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Les Américains doivent accepter leur défaite, sinon…


 

Par Ghaleb Kandil

Le président américain Barak Obama s’est empressé d’appeler son homologue russe Vladimir Poutine dès la publication par l’ambassadeur de Russie au Conseil de sécurité d’un communiqué faisant assumer à la Conférence de Rome et à son parrain, le secrétaire d’Etat John Kerry, la responsabilité de la poursuite du soutien aux extrémistes et au terroristes en Syrie. Il a été convenu, lors de cette conversation, d’organiser une réunion urgente entre les chefs des diplomaties des deux pays pour élaborer un nouveau plan au sujet de la crise syrienne.

 Le message ferme de la Russie sous-tend une position encore plus ferme communiquée récemment par le commandement syrien à Moscou. Les dirigeants syriens avaient fait preuve d’une grande flexibilité et avaient multiplié les déclarations positives depuis le discours du président Bachar al-Assad, le 7 janvier. Dans ce discours, le chef de l’Etat syrien avait proposé un plan de sortie de crise après des concertations avec la Russie, la Chine et l’Iran, qui en avaient auparavant discuté avec certaines composantes des oppositions syriennes, Celles-ci avaient organisé une réunion à Genève pour choisir la voie du dialogue et rejeter les actes terroristes et les interventions étrangères.

 Cependant, les dernières mesures américaines, qui consistent à envoyer de nouvelles cargaisons d’armes aux rebelles syriens et la tenue de propos conciliants envers les parties syriennes et régionales les plus extrémistes, sont en contradiction avec le climat positif récemment répandu par la diplomatie russe. Ces aspects positifs, imposés par des rapports de forces politiques et militaires, s’étaient traduits par le retrait de la condition à tout dialogue consistant au départ préalable du président Assad.

 Le commandement syrien mesure les positions américaines sur le terrain. Il sait pertinemment que la Turquie, l’Arabie saoudite, le Qatar, la Jordanie, la France, la Grande-Bretagne et les parties libanaises impliquées en Syrie, se répartissent les rôles. Damas sait que les chambres d’opérations installées en Turquie sous la supervision directe d’officiers américains sont plus actives que jamais. De même, les chambres d’opérations médiatiques à Dubaï, au Caire et à Beyrouth poursuivent leurs campagnes acharnées contre la Syrie.

 Les dirigeants syriens testent à ces niveaux les véritables intentions des Américains et celles-ci sont plus belliqueuses que jamais.

 La première clause du plan du président Al Assad, concernant le mécanisme de l’arrêt de la violence, qui repose sur la fin du financement, de l’armement et de l’entrainement des terroristes qui sévissent en Syrie, est l’examen de passage pour les intentions des Américains. L’opportunité de la solution politique accordée par la Syrie ne durera pas longtemps et l’Armée arabe syrienne ne donnera pas aux agresseurs plus de temps.

 Limiter les pertes dans les rangs militaires et civils est une des priorités du commandement syrien qui a privilégié dès le début la solution politique à la crise. Mais si les Etats-Unis ont décidé de jouer la politique du bord du gouffre et d’adopter un double langage, l’armée et le peuple syrien sont disposés à payer le prix qu’il faut pour détruire les agresseurs et imposer le fait accompli à l’empire américain décadent.

 Le chef de la diplomatie russe, Serguei Lavrov, informera son homologue américain que Washington doit cesser de tergiverser et doit payer le prix politique et moral pour obliger ses auxiliaires arabes, européens et régionaux, impliqués dans la guerre universelle contre la Syrie, à faire marche arrière. Surtout que les Américains ont préparé la voie à ce retournement en mettant en garde contre le danger que représentent les groupes terroristes qu’ils ont eux-mêmes créés et alimentés en Syrie.

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