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Le Caire : Sur les traces des descendants du prophète Mohamad


Publié par Gilles Munier sur 8 Mai 2022, 08:24am

Catégories : #Egypte, #Islam

Intérieur de la mosquée d’Al-Hussein

Par Nasma Réda (revue de presse : Al Ahram Hebdo – 20/4/22)*

La fin des travaux de développement de la place et de la mosquée d’Al-Hussein au Caire historique annonce le lancement du projet d’Al Al-Beit au Caire.

Une satisfaction règne parmi les fidèles de la mosquée d’Al-Hussein suite à la décision présidentielle de rouvrir ses portes à la prière pendant le mois du Ramadan. En fait, une décision avait été prise de fermer la mosquée afin de terminer les dernières touches des travaux de développement, de restauration et de réhabilitation. « La décision du ministère des Waqfs, en mars dernier, de fermer la mosquée pendant le mois du Ramadan a suscité la colère de tous les fidèles qui ont l’habitude de partager les jours de ce mois sacré entre les mosquées d’Al Al-Beit (la famille et les descendants du prophète Mohamad) au Caire, en particulier les mosquées d’Al-Hussein, d’Al-Sayéda Zeinab et d’Al-Sayéda Nafissa », dit le jeune Tamer, un des fidèles des mosquées d’Al Al-Beit.

En fait, les travaux ont commencé en décembre dernier, et c’est la société Masajed qui s’est chargée des travaux de restauration et de développement de la mosquée d’Al-Hussein après avoir signé un protocole avec le ministère des Waqfs. « Masajed vise à développer et à restaurer plusieurs mosquées en relation avec la famille du prophète. On a commencé notre projet par la mosquée d’Al-Hussein, qui vient dans le cadre du grand projet gouvernemental du Caire fatimide, lancé il y a presque une année, pour ressusciter le trajet d’Al Al-Beit », souligne Niazi Sallam, président du conseil d’administration de la société Masajed, soulignant que le budget de ce projet atteint 150 millions de livres égyptiennes. « Nous cherchons à faire de la mosquée d’Al-Imam Al-Hussein un endroit architectural de haute qualité, à l’exemple d’Al-Masjed Al-Haram du prophète Mohamad à Médine, en Arabie saoudite, avec une grande esplanade à l’extérieur », renchérit-il. Ce sont les compagnies Arab Contractors et Beka qui se chargent des travaux de restauration des inscriptions à l’intérieur de la mosquée, son dôme, son minaret et ses portes. « La grande cour extérieure fait actuellement partie de la mosquée. De nouveaux systèmes d’éclairage, de surveillance et de sécurité ont été appliqués. C’est un exemple minime d’Al-Haram du prophète », souligne Osama Talaat, chef du secteur des monuments islamiques, coptes et juifs au ministère du Tourisme et des Antiquités.

Les prières se poursuivent à la mosquée d’Al-Sayéda Zeinab

L’itinéraire d’Al Al-Beit

La restauration de la mosquée d’Al-Hussein et le réaménagement de ses alentours viennent dans le cadre de créer un itinéraire regroupant les monuments en relation avec les descendants du prophète Mohamad, essayant ainsi de ressusciter la beauté des monuments du Caire fatimide. Ainsi, une initiative a été lancée depuis l’année dernière par le gouvernorat du Caire sous ordre du président Abdel-Fattah Al-Sissi pour la réparation du circuit d’Al Al-Beit.

« La restauration et le développement des sanctuaires et des mosquées renfermant les corps des descendants du prophète Mohamad sont une étape tant attendue », a déclaré Mahmoud Al-Chérif, chef du syndicat d’Al-Achraf (les nobles ou les descendants du prophète Mohamad), dans un communiqué. « Ce circuit commémore la visite, la résidence, la mort et l’enterrement d’un grand nombre de la famille du prophète de l’islam, surtout les descendants de Ali Ibn Abi Taleb, son cousin, et le 4e calife des musulmans et mari de Fatma Al-Zahraa, fille du prophète », explique Gehan Abdel-Moneim, vice-gouverneur du Caire et cheffe de la région sud du Caire.

Le trajet commence depuis la place de la mosquée d’Al-Sayéda Zeinab, fille de l’imam Ali, venue en 680 en Egypte, où elle a été chaleureusement accueillie. « La mosquée d’Al-Sayéda Zeinab n’est pas enregistrée sur la liste du patrimoine égyptien islamique, alors que les deux dômes des imams Al-Atris et Al-Aidaros, situés dans l’enceinte de la mosquée d’Al-Sayéda Zeinab, ont été récemment inscrits parmi les monuments islamiques », affirme Talaat, qui nie complètement l’intervention du ministère du Tourisme et des Antiquités dans la réparation ou la restauration de la mosquée d’Al-Sayéda Zeinab. Il est à noter que cette mosquée est fondée pendant l’ère omeyyade (en Egypte jusqu’en 750), puis a passé par plusieurs phases de réforme et d’extension à travers les époques. Selon le gouvernorat du Caire, toute la place sera bientôt réaménagée, un garage pour les véhicules occupera une partie en face de la mosquée. A droite de la place, l’itinéraire du trajet conduit à la rue Abdel-Méguid Al-Labbane. « C’est par là que commence le trajet d’Al Al-Beit », décrit Abdel-Moneim, ajoutant que des voitures électriques vont transporter les visiteurs à travers cette rue dans une balade découvrant non seulement les monuments des descendants du calife Ali, mais aussi d’autres monuments islamiques qui sont sur les deux côtés de la rue, tels que le musée de Gayer Anderson construit aux XVIe et XVIIe siècles, la mosquée Ibn Toulon considérée comme la plus ancienne mosquée au Caire bâtie entre 876 et 879, en passant également par le dôme de Chagaret Al-Dorr, la sultane de l’Egypte pendant l’ère ayyoubide, ainsi que le parc patrimonial du quartier de Khalifa. « Les travaux d’infrastructure de la rue Abdel-Méguid Al-Labbane sont quasi accomplis », souligne Mahran Abdel-Latif, directeur du quartier de Sayéda Zeinab. « La rue Al-Labbane nous guide à la rue Al-Achraf au quartier de Khalifa. De nombreux dômes, mosquées, zawiya (petite mosquée) historiques remontant à la famille du prophète Mohamad occupent cette rue », indique le chercheur islamique Sameh Al-Zahar, assurant qu’au long de cette rue, se trouve la célèbre mosquée d’Al-Sayéda Nafissa, dite la dame sage, nièce d’Al-Hassan, fils de Ali Ibn Abou-Taleb. Selon Al-Zahar, cette rue n’a pas d’équivalent dans le monde entier, appelant à porter soin à la restauration et à la préservation de son caractère patrimonial. Une grande partie de la rue Al-Achraf sera transformée en un lieu pour piétons.

L’itinéraire continue et le visiteur peut découvrir aussi Machhad Roqaya, la fille d’Al-Hussein. La mosquée d’Al-Sayéda Nafissa, marque la fin de cette magnifique balade. « Vient ensuite la mosquée d’Al-Sayéda Aïcha qui est la nièce de l’imam Ali Zein Al-Abedine, descendant d’Al-Hassan, fils du calife Ali, enterré aussi dans une mosquée portant son nom à la place d’Al-Sayéda Aïcha », raconte Al-Zahar.

Avec ce projet ambitieux, l’Egypte vise non seulement les fidèles égyptiens venant des quatre coins du pays, mais en plus les adorateurs musulmans qui cherchent à faire des tournées spirituelles.

*Source : Al Ahram Hebdo

La mosquée d’Al-Hussein en quelques lignes

Par Nasma Réda (revue de presse : Al Ahram Hebdo – 20/4/22)**

Située à quelques kilomètres du centre-ville du Caire, la mosquée d’Al-Hussein est considérée comme étant l’une des plus importantes attractions touristiques religieuses.

Elle porte le nom d’Al-Hussein Ibn Ali Ibn Abi-Taleb, petit-fils du prophète Mohamad. Elle est fondée à l’époque fatimide (549 de l’hégire, en 1154) sous le règne fatimide d’Al-Zafir, et les historiens croient que la tête du martyr Al-Hussein y est enterrée. La mosquée est célèbre pour le fait de préserver le plus ancien manuscrit complet du Coran qui remonte au troisième calife, Osmane Ibn Affane. Elle renferme également, dans une salle fondée spécialement en 1893, sous ordre du khédive Abbas Helmi II, des monuments appartenant au prophète Mohamad, dont un échantillon de son vêtement, son récipient et applicateur du khôl, un morceau de son bâton et deux poils de sa barbe.

**Source : Al Ahram Hebdo

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