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Lakhdar Brahimi prochainement à Damas


Le nouvel émissaire de l'ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a entamé samedi sa mission appelant immédiatement à la cessation des violences

Le nouvel émissaire de l’ONU pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, a entamé samedi sa mission appelant immédiatement à la cessation des violences

Le nouvel émissaire de l’ONU chargé du dossier syrien effectuera dans le cours de la semaine prochaine une visite à Damas où il aura des entretiens avec le président syrien, Bachar Al Assad.

L’émissaire des Nations unies pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, est attendu samedi prochain à Damas où il doit s’entretenir avec le président syrien Bachar Al Assad des moyens de régler la crise, alors que la situation sur le terrain continuait hier de s’enliser au lendemain de nouvelles violences. M.Brahimi ira à Damas pour rencontrer le président Al Assad «dans une tentative d’accélérer les efforts diplomatiques en vue de trouver une solution à la crise syrienne», a indiqué le journal syrien El Watan, citant une source bien informée. Selon le journal, cette source «a nié indirectement ce qui a été dit concernant l’élaboration par l’émissaire international d’un plan de transition sans le président Al Assad». Lakhdar Brahimi avait affirmé samedi qu’il se rendrait «en temps opportun» à Damas, tout en ajoutant qu’il pouvait seulement insister sur la nécessité de mettre fin aux violences et le début d’un processus politique en Syrie. Il a notamment souligné qu’il était «impossible de faire face à la situation «complexe» dans ce pays «avec des idées prédéfinies», affirmant que le gouvernement doit reconnaître le «degrés de la souffrance du peuple syrien».
L’émissaire international a mis en exergue à ce propos «la nécessité de parvenir à un processus politique qui permettra au peuple syrien de réaliser ses aspirations».
Concernant les appels à une intervention militaire en Syrie, M.Brahimi a tenu à faire savoir qu’il était «tôt de parler de l’envoi d’une force arabe ou étrangère», expliquant qu’une intervention militaire signifie l’«échec du processus politique». Il a réitéré son appel aux différentes parties à mettre fin aux violences pour préserver la vie des civils. Mais l’idée d’un «processus politique» en Syrie ne semble pas facile à atteindre vu les divergences de taille qui séparent le régime syrien et l’opposition qui réclame purement et simplement le départ du président Al Assad.
L’opposition refuse catégoriquement de dialoguer sans le départ de Bachar Al Assad, une condition rejetée en bloc par le gouvernement syrien qui a estimé que ce qui se passe en Syrie entre dans le cadre d’un plan occidental visant un changement de régime. Lors de sa dernière visite à Téhéran, le ministre syrien de la Réconciliation nationale a déclaré que l’idée de la démission du président Al Assad, réclamée en particulier par des pays étrangers, «est en principe totalement refusée».
D’après le ministre syrien, «l’ingérence dans les affaires syriennes est une violation de la souveraineté de la Syrie», et la solution à la crise passe par la fin de l’intervention étrangère et que l’opposition dépose ses armes. Le régime syrien avait appelé récemment l’opposition à des négociations, qui pourraient même inclure le départ d’Al Assad, mais des opposants ont accusé Damas de vouloir gagner du temps.
La Russie s’est également opposée aux appels à la démission du président syrien. Samedi, son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a estimé que l’approche occidentale consistant à réclamer une intervention extérieure et à poser la démission d’Al Assad comme condition préalable aux négociations est «irréaliste». «Nous n’avons pas de divergence sur ce qui devrait se passer en Syrie», a-t-il indiqué, «mais sur la façon de réaliser cet objectif, nous avons des désaccords assez sérieux», a-t-il toutefois précisé. Il a noté que certains collègues occidentaux et pays de la région appellent à une intervention étrangère, tandis que la Russie, la Chine ainsi que d’autres pays plaident en faveur d’un démarrage immédiat de négociations politiques impliquant toutes les parties syriennes. Selon M.Lavrov, considérer la démission du président Al Assad comme une condition préalable à un règlement politique est irréaliste, car un cessez-le-feu unilatéral n’aboutirait pas à une véritable paix ou à des négociations.
Le chef de la diplomatie russe a réitéré la position de la Russie, affirmant que Moscou «ne soutient aucun régime ni individu» dans la crise syrienne.
La Chine, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi a également appelé à des négociations en Syrie.
«Le dialogue politique est le seul moyen et la meilleure option pour résoudre la crise syrienne», avait déjà souligné M.Jiechi, ajoutant que «la communauté internationale doit s’en tenir au principe d’une solution politique à la crise». Sur le terrain, la situation continue de s’enliser en Syrie ou un attentat à la bombe a frappé hier un quartier du centre de Damas abritant des bâtiments des services de sécurité et le bureau du vice-président Farouk al-Chareh, selon la télévision d’Etat. Deux bombes ont fait quatre blessés à Abou Remmaneh, un quartier résidentiel chic où se trouvent de nombreuses ambassades, à proximité de la place ultrasécurisée des Omeyyades à Damas, a annoncé la télévision en parlant d’attentat terroriste.
Un groupe islamiste obscur, «la Brigade des petits-fils du Prophète», qui se présente comme proche de l’Armée syrienne libre (ALS, rébellion composée de déserteurs et de mercenaires) a revendiqué l’attentat sur sa page facebook, en affirmant qu’il s’agissait d’«une réponse aux massacres à Daraya et dans les autres villes».
Les attentats se sont multipliés ces derniers jours à Damas, où l’armée tente de nettoyer des poches rebelles.

lexpressiondz.com