Aller à…
RSS Feed

Lakhdar Brahimi, un Algérien pour concrétiser les plans des Occidentaux ?


Pressenti pour remplacer Kofi Annan en Syrie

Lakhdar Brahimi.jpg

 

Depuis, jeudi, la rumeur court dans les couloirs de l’ONU. Lakhdar Brahimi est pressenti pour succéder à Koffi Annan comme médiateur en Syrie. Selon des diplomates occidentaux cités par des agences de presse, les négociations autour de la nomination du diplomate algérien ne sont pas encore terminées et l’annonce de cette nomination pourrait avoir lieu en début de semaine prochaine. « C’est le choix du secrétaire général [de l’ONU, Ban Ki?moon] et sa nomination sera annoncée s’il ne décide pas de renoncer entretemps à ce poste », ont indiqué ces sources. Kofi Annan a démissionné la semaine passée de son poste d’envoyé spécial de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie en déplorant le manque de soutien des grandes puissances à sa mission.

Ce vendredi, Lakhdar Brahimi a publié un communiqué allant dans le sens d’une confirmation des rumeurs. Il a appelé aujourd’hui le Conseil de sécurité de l’ONU à s’unir. « Le Conseil de sécurité de l’ONU et les États de la région doivent s’unir pour permettre une transition politique dès que possible », a indiqué l’ancien ministre des Affaires étrangères algérien.
Le message de Lakhdar Brahimi est destiné essentiellement à la Russie et à la Chine, les deux pays membres du Conseil de sécurité qui s’opposent aux solutions proposées. Proche des monarchies du Golfe, particulièrement de la Jordanie et de l’Arabie Saoudite, Lakhdar Brahimi sait qu’il peut compter sur l’appui de la Ligue arabe, quitte à se brouiller avec Alger, plus proche des positions de Moscou et Pékin que de celle défendue par la Ligue arabe.
Ce vendredi, un diplomate à l’ONU, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué à l’AFP que l’ONU et le Conseil pourraient être amenés à réviser le plan de paix en six points de Kofi Annan. Le Qatar et l’Arabie saoudite, dans le cadre de la Ligue arabe, appuyés par les pays occidentaux, chercheraient en effet à profiter de la démission de Kofi Annan pour réaménager son plan de paix pour en faire une feuille de route avec comme principal objectif un changement de régime en Syrie. Ce dont la Russie, la Chine et même l’Algérie ne veulent pas entendre parler.
Âgé de 78 ans, Lakhdar Brahimi connaît bien le Moyen?Orient. Le diplomate a été envoyé spécial de l’ONU dans plusieurs points chauds de la planète et médiateur dans plusieurs conflits. En 1989, il a été l’un des artisans de l’accord de Taef qui avait mis fin à la guerre civil au Liban. Il a notamment représenté l’ONU en Afghanistan de 1997 à 1999, puis de 2001 à 2004 après le départ des talibans, ainsi qu’en Irak après l’invasion américaine de 2003. Cette fois, s’il acceptait de devenir l’envoyé spécial pour la Syrie, il affronterait l’une des missions les plus difficiles de sa carrière de diplomate. Sur le plan personnel aussi, cette mission pourrait le confirmer comme un grand diplomate ou faire de lui celui qui aura accepté de servir les intérêts occidentaux et de certaines monarchies du Golfe en Syrie.
0 0 votes
Évaluation de l'article

S’abonner
Notifier de
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments
0
Nous aimerions avoir votre avis, veuillez laisser un commentaire.x
()
x