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Les informations du « photojournaliste Mani », pour Le Monde.


 Par Mère Agnès-Mariam de la Croix

 
 
 
 
 
 
 
photo de l’article du Monde avec la légende « Dans la cour du centre de santé de Karam Al-Zaltoun sont étendus les corps de la famille syrienne massacrée.
Chers tous,
J’ai reçu d’un très cher ami un article du Monde du 28.01.12 intitulé « Il est 16h30, un massacre a eu lieu à Nasihine… » Me demandant « comment l’interprétez-vous ». Et ajoute : « Je trouve toutes ces informations très tristes ».
Pour répondre à cette interrogation j’ai fait mon enquête depuis le matin. Je n’ai reçu de réponse définitive que la nuit vers 21 heures. La raison est que la région en question est totalement coupée d’accès par les bandes armées. Personne ne peut y pénétrer. Il a fallu retrouver la famille des victimes.
 
Le quartier Nazihin est quartier mixte alaouite-sunnite, comme le dit l’article, limitrophe au quartier de Zahra, entièrement alaouite, que nous connaissons bien pour l’avoir visité deux fois avec des journalistes indépendants.
Le quartier de Nâzihîn est bloqué depuis 20 jours. Les bandes armées ont réussi à le soustraire totalement aux forces de l’ordre. Ils ont forcé la cinquantaine de familles alaouites à émigrer en brûlant leurs maisons ou en les menaçant des pires exactions.
 
Cette version contredit celle que rapporte le journal Le Monde qui, avec les médias mainstream, a tendance à toujours cacher les malfaiteurs.
 
Que s’est-il donc passé ?
Le jeudi dernier une grande explosion a été entendue dans le quartier. D’aucuns pensent qu’il s’agit d’un accident pour mauvaise manipulation des charges explosives artisanales fabriquées par les insurgés. Toujours est-il que l’explosion a provoqué un incendie et a tué sur le coup quelques personnes adultes. Des hommes armés se seraient introduits ensuite dans l’immeuble pour achever les survivants .
 
Un massacre de 12 personnes innocentes.
De qui s’agit-i ? Qui a perpétré un crime aussi ignoble.
Il s’agit de la famille de Abdel Ghani Bahader. Qui est-il ?
Il est le frère de Ghazouan Bahader, chauffeur du bureau du Gouverneur de Homs. C’est ce dernier qui témoigne.
« Nous sommes une famille sunnite dont les membres sont fonctionnaires de l’Etat. Moi et mon frère nous nous sommes toujours tenus éloignés des manifestations. Nous voulons être neutres. Ni avec les uns ni avec les autres.
 
Cela n’a pas empêché les insurgés d’attaquer plusieurs fois ma voiture lorsque j’allais à mon travail à la Municipalité, me soupconnant d’être pro-régime.
Depuis trois jours, la secrétaire du Gouverneur de Homs a entendu Abdel Ghani lui dire qu’il cherchait à déménager de Nâzihîn à Bab Sbah, près de chez moi. Elle est surprise, puisqu’elle croyait Bab Sbah plus dangereux que Nâzihîn, Abdel Ghani répond qu’il avait été sollicité par les bandes armées pour entrer dans l’Armée Libre de la Syrie. Mais il a refusé et désormais c’est du harcèlement menaçant.
Abdel Ghani n’a pas eu le temps de déménager. Les bandes armées ont réalisés avec sa famille une opération de dissuasion exemplaire : quiconque parmi les sunnites résiste aux ordres des membres de l’Armée Libre de Syrie aura son sort semblable à ce collabo du régime.« 
 
Comme d’habitude les bandes armées qui ont perpétré le massacre l’ont mis à contribution pour accuser le régime. En l’absence des observateurs arabes le Gouvernement demande à n’importe quelle instance humanitaire de venir faire son enquête à Homs pour dêméler les circonstances du drame. Ghazouan, le frère de Abdel Ghani, est prêt à répondre à vos questions.
Un détail digne d’attention. Dans l’article du Monde il est question du dispensaire de Karm Zeitoun. D’après les riverains, il y a une impossibilité physique de se déplacer de jour comme de nuit du quartier Nâzihîn au dispensaire de Karm Zeitoun. C’est extrêment dangereux.
 
Une fois qu’ils ont capturé un quartier les insurgés ne le quittent plus. Aussi tout ce qui est relaté d’un va-et-vient au dispensaire est de la fumisterie. Les victimes n’ont jamais été dans un dispensaire. La preuve : les corps ne sont pas préparés comme on le fait dans un dispensaire mais comme on le fait dans un milieu civil musulman. ils sont à même le sol et non pas sur des civières comme cela aurait dû être le cas si un dispensaire les avait accueillis. De plus, où sont les voisins pour pleurer les victimes comme cela se passe spontanément en Orient ? On ne voit que le photographe et un autre personnage, seuls, dans un décor de théâtre.
 
L’opération est un de ces coups montés contre lesquels nous nous élevons à juste titre car il utilise les civils non protégés comme chair à canons pour une finalité de propagande.
Les bandes armées ont caché les corps et refusent de les laisser examiner par les médecins légistes pour établir les causes des décès.
Conclusion : C’est une preuve de plus de l’implacable cruauté de la désinformation médiatique qui tourne, à base de chair humaine fraîchement sacrifiée pour pouvoir en attribuer la responsabilité au régime. En quête d’évidences pour accabler une dictature, on suscite et instrumentalise la mort des civils pour en faire « matière » à reportage. La chair vive sacrifiée sert lâchement de matière à une campagne médiatique tendancieuse.
 
Dommage pour Le Monde de s’enfoncer encore davantage dans la couverture de ce qui devient un crime contre l’humanité.
 
Mère Agnès-Maryam de la Croix

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