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La guerre par procuration de Washington contre la Russie


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Robert Bibeau

Jan 11
Les responsabilités, les conséquences – également pour l’Allemagne

Douglas Macgregor

LifeSiteNews: A vos yeux, quel est le principal responsable de l’escalade du conflit ukrainien?

La guerre par procuration que Washington mène à l’encontre de la Russie est l’aboutissement d’une stratégie soigneusement élaborée ayant pour but d’entraîner la Russie dans un conflit avec son voisin ukrainien. Dès que Poutine a stipulé que son gouvernement ne tolérerait pas la présence militaire de l’OTAN aux frontières ukrainiennes de la Russie, Washington a entrepris de transformer ce pays en puissance militaire régionale hostile à la Russie.

Le putsch de Maidan a permis aux agents de Washington à Kiev d’y installer un gouvernement prêt à adhérer à ce projet. En admettant récemment qu’elle et ses amis européens ont cherché à exploiter les accords de Minsk afin de gagner du temps pour renforcer le dispositif militaire en Ukraine, l’ex-Première ministre Angela Merkel a confirmé la tragique réalité de cette affaire.

De quelle manière le conflit pourrait-il être résolu de manière pacifique et diplomatique et quels pourraient être les éléments d’un accord entre les belligérants?

Washington et ses alliés d’Europe occidentale ont fait un mauvais calcul. Ils pensaient que la faiblesse économique de la Russie rendrait impossible une campagne militaire russe efficace pour anéantir les forces armées ukrainiennes. La stratégie initiale de la Russie partait du principe que Washington et ses alliés reconnaîtraient la gravité de la situation et les intérêts légitimes de la Russie en matière de sécurité en Ukraine. Dès que la volonté de Washington de préserver son contrôle militaire stratégique de l’Ukraine et de détruire totalement la Russie est apparue clairement, Moscou a changé de politique et traite désormais l’Ukraine comme un champ de bataille et non plus comme un pays frère slave. La guerre ne se terminera qu’aux conditions imposées par Moscou. Comme Poutine ne cesse de le répéter, «Seul Moscou est le garant du territoire ukrainien».

Quel est l’élément moteur qui tend à empêcher une résolution pacifique du conflit?

Faites la liste des noms des membres du World Economic Forum, et vous aurez un bon point de départ.

Vous semblez soutenir que l’escalade du conflit en Ukraine sous l’impulsion des Etats-Unis nuit aux relations de ces derniers avec l’Europe. Sauriez-vous préciser votre position?

En matière de sanctions, il faut toujours éviter de se sanctionner soi-même. La Russie n’est pas isolée. En fait, elle occupe une position géographique inattaquable et a accès à des marchés, des biens et des services sur lesquels les Etats-Unis n’ont aucune prise. Ainsi, les alliés de Washington, ainsi que les Américains, sont à présent les victimes des politiques financières et économiques inconsidérées et arrogantes de Washington.

Certaines sources affirment que la guerre en Ukraine a en fait aidé l’économie américaine en augmentant la production d’armes et les ventes de carburant à l’Europe. Êtes-vous d’accord avec cette analyse? Quel est selon vous le principal bénéficiaire de cette guerre en Ukraine?

Les ventes d’armes ne contribuent pas à la santé économique et à la prospérité d’une économie. Les investissements en matière de puissance militaire sont des dépenses sans grande utilité économique ou sociale. Les équipements de ce type n’ont qu’une faible valeur de réutilisation. Chaque fois qu’un Etat-nation développe une puissance militaire supérieure à celle nécessaire à sa propre défense, il prive les autres secteurs économiques du capital dont ils ont besoin pour croître et prospérer. C’est ce que soutenait le Président Eisenhower en 1953 lorsqu’il déclarait: «La sécurité ne peut exister sans la prospérité. Les Américains méritent d’avoir les deux».

Considérez-vous la Russie comme une menace militaire pour l’Europe, ou pensez-vous que la collaboration économique germano-russe a été profitable à l’Europe?

Au début de la guerre en Ukraine, la Russie ne représentait pas une menace pour l’Europe. La guerre par procuration menée par Washington a contraint Moscou à réexaminer ses principes concernant la sécurité de la Russie. Désormais, la Russie maintiendra des Forces armées conventionnelles haut de gamme plus importantes et plus résistantes, dans le but de se protéger des futures attaques occidentales. Durant la majeure partie des 300 dernières années, Berlin a été le partenaire naturel de Moscou en matière d’échanges commerciaux et de sécurité régionale. Les deux guerres mondiales ont été des épisodes destructeurs qui n’auraient jamais dû avoir lieu.

Il n’y a aucune raison de répéter les erreurs du passé. Berlin doit maintenant faire face à la réalité: les intérêts stratégiques de Washington et ceux de la nation allemande ne coïncident pas et il lui faut adapter en conséquence ses relations avec Washington et Moscou. Si Berlin réajuste sa politique étrangère dans cette optique, elle pourra rétablir la stabilité et la prospérité en Europe.•

Sources: https://www.lifesitenews.com/blogs/exclusive-us-colonel-explains-americas-role-in-provoking-russia-ukraine-conflict/ du 19/12/22 (Extraits)

(Traduction Horizons et débats)

*Douglas Macgregor est colonel en retraite de l’armée américaine, politologue, théoricien militaire, consultant, auteur reconnu et commentateur télévisé, titulaire d’un Doctorat en relations internationales. Il commente régulièrement les questions militaires sur Fox-News, CNN, RT et BBC.
Une «entraide» destructrice et meurtrière

km. S’il est avéré que le gouvernement américain mène une guerre par procuration à l’encontre de la Russie sur la base de ses propres intérêts politiques en Ukraine – et il en existe aujourd’hui de multiples preuves et témoins –, alors l’»aide» et le «soutien» que ce gouvernement apporte au président ukrainien et à son armée apparaissent sous un tout autre jour. C’est ainsi que la visite en grande pompe de Volodymyr Zelenski à Washington, il y a quelques jours, s’est traduite par un spectacle grotesque destiné à tromper une nouvelle fois l’opinion publique, du moins celle du front intérieur.

Dans cette guerre par procuration, le belligérant américain s’affiche publiquement noble, utile et bon, mais sacrifie en réalité l’Ukraine et les Ukrainiens – et en principe toute l’Europe – à ses projets de politique de puissance. Le président américain Jo Biden n’a peut-être pas réalisé l’ambiguïté de sa déclaration lors de la conférence de presse commune avec le président ukrainien Zelenski – les combats en Ukraine font «partie de quelque chose de bien plus grand». Le fait que Volodymyr Zelenski joue jusqu’au bout le rôle qui lui est dévolu et «remercie» bruyamment Washington pour le sacrifice de son pays et de sa population est à cet égard particulièrement choquant.

Les «négociations» réclamées par de nombreuses instances avant Noël – pour des raisons tout à fait légitimes – n’auront de sens que si elles sont menées en toute honnêteté. Malheureusement, nous en sommes encore très loin, du moins du côté occidental.

Coopérative Zeit-Fragen

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