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L’Algérie reste ferme sur l’ingérence dans les affaires intérieures de la Syrie.


 

Intervenant devant l’assemblée de la Ligue arabe dont les travaux ont pris fin à Doha (Qatar), le représentant du président de la République Algérienne, M. Sellal, a indiqué que l’Algérie ne saurait s’interposer entre les frères syriens, conformément au respect de la volonté du peuple syrien et à la nécessité de préserver son unité et son intégrité. Le Premier ministre algérien a ajouté que l’Algérie demeure convaincue du droit du peuple syrien à décider de son sort, loin de toute ingérence extérieure.

L’Algérie a apprécié «hautement» les efforts de l’envoyé conjoint Lakhdar Brahimi pour une «solution pacifique» à la crise syrienne qui «privilégie le dialogue», réitérant l’attachement de l’Algérie à la poursuite de ces efforts dans le cadre des principes de l’action arabe commune, notamment le respect de la souveraineté des pays membres. M. Sellal a rappelé la position «ferme» de l’Algérie concernant le respect des lois régissant l’action arabe commune et en premier lieu, la charte de la Ligue arabe, qui demeure, a-t-il dit, «la référence fondamentale» en la matière. L’Algérie, a-t-il dit, «n’a eu de cesse de rappeler cette exigence à chaque occasion notamment pour ce qui est de la situation en Syrie». «L’Algérie fidèle à son histoire et à ses principes, reste fermement convaincue du droit du peuple syrien frère à décider de son sort loin de toute ingérence dans ses affaires internes», a-t-il insisté. M. Sellal a évoqué les conséquences pouvant découler d’une ingérence étrangère, directe ou indirecte, qui risquerait d’exacerber la crise et de faire perdurer le conflit sanglant» outre ses implications graves sur la sécurité et la stabilité de la région. Le sommet de Doha se tient dans une conjoncture «exceptionnelle» renfermant moult enjeux et défis avec lesquels les dirigeants arabes doivent composer, a encore soutenu M. Sellal citant le blocage du processus de paix, la poursuite du blocus arbitraire qui frappe le peuple palestinien et le maintien des activités de colonisation par la partie israélienne. Face à cette situation, M. Sellal souligne l’impératif pour les pays arabes de recourir aux moyens admis par le droit international pour faire valoir les droits palestiniens d’autant plus, a-t-il souligné, que la Palestine a acquis la qualité de membre observateur aux Nations unies pour amener Israël à se conformer à la légalité internationale. «Ceci ne saurait se réaliser qu’avec la réorganisation des affaires internes palestiniennes, le resserrement des rangs, et la réconciliation tant attendue», a ajouté M. Sellal, saluant dans ce contexte les efforts déployés par l’Égypte et le Qatar. Le représentant du président de la République Abdelaziz Bouteflika a évoqué dans son discours la situation au Soudan, se félicitant de l’accord signé entre la République du Soudan et le Soudan du Sud, et mettant en relief le soutien de l’Algérie aux efforts de la commission africaine de haut niveau et à tout ce qui est de nature à l’ouverture d’une nouvelle étape de coopération et de complémentarité entre les deux parties. M. Sellal s’est félicité également de l’accord de cessez-le-feu conclu entre le gouvernement du Soudan et le Mouvement de la justice et de l’égalité pour mettre un terme au conflit et instaurer la paix dans le territoire du Darfour, exprimant le souhait de l’Algérie de voir se réaliser les aspirations escomptées du congrès des donateurs pour la reconstruction du Darfour prévu en avril prochain à Doha. Concernant les développements de la situation au Yémen, M. Sellal a exprimé le soutien de l’Algérie aux efforts du gouvernement yéménite pour la préservation de la stabilité et de la sécurité qui «sera confortée par le dialogue national global en cours et qui laisse entrevoir l’espoir d’un succès du processus de transition politique dans ce pays frère» un succès pouvant, selon M. Sellal «constituer un exemple à suivre pour le règlement de conflits similaires». Sur le dossier de réforme et de relance de la Ligue arabe portant sur la création d’une Cour arabe des droits de l’Homme, M. Sellal a considéré que cette démarche représente «une avancée nécessaire sur la voie du renforcement, du respect et de la protection des droits de l’Homme arabes». Les travaux du 24e sommet de la Ligue arabe ont été clôturés presque sans résultat concret pour le continent. Bien au contraire, le «feu vert» donné aux États arabes d’armer la rébellion syrienne ne fera qu’aggraver la situation dans ce pays et dont le seul perdant demeure le peuple syrien.

Moncef Rédha