Aller à…
RSS Feed

La vengeance attendue : le terrorisme frappe Damas après les revers subits .


 
 
Essuyant des revers sur le champ de bataille, les miliciens djihadistes se rabattent dans des attaques suicides.

L’équation est désormais connue de tous les observateurs. Chaque fois que les « insurgés » se trouvent en mauvaise posture militaire, ils recourent aux attaques terroristes contre des sites officiels et civils, fauchant la vie de nombreux citoyens.

Ce lundi, le coeur de la capitale syrienne avait rendez-vous avec l’explosion d’une voiture piégée conduite par un kamikaze, dans un quartier situé entre la place Sab’aa Bahrat, et la rue Chahbandar, non loin de la Banque centrale, d’un lycée pour filles et d’une mosquée.

La télévision syrienne officielle a diffusé des images de restes humains, de civils criant et pleurant sous le choc , ainsi que de carcasses de voitures calcinées.

Des hommes tentaient désespérément de dégager un corps d’un taxi tandis qu’un autre serrait entre ses bras une fillette terrorisée.
 

Le kamikaze

« J’étais dans la rue avec ma collègue quand la terre a tremblé sous nos pieds », a témoigné à l’AFP Anana, 32 ans, qui se trouvait non loin de la place Seb’aa Bahrat.

« Les gens ont commencé à crier « explosion! explosion! » et on a vu une épaisse fumée noire se dégager du lieu de l’attentat, comme si c’était un tourbillon ».
 

Les 15 victimes sont dans leur majorité des civils, ainsi que quelques policiers. Plus de 50 personnes ont été blessés et se trouvent dans une situation grave.

Selon l’AFP, les vitres du bureau de l’agence situé à 200 mètres, ainsi que ceux de la banque centrale et de la majorité des commerces ont également volé en éclats.

Les images télévisées ont aussi montré des balcons complètement effondrés.

Manifestation de soutien au pouvoir syrien à Darayya depuis 2 jours

Pallier aux échecs

Ces derniers jours, les miliciens avaient essuyé plusieurs échecs aussi bien à Damas qu’à Alep ainsi qu’ à Homs.

Dans la province de Damas, leurs pertes sont telles que les médias parlent de la fin de la bataille de Damas que les miliciens préparaient à coup de matraquage médiatique

Tunnel découvert dans le sous-sol du mausolée de Sayeda Soukayna à Darayya .

Après trois mois de combats, la  localité de Darayya a finalement été sécurisée, à l’exception de quelques poches.

Des images télévisées ont montré des soldats de l’armée nationale au sein du mausolée de Sayeda Soukayna, sérieusement détruit.

Les destructions dans le mausolée

Il avait été transformé en siège militaire par les insurgés, un réseau de tunnels y a été découvert .
Des dizaines d’engins explosifs y ont été démantelés. 

Plus à l’est, c’est dans la Ghouta orientale que la bataille e a été la plus décisive. L’armée gouvernementale est parvenue à briser le siège imposé par les miliciens à Adra, assiégé depuis plusieurs semaines.

 Les engins explosifs désamorcés à Darayya

Depuis l’entourage de l’aéroport international, en passant par la localité de Otaïba où se trouvent les dirigeants des insurgés (dont ceux du front al-Nosra et Liwa al-Islam)  et qui a été totalement isolée, et jusqu’à Adra, sans oublier la localité de Jobar, le siège de la Ghouta orientale est désormais total.
 Ce siège devrait couper l’acheminement des vivres et des renforts en armes et en miliciens vers ces régions très proches de la capitale.
Plus au sud, dans le quartier de Sayyeda Zaynab, les miliciens d’al-Nosra ont essuyés de lourdes pertes

Militaire régulier, Nawwar Askija, tué dans la province de Damas.

Selon le journal libanais Al Akhbar, un groupuscule est tombé dans une embuscade alors qu’il se préparait à  effectuer une pération d’une grande importance.

Le milicien libyen Omrane Charif, tué dans la province de Damas

« C’est la raison pour laquelle, il faut prévoir une intensification des frappes sécuritaires via des tirs d’obus et les voitures piégées venant des miliciens contre les quartiers résidentielles, en s’en prenant aux civils, dans le but  de minimiser l’importance des exploits réalisés par l’armée », a précisé un chroniqueur du journal al-Akhbar Hassan Olleik, dans un article paru ce matin.

Répercussions sur les négociations

L'armée syrienne à Darayya

Des sources bien informées de la situation en Syrie ont confié au journal que « l’armée a  énormément perfectionné ses capacités de renseignements et de surveillance, et a réussi de nombreuses infiltrations au sein des groupes armées, tout en réalisant des remplacements dans certains secteurs sensibles ».

Davantage de résultats sont attendus dans les jours prochains et devraient servir à élargir la ceinture sécuritaire autour de Damas, pour empêcher les violences.

«  L’impact de cette avancée sur le terrain devrait avoir des répercussions sur les négociations en cours en Syrie », analyse un observateur ayant requis l’anonymat, surtout que le président américain avait demandé à son homologue russe un délai de deux mois pour reprendre les pourparlers, à la demande de parties soutenant l’insurrection en Syrie et promettant des changements militaires de taille a l’avantage de « l’opposition ».

Progrès de l’armée

la région d'Aziza en bleu marine

A Alep aussi, les avancées de l’armée se poursuivent. Dans le quartier Cheikh Maksoud, investi depuis deux semaines par les miliciens qui avaient tué son imam Cheikh Seifeddine d’une façon très barbare, l’armée y a repris les positions occupées par les miliciens.

Le milicien tunisien Anis Najlaoui tué le 5 avril dans la province d'Alep

Elle était parvenue auparavant à sécuriser la localité de ‘Aziza, au sud-est de la ville, qui requiert une attention primordiale en raison de son importance par sa proximité de l’aéroport international et de l’aérodrome militaire de Nayrab . Elle est située sur une colline qui surplombe les quartiers sud de la ville d’Alep, occupés par les miliciens. Des dizaines de miliciens ont péri dans les combats qui durent depuis plusieurs semaines. 

Même phénomène dans le gouvernorat de Homs mais bien plus lent. L’armée est néanmoins parvenue à reprendre une position stratégique sur une colline dans Rif Ksseir, occupée par les miliciens, après des combats acharnés.

Le milicien Bteich

Dans la province de Hama, signale le site Arabi-Press, celui qui se présente comme étant « le calife des Musulmans » du front al-Nosra, Mohammad Tala Abid Al-Bteich a été tué dans des accrochages dimanche, dans la région de Salamiyya, à 30 Km de la ville de Hama.

Sa milice, l’une des plus importantes et des plus dangereuses milices du Front al-Nosra, a été assiégée par une unité spéciale de l’armée régulière, puis a fait l’objet d’une descente aérienne et de l’infiltration de militaires, avant d’être entièrement éliminée.

Il y est question de plusieurs dizaines de tués dans ses rangs.
Bteich était le planificateur de dizaines d’attaques dans la région de Salamiyya, qui ont couté la vie à des dizaines de civils.

A Lattaquié, un autre chef de milice a été abattu, Ahmad Amer, qui dirigeait la milice « Jabal al-Akrad » (Montagne des Kurdes), ainsi qu’un nombre indéterminé de miliciens.

Alors que dans le gouvernorat avoisinant, un rassemblement important a eu lieu dans la ville de Tartous , pour rendre hommage aux martyrs et célébrer les 66 années de la fondation du parti Baas, au pouvoir.

Des manifestants arboraient des portraits du président syrien Bachar el-Assad et des banderoles refusant le complot dont est victime la Syrie, fustigeant la Ligue arabe, et en appelant à une solution politique de la crise.