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Le chaudron du Moyen-Orient


dimanche 26 janvier 2014

La fondation Agoravox

par Louis Dalmas

Le chaudron du Moyen-Orient

On sait que le Moyen Orient est un chaudron de conflits maintenu en ébullition par un mélange d’intérêts impérialistes et de convictions religieuses. Les composants de la bouillie effervescente sont parfois difficiles à définir car ils se fondent dans la fournaise des combats. Pour s’y retrouver, il faut remonter jusqu’aux chefs de la cuisine géopolitique, et détailler pour chacun son quota d’ingrédients particuliers.

Arabie Saoudite. Essai de chantage.

La monarchie semble en perte de vitesse. Selon le quotidien palestinien Al Manar, les services de Renseignement US prévoient même sa chute en 2014. Le peuple serait de plus en plus mécontent et agité, et des groupes armés attendraient à la frontière du Yemen le moment d’entrer dans le pays et de s’attaquer aux palais royaux. Des centres de recherche aux Etats-Unis et en Grande Bretagne seraient en train d’étudier les conditions d’un changement de régime à Riyad et la meilleure façon d’en contrôler les effets.

Vrai ou faux, les rapports entre Washington et Riyad se sont rafraîchis depuis l’établissement de contacts entre les Etats-Unis et l’Iran. Selon Jay Solomon, d’Information Clearing House, le prince Turki al-Faisal, frère du ministre des Affaires étrangères Saoud al-Faisal, a déclaré brutalement en décembre, dans une interview au Wall Street Journal, que son pays, et les autres Etats du Golfe, avaient été abasourdis en apprenant que des discussions secrètes entre la Maison Blanche et Téhéran avaient eu lieu au plus haut niveau en mars 2013. Cette diplomatie confidentielle, dont l’Arabie Saoudite n’a été informée que tardivement, a fortement indisposé Riyad. A la Conférence de politique mondiale à Monaco, le prince a dénoncé la « criminelle négligence » des Etats-Unis et de l’ONU, qui ne sont pas intervenus de façon décisive en Syrie et surtout qui ont suspendu leur aide aux rebelles par peur de la voir tomber aux mains d’islamistes dangereux. L’accord de Genève entre Téhéran et le P5 + 1 (les membres du Conseil de sécurité plus l’Allemagne), obtenant que l’Iran gèle pendant six mois une partie de son programme nucléaire en échange d’un allègement de certaines sanctions, a renforcé l’irritation des Saoudiens. Selon Yesid Sayigh, du Carnegie Middle East Center à Beyrouth, ils se seraient résolus à un « divorce tactique » avec l’administration Obama. Du coup, ils se sont rapprochés d’Israël. Une orientation qui semblerait rétablir des liens plus solides avec le parrain historique américain de Tel Aviv, mais qui se heurte là aussi, à un certain refroidissement, dû au fait qu’Obama désapprouve la politique de Netanyahu d’extension des colonies juives et d’expulsion des Palestiniens.

Cela dit, l’argent nourrit la mégalomanie. Les Saoudiens sont assez riches pour se croire capables d’influer sur les événements mondiaux. C’est ce qu’a tenté de faire le prince Bandar bin Sultan, le tout-puissant chef des services de renseignement saoudiens. En coordination avec les Américains et quelques partenaires européens, et avec l’accord du roi Abdullah bin Abdul Aziz, il a obtenu de rencontrer Poutine pour débloquer la situation en Syrie. Un premier entretien a eu lieu en juillet 2013, dans une datcha aux environs de Moscou. Il a duré quatre heures. D’abord tenu secret, il a été révélé dans la presse russe puis détaillé dans le journal libanais As-Safir. En voici grosso modo la teneur.

Après les politesses d’usage, Bandar a proposé d’étudier un accord d’ensemble arabo-russe sur la gestion de la production pétrolière, le but étant de stabiliser les prix sur le marché mondial. « Nous comprenons l’intérêt porté par la Russie au pétrole et au gaz de la Méditerranée entre Israël et Chypre. Nous sommes conscients de l’importance du pipeline russo-européen. Parlant avec le soutien total des Etats-Unis, nous vous offrons une alliance avec le cartel de l’OPEC qui contrôlerait 45 % de la production énergétique. » Puis, passant du plan général au cas particulier de la Syrie, Bandar a énoncé les termes de son marché. « Vous cessez de soutenir Bashar al Assad. Après son expulsion, nous vous promettons de sauvegarder votre base méditerranéenne de Tartous. Nous vous garantissons de protéger les JO de Sotchi de tout attentat perpétré par les groupes tchetchènes que nous contrôlons. Vous réalisez que nous avons des intérêts communs à défendre face aux visées expansionnistes de l’Iran. Le nouveau gouvernement modéré et démocratique que nous installerons avec les Etats-Unis à Damas respectera les intérêts russes dans toute la région. »

Russie. Refus catégorique.

Après une visite discrète de Bandar à Paris en novembre 2013 (pour faire la leçon à Fabius ?), un second entretien Bandar-Poutine a eu lieu le 3 décembre 2013. Les deux rencontres ont été orageuses. Bandar a répété ses propositions assorties de menaces déguisées. Poutine y a répondu par un rejet sans fioritures. « Nous avons clairement défini notre opposition à la destruction de la Libye. L’Iran est un voisin avec lequel la Russie a de bons rapports depuis des siècles. Nous soutenons l’effort de Téhéran de se doter de carburant nucléaire à des fins pacifiques. Et nous l’avons aidé dans ce but. Nous sommes opposés à de nouvelles sanctions. En ce qui concerne la Syrie, notre attitude ne changera jamais. Nous considérons que le régime de Damas est le meilleur pour le peuple syrien. Lors de la réunion de Genève 1, les Américains avaient accepté que ce régime fasse partie de tout nouvel accord, ils sont revenus sur leur parole depuis. Nous avons réitéré la notre, et nous nous y tenons. Quant aux dangers auxquels nous nous exposons en refusant vos offres, nous savons que vous soutenez les groupes terroristes tchétchènes depuis des décennies et nous considérons que ce soutien est incompatible avec le combat commun contre le terrorisme que vous avez évoqué. Quant à Sotchi, si les salafistes mettent les pieds en Asie Centrale, nous les leur casserons. »

La fermeté de Poutine équivaut au déclenchement d’une guerre larvée. Selon le journaliste algérien Karim Bouali, « l’Occident mène une guerre à la Russie par terroristes interposés ». Une guerre qui a été lancée par Dokou Oumarov, le chef tchétchène autoproclamé de la rébellion islamiste dans le Caucase, dès l’échec du premier chantage de Bandar. Un premier attentat a eu lieu le 21 octobre 2013, dans un bus de Volgograd. Deux autres, les 29 et 30 décembre, dans la gare et dans un trolleybus, ont suivi. Toujours dans la ville symboliquement choisie qui portait jadis le nom de Stalingrad.

Après avoir gagné le bras de fer avec L’Europe en Ukraine et fait avorter les projets occidentaux d’agression de la Syrie, Poutine doit encore remporter une victoire : celle de sa sécurité intérieure. Il doit rendre impossible le sabotage d’une gigantesque entreprise qui lui tient à cœur, les Jeux Olympiques de Sotchi. Peut-être est-il bien parti : aux dernières nouvelles, Bandar serait en traitement maladie aux Etats-Unis et les Saoudiens envisageraient des changements d’orientation et de personnel…

Israël. Changement de stratégie.

L’Etat hébreu doit faire face à un changement de contexte. Son principal adversaire était le Hezbollah, qu’il pouvait combattre plus ou moins « tranquillement » pendant que le protégé syrien de son ennemi iranien était paralysé par la guerre civile entretenue de l’étranger. Il voyait avec satisfaction le fluctuant match nul des rebelles et des défenseurs de Bashar al Assad, trop occupés à s’entretuer pour être menaçants. Netanyahu en a profité pour annoncer, le 10 janvier 2014, la construction de 1.400 nouvelles unités d’habitation à Jérusalem-est et sur la Rive ouest. Une entreprise que les Etats-Unis qualifient « d’illégitime » et que le négociateur palestinien du processus de paix Saeb Erekat considère comme une « gifle » au secrétaire d’Etat John Kerry. De toute évidence, Netanyahu poursuit sa politique d’épuration ethnique qui alimente la réaction antisioniste à l’échelle internationale. Et il se voit doté d’un étrange allié de circonstance dans la lutte anti-terroriste – l’Arabie Saoudite – qui d’un côté alimente les djihadistes de la rébellion syrienne, de l’autre s’inquiète de l’émergence d’Al Qaeda dans le chaos irakien et de son renforcement militaire au sein de l’opposition à Damas.

C’est ainsi qu’Israël participe –avec éventuellement la Turquie – à la création dans l’opposition syrienne d’un ensemble destiné à faire pression sur Obama et à le pousser à plus de soutien. Le Front islamique – c’est le nom du nouveau bric-à-brac – comprendrait sept factions rebelles considérées comme « modérées » (c’est-à-dire guerroyant contre les fanatiques d’al-Nosra ou d’ISIS (l’Etat islamique d’Irak et de Syrie) et associerait Israël aux pays du GCC, le Conseil de coopération du Golfe (Bahrein, Koweit, Oman, Qatar, Arabie Saoudite et Emirats Arabes Unis). Cette bâtarde coalition arabo-israélienne s’est engagée à mettre six milliards de dollars dans l’opération, ce qui – ont souligné les Saoudiens devant le Congrès US et l’AIPAC (American-Israël Public Affairs Committee) – trancherait avec les six trillions de dollars qu’ont coûte les guerres américaines en Irak, Afghanistan et Pakistan. Netanyahu est un chaud partisan du projet, mais il est peu probable que les nouveaux alliés arrivent à surmonter les réticences d’Obama, qui cherche à se dégager du Proche-Orient pour se tourner vers l’Asie et le Pacifique.

De toute façon, ce flirt peu convaincant entre Bibi et Bandar n’est pas un antidote à l’isolement de l’Etat hébreu. D’autant moins que les rapports de ce dernier avec la Russie se sont dégradés après que Poutine a brillamment empêché l’agression occidentale de la Syrie – réclamée à corps et à cris par Israël – en obtenant la destruction des armes chimiques de Damas. Israël se retrouve moins bien vu par Washington, contré par Moscou, critiqué pour le sionisme du lobby juif, et désormais confronté à un ennemi sans visage, difficile à frapper avec précision. Résultat : des membres du gouvernement veulent modifier la stratégie. Parler moins des cibles habituelles de Netanyahu – le programme nucléaire iranien et le Hezbollah – et des attaques préventives à envisager à leur encontre, pour se concentrer sur une stratégie de défense : celle du « château fort assiégé ». Une sorte d’attente vigilante, assurée par une protection renforcée des frontières, un déploiement militaire intensifié et un Renseignement sophistiqué. Selon le général Yaakov Amidrov, récent conseiller en sécurité nationale et ex-haut responsable du Renseignement militaire, il s’agit de « patienter, et consolider la garde de la forteresse ». Pour le moment, les sorties ne sont pas à l’ordre du jour.

Etats-Unis. Dégagement et précautions.

La facture des interventions américaines pèse lourd, et les résultats en Irak, en Libye, en Afghanistan, en Syrie ou au Soudan sont accablants. Obama commence à s’en rendre compte. En Irak, la désillusion est dramatique. Voici ce que disait en mars 2012, Anthony Blinken, aujourd’hui conseiller national à la sécurité US : « L’Irak est moins violent, plus démocratique et plus prospère qu’à n’importe quel moment de son histoire ». Un mirage délirant à comparer au chaos actuel où Al Qaeda, de mieux en mieux organisé et armé, vient de s’emparer des deux villes les plus importantes de la province d’Anbar : Falluja – lieu d’un des combats les plus durs et les plus meurtriers de la guerre – et Ramadi. Pas plus que le gouvernement de Karzaï en Afghanistan, celui de Maliki en Irak n’est capable d’empêcher l’écroulement de l’Etat et la victoire des fanatiques après le départ des Occidentaux. Au Liban, en écho au progrès des intégristes syriens, des bombes éclatent dans le centre de Beyrouth.

Non seulement la situation se dégrade, mais les acteurs sont de plus en plus déplaisants aux yeux de la Maison Blanche. L’Arabie Saoudite se propose de faire ce que personne n’avait osé jusque là : donner trois milliards de dollars à l’inexistante armée libanaise pour qu’elle attaque le Hezbollah et déclenche la guerre civile aussi au Liban. Israël bloque le processus de paix avec les Palestiniens en poursuivant sa politique de colonisation. En Syrie, l’opposition à Bashar al Assad est de plus en plus dominée par les fondamentalistes musulmans. En diplomatie internationale, le rival Poutine vole de succès en succès en détournant l’Ukraine de l’Europe, en faisant préférer son pipe-line South Stream au concurrent Nabucco et en désamorçant l’agression occidentale de la Syrie. Bref, un théâtre d’opérations où les échecs s’accumulent. Et où les ressources énergétiques sont moins essentielles, remplacées « at home » par les gaz de schiste, les sables bitumineux et de nouveaux gisements découverts au Canada.

Tout cela fait que la puissance impériale a tendance à se délocaliser vers l’Extrême-Orient. La Corée du Sud se rapproche de Beijing, le Japon rue dans les brancards et l’encerclement militaire de la Russie (déjà pratiquement achevé) doit être complété par un contrôle équivalent de la Chine. Ce sont des problèmes posés par le Pentagone auxquels Obama est électoralement obligé de s’attaquer. Et qui justifient qu’il prenne du recul par rapport au Moyen-Orient.

Reste une tâche importante, qui est devenue une priorité aux Etats-Unis. La traque et la surveillance des volontaires occidentaux revenant de leurs combats dans l’opposition syrienne. Selon les autorités américaines du Renseignement et de l’anti-terrorisme, les groupes liés à Al Qaeda repèrent sur place les étrangers, les regroupent dans les territoires qu’ils ont pris aux forces gouvernementales, et les soumettent à un endoctrinement intensif qui les transforme à leur retour chez eux en agents pouvant perpétrer des attentats. Les détecter n’est pas un mince travail, car leur nombre atteint des milliers, et on leur a appris à bien se camoufler.

Iran. Rapprochement avec les Etats-Unis

L’expérience démontre que la politique d’étouffement économique pratiquée par l’Occident au moyen de sanctions en tous genres pour venir à bout de pays qui ne s’aplatissent pas devant Washington, produit le contraire du résultat désiré. Elle soude le peuple étranglé dans un consensus patriotique derrière les dirigeants visés. Tel a été le cas hier à Cuba, en ex-Yougoslavie, en Irak, en Libye ; tel est le cas aujourd’hui en Iran. Cela dit, elle n’est pas sans effet. Le nouveau président iranien, Hassan Rouhani, se rend compte avec pragmatisme de l’affaiblissement de son économie et des souffrances de son peuple. Solide allié de D’Assad, il cherche à consolider sa position de puissance chiite de la région au prix d’un rapprochement avec les Etats-Unis. Le 6 janvier, l’Iran a proposé de se joindre aux Etats-Unis dans l’envoi d’une aide militaire au gouvernement chiite de Bagdad, en pleine bataille avec les militants sunnites de la province d’Anbar. Une offre qui s’inscrit dans une évolution datant de plus d’une année. Au printemps dernier, des entretiens secrets ont eu lieu en Oman et à Genève, jetant les bases d’une reprise de relations qui ont abouti, en novembre 2013, au premier accord nucléaire signé depuis dix ans.

Selon Aziz Shahmohammadi, ex-membre du Suprême conseil national de la sécurité, « il est clair que nous abordons un terrain commun avec les Etats-Unis. Aucun pays ne doit avoir un ennemi éternel, ni nous, ni eux. » Et pour preuve de son ouverture d’esprit, Rouhani a présenté ses vœux de bonne année à tous les chrétiens sur son compte twitter.

Cette nouvelle stratégie de Téhéran, complétée par la coopération avec la Russie dans le soutien de la Syrie, est une habile offensive contre le grand rival sunnite de la région, l’Arabie Saoudite. Elle modifie de fond en comble la distribution des cartes dans le Moyen-Orient.

Qatar. Un grand tournant.

Ali Hashem, dans un grand article du journal Al-Monitor, fait état d’un important changement dans la politique extérieure du Qatar. Généreux sponsor depuis deux ans, avec la Turquie, d’une des fractions de l’opposition à Assad, l’ASL (l’armée syrienne libre), Doha s’est rendu compte que son protégé s’enlisait dans des combats internes avec les forces liées à Al Qaeda (le Front Al-Nostra et l’Etat islamique en Irak et au Levant) et soutenues par l’Arabie Saoudite. L’émirat a décidé de se ranger désormais du côté des éléments du conflit qui recherchent la paix par une solution politique. Une autorité qatariote s’est rendue en décembre au Liban où elle a rencontré Seyyed Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah. Cela a été la première rencontre de ce genre depuis deux ans. Selon une source arabe anonyme, il n’y aurait encore aucun lien direct entre le Qatar et le gouvernement syrien, mais le nouvel ambassadeur du Qatar à Beyrouth aurait eu un long entretien avec le Cheikh Naïm Qassem, le sous-sectétaire général du Hezbollah libanais.

Syrie. Des dizaines de milliers de mercenaires.

Inutile de répéter ce que commencent à constater nos grands médias, malgré leur parti pris anti-Assad, à savoir les progrès des forces gouvernementales sur les fronts de la guerre civile et la radicalisation islamique croissante d’une opposition chaotique, dont les éléments majeurs rejettent la « démocratie impie » de l’Occident et militent pour l’établissement d’un Etat musulman gouverné par la charia. Contentons-nous d’évoquer, pour ceux qui douteraient encore de la manipulation étrangère, la composition de la soi-disant « révolte populaire » contre Damas. Déjà en janvier 2013, la seule Légion étrangère islamiste, financée à l’époque par le Qatar et l’Arabie Saoudite, comptait 65.000 hommes, selon des confidences recueillies dans l’entourage de Lakhdar El Ibrahimi, l’envoyé spécial de l’ONU en Syrie et corroborées par des sources diplomatiques arabes présentes à Beyrouth et à Amman. Cette force se décomposait comme suit : « Les Libyens (15.000) et leur nombre augmente continuellement ; les Tunisiens (10.000 ) et non 3.500 comme rapporté par la presse tunisienne ; les Libanais (10.000) payés chacun 500 dollars/mois par la famille Hariri ; les Turcs (10.000), chiffre avancé par l’opposition turque ; constituent le fer de lance de cette armée de mercenaires islamistes. Le reste ce sont les Jordaniens (4.000), les Irakiens ( 5.000), les Tchétchènes ( 1.000), les Egyptiens ( 1.500), les Africains, Maliens et Sénégalais, les Palestiniens (quelques centaines), les Bosniaques (1.000), Grande Bretagne ( 500), la France (100), l’Australie (100) les Saoudiens (3.500), les Yéménites (1.500) alors que le chef d’Al Qaïda au Yemen, Tariq al-Fadhli, qui était un proche de Ben laden, est en train de recruter au Sud de ce pays 5.000 hommes à envoyer en Syrie, les Koweïtiens (300), les Afghans venus des pays du Golfe et des Emirats Arabes (700), les talibans pakistanais (1.500), présents quant à eux du côté des frontières avec l’Irak. Rappelons que ces chiffres ne concernent qu’une partie des forces étrangères et datent du début de 2013. La dissimulation de leur importance par nos tendancieux médias donne une idée des mensonges de notre information.

France. Politique étrangère catastrophique.

Le subtilités de ce tour d’horizon sont hors de portée de notre agonisant Quai d’Orsay. On a peine à commenter la politique étrangère de la France, tant elle est pitoyable. Sarkozy l’avait déjà ensanglantée en étant l’assassin de Kadhafi aux ordres de Washington. Hollande et Fabius achèvent de la dégrader en prenant des décisions désastreuses. Les incursions au Mali et en Centrafrique s’embourbent dans les missions impossibles d’éliminer un ennemi invisible et de fabriquer un gouvernement inexistant. Des aventures sans résultats qui ravagent le budget militaire et coûtent cher aux contribuables. Et qui deviennent de plus en plus impopulaires. Selon un sondage de l’IFOP publié le 5 janvier dans Sud-Ouest Dimanche, le soutien de l’opération Sangaris en Centrafrique a baissé de 10 % en un mois. Mais le pire est encore la constance imperturbable avec laquelle sont faits les mauvais choix en politique étrangère. Ignorant avec superbe la composition de la rébellion syrienne, Fabius prend le parti d’une opposition de plus en plus imbibée de fanatisme musulman, acharnée à détruire toute laïcité dans l’islam. Il se range du côté le plus sectaire de l’islam, la mouvance sunnite, au lieu de nous lier aux chiites plus ouverts. Il se ridiculise en étant le seul à contester tout rapprochement entre les USA et l’Iran. Il mendie les milliards de l’Arabie Saoudite en se collant à la dictature sur le déclin de Riyad, avec un zèle que ne manifestent même plus les Etats-Unis. Son numéro de nain néocolonialiste, déguisé en camelot mensonger d’une imaginaire « paix démocratique », ne cesse de détériorer l’image de la France, qu’il rabaisse au rang de roquet européen.

Ce bref regard sur la bouilloire du Moyen Orient n’en éclaire que quelques aspects. Il est loin d’en épuiser le contenu, auquel manquent entre autres les assaisonnements de la guerre chiite-sunnite et du désordre irakien. Puisse-t-il cependant, même incomplet, contribuer à une meilleure connaissance de ce qui s’y mijote…

Louis DALMAS.

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