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La Russie lachera-t-elle Assad?


Par Mohammed Benallal 

La Russie lachera-t-il Assad?, par Benallal Mohamed

 

 

 

IRIB-Le Moyen-Orient fait peur. On y parle de bombe iranienne, de chaos irakien, de risques de guerre civile au Liban, d’éclatement en Syrie…

Chaque jour, la liste des conflits ne cesse de s’allonger : Occident contre Orient, Modernité contre Tradition, Religieux contre Laïcs, impérialisme, wahhabisme, takfirisme contre résistance.

 Il est plus intéressant à l’état actuel de bien voir, mieux examiner et analyser davantage les principales causes et conséquences de la nouvelle position politique de la Chine et la Russie au niveau du Conseil de Sécurité de l’ONU à propos de la situation et des événements qui se déroulent au Moyen Orient .Le soutien de la Chine et de la Russie n’est en fait que le résultat d’une analyse minutieuse qui relève de l’évolution des rapports de forces mondiaux que se soit dans le domaine économique ,financier ou politique.

Les multi-crises actuelles vont certainement solidifier une configuration nouvelle dans les domaines structurels relevant des relations internationales ,en partant de l’effondrement de l’ex-URSS à un modèle unipolaire dominer par la seule puissance exclusive des USA .Cette situation d’unipolarité va certainement laisser place à un autre système qui reste à configurer par le biais de nouvelles tensions qui s’ opèrent au niveau des centres d’intérêts énergétiques(Kissinger disait «Le pétrole est beaucoup trop précieux pour être abandonné aux arabes »), nucléaires (Iran) et financiers (pétrodollars) ( équilibre des vases communicants). Le monde actuel entre de plein fouet, dans une période de turbulences géopolitiques.

Ceux qui misent sur la nature changeante de la Russie envers la Syrie, tout en se référant à la position que la Russie avait adopté pour ce qui est de la Libye ne vont pas être bien dans leur peau.Surtout si elle prend une couleur sombre.

Les émirs ont bien essayé de corrompre la Russie  à coup de pétrodollars, croyant qu’avec de l’argent on achète tout sauf l’histoire ,les valeurs et les principes.Cela n’a pas suffit car la réalité est tout autre .

Une analyse de fond de la position Russe et Chinoise discrédite cette hypothèse occidentale pour les raisons suivantes :

C’est l’occasion pour la Russie et la Chine (deux puissances économiques et financières) de mieux formater la situation actuelle pour la configuration d’un nouvel ordre mondial. Etant donné que Moscou et Pékin voient dans les événements actuels (Syrie Iran-Palestine-Irak-Pakistan et Afghanistan) sans mentionné le remue ménage de ce printemps arabe (fausse manœuvre), et dans sa confrontation avec l’Occident (États-Unis et Europe); un ordre qui a été caractérisé par l’unipolarité, et qui tend aujourd’hui vers la multipolarité et ce depuis le commencement de la guerre de 2006 au Liban (destruction du mythe de l’ invincibilité d’Israël) qui a changé la donne.

Le 14 janvier 2012 Vladimir Poutine a signifié que « nous assistions à la formation d’un ordre mondial nouveau, différent de celui qui avait émergé après la chute de l’ex-URSS ». Il voulait par la signifier que Moscou ne reculera pas d’un iota et ira jusqu’au bout pour contrecarrer toute tentative de stopper ce processus d’unipolarité, même si cela peut entrainer encore plus de conflits, de tensions sinon des guerres. Le monde connaît actuellement des développements sociaux et historiques qui aboutiraient à la formation d’un système international multipolaire, soulignant que la Russie doit adopter des positions fortes dans cet ordre mondial conformément au respect des principes de la loi internationale.

« Les USA ,l’Occident et Israël commettraient une grave erreur s’ils s’imaginaient pouvoir attaquer l’Iran « disait Serguei Lavrov et Poutine d’ annoncer que  «si l’Occident tentait une action unilatérale sur la scène internationale, Moscou ne resterait pas immobile et même répondrait puissamment ».Ce sont de vrais ultimatums que la Russie lançait et n’ entendait plus marchander ou spéculer comme ce fut le cas pour l’ Irak ou de la Lybie. Le départ humiliant des USA d’ Irak et demain  de l’ Afghânistân sera une autre humiliation, alors que du coté US, Obama annonce la couleur par des réductions d’ effectifs des forces US suivie de réductions du budget militaire.

Tout cela a des incidences sur un recul de la force US ,d’où son incapacité d’ occuper ce large espace planétaire (le mythe «que le soleil ne se couche jamais sur l’Angleterre » ne se réalisera jamais pour les USA); tout en misant sur une nouvelle confrontation avec la Chine en Asie du Sud- Est (et l’armement de cette région). Pékin a bien répliqué et bien signifié, le 7 janvier 2012, en déclarant que «Washington n’était plus en mesure d’empêcher le Soleil Chinois de se lever ». En d’autre terme la Chine a insinué que les USA sont en train de commettre une folie d’affronter la Chine, sachant que le jeu du gaz au Turkménistan (et celui de l’Iran sont des batailles perdues d’avance pour les USA). Nous nous trouvons actuellement au seuil d’une longue période de confrontation avec le système unipolaire, qui durera tant que les autres puissances influentes et émergentes (BRICS-OCS-ALBA) n’auront pas consolidé un ordre mondial nouveau: «le monde s’apprête à rentrer dans une zone de turbulence longue et douloureuse» disait Poutine, à propos de sa stratégie. Ainsi, l’objectif de la Russie n’est pas de prendre la position d’une domination unipolaire pour ces temps ci parce qu’ elle ne pourra pas garantir seule la stabilité mondiale devant un éventuel effondrement brusque. Les États-Unis sont comme des renards, se retirent du jeu quand leurs perspectives de succès ne sont ni garantis, ni rapides; Barack Obama a bien déclamé: «En tant que président et commandant en chef, je préfère la paix à la guerre». Mais, a-t-il ajouté, «la sécurité d’Israël est sacro-sainte » et, pour empêcher que l’Iran ne se dote d’une arme nucléaire, «je n’hésiterai pas à employer la force, y compris tous les éléments de la puissance américaine » Paroles dignes d’un Prix Nobel de la paix.

Ils sont bien conscients que leur économie  dégénère d’une façon dramatique et dévastatrice (dette en trillions dépassant largement le seuil de leur PIB et déficit des comptes courants « dépendance»et la progression des importations et d’un repli des exportations).Leur force militaire a pris des mauvais coups en valeur et en morale en Irak et en Afghanistan, tout le prestige  d’un recours intempestif à la guerre est enterré. La Russie sait bien que le temps ne fait pas marche arrière. Alors que les émirs du Golfe persique, avec leurs pétrodollars qui font leur orgueil immoral, croient remonter le temps.

C’est pourquoi Lavrov a dernièrement invité les membres permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU, du G8 et du G20 à cesser toute manigance pouvant créer des tensions sur des bases ethniques, confessionnelles ou sociales, et de les inviter à ne plus soutenir des forces destructrices( terrorisme, takfirisme, wahhabisme ainsi qu’ El Qaida) qui puissent menacer la sécurité mondiale. Une recommandation nette afin que les centres décisionnelles refusent catégoriquement les groupes armées qui sévissent en Syrie soutenus par les laquais( Qatar et l’Arabie saoudite ) qui n’ adhérent pas à la philosophie Onusienne.

La Russie identifie sans arrière pensée ces groupes sus-cités comme faisant partie des Etats qui prétendent exporter la nouvelle civilisation qu’ est la « démocratie » par voie militaire et autres moyens encore plus contraignants, ce que nous voyons et constatons dans les faits, n’est qu’un terrorisme instrumentalisé par la grande puissances via ses laquais et qui n’existeraient pas sans elles. « La violation du droit international n’est plus justifiable, même si cela partait d’une bonne intention qui sous entend le droit humanitaire, en d’autre terme les Russes d’aujourd’hui n’accepteront plus aucune tentative ou démarche de la part des détenteurs de veto comme la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis de remplacer le principe de souveraineté par celui d’ingérence humanitaire.

Les USA resteront au Proche-Orient mais le degré d’influence sera moindre qu’auparavant. Le Proche-Orient est en voie de se remodeler par une guerre par procuration dite «proxy» et «soft» pour les USA- la guerre de l’arabe contre le sioniste se mue en guerre arabe contre musulman (arabe-Iran) -et pour les Arabes il ya ceux qui sont pour Israël et ceux qui sont pour la Palestine.

Les puissances émergentes (BRICS-ALBA- OCS)que sont la Chine, l’Inde et, en général,les États de l’Organisation de Coopération de Shanghai ne sont pas dans la mesure de prendre position dans le nouveau monde non-unipolaire car le changement commence à s opérer doucement mais certainement….

Source : Le quotidien d’Oran