt que traités. Cette attitude a entraîné la perte d’un temps précieux.

Il serait toutefois totalement erroné de rejeter la responsabilité de tous ces problèmes uniquement sur les dirigeants actuels des forces armées. Ils ont besoin de tout le soutien et de toute l’aide qu’ils peuvent obtenir. Mais nous sommes obligés de donner une évaluation objective et sévère à ceux qui, depuis des années, ruinent la capacité de défense de la Russie.

Je fais principalement référence à l’ancien ministre russe de la Défense, M. Serdioukov, et à son équipe. C’est sous son commandement que d’illustres unités militaires, des académies et des collèges ayant des siècles d’histoire ont été détruits. Le système de médecine et de science militaires a été amené au bord de la ruine. Le système de préparation à la mobilisation a été mis à mal par une véritable démolition des bureaux d’enregistrement et d’enrôlement militaires. La liquidation et le pillage des réserves stratégiques ont largement laissé l’armée sans l’équipement le plus essentiel dans le feu de la bataille.

L’industrie de la défense et la science ont été gravement affaiblies. Une privatisation irréfléchie et souvent ouvertement nuisible a conduit à la liquidation de nombreuses industries d’importance stratégique. D’ailleurs, le processus de faillite délibérée de ces entreprises se poursuit encore aujourd’hui.

La solution aux nombreux problèmes d’approvisionnement de l’armée a dû être prise en charge par la société. Le mérite et les louanges reviennent aux millions de patriotes qui, aux quatre coins du pays, ont entrepris d’acheter et de livrer à l’armée active divers équipements, de la nourriture, des vêtements, des dispositifs de vision nocturne, des drones, des médicaments et du matériel médical. Cependant il s’agit d’une responsabilité directe de l’État et de ses autorités compétentes. Entre 1941 et 1945, il y a également eu un flot de colis destinées aux soldats de l’Armée rouge depuis le front intérieur. Mais tout ce dont l’armée avait besoin était entièrement fourni par l’État.

Ces dernières années, plusieurs mesures ont été prises pour reconstruire les forces armées et l’industrie de la défense. Mais les dégâts causés par les “réformateurs” libéraux et la “cinquième colonne” sont si importants qu’il faudra des années pour les surmonter. La société s’attend à ce que les auteurs des graves problèmes actuels de notre armée, qui ont traîtreusement sapé ses capacités de défense, soient sévèrement punis.

D’énormes dommages ont été causés à la préparation au combat de la Russie par ceux qui façonnent l’opinion publique. La politique de répression du patriotisme menée depuis des années, l’imposition de “valeurs” occidentales étrangères à notre peuple, ainsi que les élections frauduleuses, ne pouvaient qu’entraîner de graves conséquences sous la forme de milliers de jeunes hommes qui se soustraient à la mobilisation. Ce ne sont pas seulement eux qui sont à blâmer, mais aussi ceux qui ont délibérément fait de nos jeunes des cosmopolites sans foi ni loi. La destruction du système de formation militaire initiale avant la conscription et la transformation de la DOSAAF en entreprise commerciale ont contribué à la réduction des capacités de défense du pays.

Dans les conditions d’une confrontation militaire avec un ennemi sournois et perfide, il devient encore plus évident à quel point les problèmes de corruption et de bas salaires sont devenus une source de danger. Y compris dans les domaines de notre sécurité. Les corrompus et les pauvres sont les meilleures cibles pour les pots-de-vin et les incitations à trahir leurs intérêts personnels. Une chose activement exploitée aujourd’hui par ceux qui nous combattent par la terreur des bandits et le sabotage.

L’escalade des hostilités et l’engagement ouvert de l’OTAN dans une guerre contre la Russie ont révélé la présence de forces qui empêchent, inconsciemment ou délibérément, le pays et l’armée de résoudre les problèmes auxquels le pays est confronté. Une partie de la bureaucratie, notamment dans les sphères économiques et financières, se comporte aussi sereinement que s’il n’y avait pas d’opération militaire spéciale, pas de transformation du SVO en une guerre de l’OTAN contre la Russie. Cela commence déjà à ressembler à du sabotage. Une loi devrait être adoptée dans les plus brefs délais pour sanctionner ces agissements, y compris l’inaction des fonctionnaires dans des situations où des décisions responsables urgentes doivent être prises.

Aujourd’hui, alors que des centaines de milliers de nos combattants sont en danger de mort sur les lignes de front, la bureaucratie des fonctionnaires sur le front intérieur signifie qu’ils aident directement ou indirectement nos ennemis. Il est grand temps que les autorités se souviennent des conséquences désastreuses des défaites de la guerre russo-japonaise et de la Première Guerre mondiale au début du XXe siècle. Nous devons éviter les erreurs du passé, remporter la victoire et sauver notre État des troubles et de la destruction.

Face à une menace militaire croissante pour le pays, l’unité de la société est vitale. Nous ne devons pas nous contenter de mobiliser les réserves militaires. La lutte contre le plus grand bloc militaire, économique et politique du monde ne peut être confiée à la seule armée. Il est nécessaire de mobiliser toutes les forces productives, spirituelles et créatives du pays pour soutenir l’armée en difficulté.

Ce n’est pas l’armée qui est en guerre, mais le pays. La devise de nos grands ancêtres : “Tout pour le front, tout pour la victoire” doit être le slogan de chacun d’entre nous. Mais une véritable consolidation des forces sociales ne peut être obtenue que si l’on change de cap pour adopter une orientation sociale. La justice, le collectivisme et l’entraide sont les pierres angulaires de notre société. Il est urgent d’introduire un barème fiscal progressif et d’abolir les décisions visant à relever l’âge de la retraite.

La bataille doit être menée non seulement contre les ennemis extérieurs, mais aussi contre les principaux ennemis intérieurs de la Russie – la crise de gouvernance, le retard économique, l’appauvrissement massif et les divisions sociales flagrantes. Contre la cupidité criminelle et l’irresponsabilité des voleurs de l’oligarchie. Contre les machinations russophobes et antisoviétiques de la “cinquième colonne” dans la sphère de la culture, de l’éducation et de la propagande. Au XXe siècle, cette bataille a été brillamment gagnée par le pouvoir soviétique, qui a mis en œuvre dans les plus brefs délais la modernisation léniniste-staliniste. Qui a mis fin à l’exploitation, à la pauvreté, au chômage et à l’analphabétisme. Qui a procédé à l’industrialisation rapide de l’économie. Les remarquables exploits pacifiques du socialisme sont devenus le fondement de notre victoire sur la peste brune d’Hitler. Il est grand temps que nous comprenions tous le sens de cette leçon historique et que nous réalisions que de nouvelles victoires ne sont possibles que si le cap est fondamentalement changé vers le socialisme, la justice, l’égalité et une véritable responsabilité du gouvernement et des citoyens pour leur pays.

Notre expérience montre la nécessité d’une concentration maximale des ressources pour un approvisionnement satisfaisant. La dernière guerre, victorieuse, a vu la création de la Stavka du commandant en chef suprême, puis du Comité d’État de la défense, qui sont devenus les principaux organes de gouvernance. Cette expérience ne doit pas être négligée. Lors de l’affrontement avec le nazisme allemand pendant la Seconde Guerre mondiale, même un pays profondément libéral comme la Grande-Bretagne a choisi de nationaliser des secteurs clés de l’économie. Dans les conditions difficiles actuelles, les sphères vitales de l’économie nationale doivent revenir au contrôle de l’État.

La nationalisation des sphères stratégiques de l’économie, le soutien maximal à son développement innovant, la diffusion de l’expérience des entreprises populaires, la protection sociale des citoyens, une médecine et une éducation gratuites et de qualité – voilà la base de nos initiatives et propositions. Il s’agit d’un programme gagnant, qui doit être adopté au niveau de l’État. Sans lui, il est impossible de donner une contre-attaque dévastatrice à ceux qui cherchent à détruire le monde russe et à anéantir l’État qui en est issu.

À l’heure où le pays se lève pour défendre sa souveraineté et son indépendance, où des centaines de milliers de jeunes sont envoyés au front, chacun doit tout mettre en œuvre pour vaincre le néonazisme et le banderisme, derrière lesquels se tiennent les États-Unis et leurs satellites de l’OTAN.

Le KPRF et les forces patriotiques de gauche en Russie sont convaincus que notre peuple vaincra le même ennemi qui s’est présenté à nous en juin 1941 – les forces unies de l’Occident agressif. À l’époque, ces forces étaient dirigées par l’Allemagne d’Hitler. Maintenant, ce sont les États-Unis, la Grande-Bretagne et leurs vassaux. Pour le succès de cette lutte, nous avons besoin d’une concentration complète de toutes nos ressources et forces spirituelles.

Les dirigeants russes sont tenus de prendre des mesures exhaustives à cette fin !

Le Président du Comité central du KPRF

G. A. Ziouganov.

*Source : KPRF

Pour info – pour compléter ces critiques de gauche, cf la vidéo de la démonstration de force de Ramzan Kadyrov et des milices tchétchènes qui vise Kiev, mais sans doute aussi à impressionner en Russie : https://french.almanar.com.lb/2452562

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