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Les Occidentaux vont-ils pouvoir mettre le feu à la Syrie ?


par Jean LEVY

dimanche 1er septembre 2013,
par Comité Valmy

Malgré le répit de quelques jours, imposé par le refus des peuples
d’une nouvelle guerre d’agression impérialiste

La semaine passée, le déclenchement des opérations militaires nous était présenté comme une question d’heures…

Les médias – mais aussi François Hollande – annonçaient des frappes « avant le 4 septembre », le président français précisait que celles-ci auraient lieu AVANT le débat au Parlement, prévu ce jour-là.

Télés, radios, journaux, cartes à l’appui, dessinaient le contour de l’agression imminente…

Las, depuis deux jours, changement de ton.

Les peuples d’Europe et d’Amérique faisaient entendre leur voix.

Premier résultats : en Europe, l’Allemagne et l’Italie déclarent forfait. En Grande-Bretagne, où l’opinion grondait, David Cameron, le Premier ministre, pourtant va-t-en guerre, s’est vu contraint de soumettre la décision à un vote préalable de la Chambre des Communes. Et celle-ci, contre toute attente, a refusé la guerre, trente députés conservateurs ayant rejoint par leur vote négatif les travaillistes, malgré les pressions de Laurent Fabius, dépêché sur place.

David Cameron s’est incliné : après le Canada, la Grande-Bretagne, pourtant l’alliée la plus soumise à Washington, ne participera pas aux opérations projetées.

Malgré ce revers de taille infligé au camp belliciste, le président français restait de marbre : la France, selon lui, et malgré la défection anglaise, participerait, même seule aux côtés des USA, à l’agression militaire contre la Syrie.

François Hollande accélérait les préparatifs de l’intervention française, qui devait toujours avoir lieu avant le débat – sans vote – du Parlement le 4 septembre…

Pourtant, l’opinion publique de notre pays refusait à 64% l’option militaire, déjà rejetée dès la première heure par les militants anti impérialistes – le Collectif communiste Polex, le Comité Valmy, le PRCF, les Rouges Vifs de Marseille, les communistes de Vénissieux, mais aussi par le PCF, le Mouvement de la Paix – qui manifestaient dès jeudi 29 mai à Paris et en province. Ce refus de la guerre s’étendant sous des formes diverse à des fractions de la droite, Debout la République, au Modem, à des secteurs de l’UMP, contrainte aujourd’hui officiellement à réclamer un vote préalable du Parlement français…

Aux Etats-Unis mêmes, l’opinion étant majoritairement hostile à l’engagement dans un nouveau conflit, Barack Obama doit en tenir compte et, samedi le 31 août, annonce qu’il soumet l’option militaire américaine à un vote préalable du Sénat et de la Chambre des Représentants, réunis seulement à partir du 9 septembre…

Ainsi, face à un monde hostile à un nouveau conflit, gros des menaces d’une troisième guerre mondiale, les Etats-Unis ne sont plus en capacité d’imposer unilatéralement leur domination impérialiste. Les vetos de la Russie et de la Chine, la fermeté de leurs mises en garde, la condamnation sans équivoque de l’interventionnisme occidental par les nations libérées d’Amérique latine, les BRICS également, mais aussi par des alliés des USA, telle l’Egypte, ont crée un nouveau rapport de force dans le monde, alors qu’il y a vingt ans, voire dix ans et dans les toutes dernières années, les Etats-Unis et leurs alliés pouvaient unilatéralement intervenir militairement dans les Balkans, en Afghanistan, en Irak, en Afrique comme en Libye ou au Mali.

Donc, la paix du monde vient d’obtenir un sursit.

Mais un simple sursit.

L’impérialisme US, obligé de temporiser, n’a pas dit son dernier mot. Il nous reste quinze jours pour amplifier la riposte de notre peuple. Et seulement deux jours pour contraindre le pouvoir, en France, à non seulement organiser un véritable débat au Parlement, mais aussi un vote préalable de celui-ci avant toute décision française. Et mettre ainsi chaque député et sénateur devant ses responsabilités, face à l’opinion de nos concitoyens.

Pour l’instant, François Hollande et son parti, dit « socialiste », restent figés sur leur refus de consulter les représentants du peuple français. Le président de la République, son gouvernement, les parlementaires PS, s’en tiennent, pour le moment, à la position aventuriste de l’option militaire sans blanc sein du Parlement.

Mais leur position devient chaque heure plus intenable après les exemples britannique et américain, et face à l’opposition grandissante du peuple français.

Il reste, crions-le bien fort, deux jours pour imposer le 4 septembre, un vrai débat parlementaire suivi d’un vote négatif.

Organisons, dès à présent, la mobilisation de tous ceux, quelle que soit leur couleur politique, refusent de voir entrainer la France dans de terribles aventures militaires, qui pourraient déboucher sur une troisième guerre mondiale.

Et pourquoi pas, des rassemblements quotidiens, avec l’objectif de mobiliser

mercredi 4 septembre,

face à l’Assemblée Nationale ?