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Manifeste internationaliste contre la guerre et la paix capitaliste en Ukraine…Tridnivalka


les 7 du quebec

ven. 12 août 1

Manifeste internationaliste contre la guerre et la paix capitaliste en Ukraine…Tridnivalka

Oeil de faucon

Août 12

Manifeste internationaliste contre la guerre et la paix capitaliste en Ukraine…

« Leurs guerres ! Nos morts ! » C’est sous cette bannière que des
prolétaires radicaux se démarquèrent des défilés pacifistes organisés
en mars 2004 dans les rues d’Espagne après les attentats massacres
perpétrés à Madrid qui firent plus de 200 morts. C’est cette consigne
défaitiste qu’ils mirent en avant en réponse à l’engagement militaire
de l’Espagne en Irak et à la « guerre contre le terrorisme » imposé
par l’Etat capitaliste mondial et sa succursale espagnole, se faisant
ainsi l’écho des nombreuses manifestations historiques du défaitisme
révolutionnaire qui jalonnent le développement des sociétés de classe
et donc de la lutte de classe, de la guerre de classe.

En tant que prolétaires sociaux-révolutionnaires, communistes,
anarchistes…, nous n’avons absolument aucun intérêt matériel à nous
ranger d’une façon ou d’une autre du côté de l’Etat capitaliste et de
sa démocratie, quel qu’il soit, du côté de nos ennemis de classe, de
nos exploiteurs, de ceux qui, la baïonnette au fusil, nous ont
toujours rendu « plomb, mitraille, prison » lorsque nous luttons et
descendons dans la rue pour revendiquer notre humanité. Et cela,
quelle que soit la nature et l’orientation politique, le régime en
place dans la patrie A ou dans la patrie B qui s’affrontent dans un
conflit inter-étatique pour des intérêts de conquête et de pouvoir qui
sont les leurs. Nous n’exprimerons jamais aucune solidarité avec aucun
de nos exploiteurs !

Leurs intérêts ! Nos morts ! Nous ne prenons position pour aucun des
Etats en conflit, que l’un soit catégorisé selon la morale politique
bourgeoise dominante comme étant « l’agresseur » et l’autre «
l’agressé » ou vice versa. Leurs intérêts respectifs en jeu sont
exclusivement les leurs et en opposition totale à ceux de la classe
exploitée, c’est-à-dire nous autres prolétaires ; c’est pourquoi,
en-dehors et contre tout nationalisme, tout patriotisme, tout
régionalisme, tout localisme, tout particularisme, nous affirmons haut
et fort notre internationalisme !

Le prolétariat, en tant que classe révolutionnaire, n’affiche aucune
neutralité envers aucun de ses exploiteurs qui s’affrontent dans la
redistribution de leurs parts de marché, mais bien du contraire il les
renvoie dos à dos comme étant les deux faces d’une même réalité, le
monde de l’exploitation d’une classe par une autre, et il exprime sa
profonde solidarité avec tous les secteurs de notre classe qui
subissent les assauts démultipliés de l’un ou l’autre de ses ennemis
historiques. Mais qu’on nous comprenne bien, jamais à tout jamais nous
ne dénierons aux prolétaires la nécessité impérieuse de se défendre
contre toute agression, répression, torture, massacre…

Et ici, en l’occurrence, les prolétaires en Ukraine n’ont plus
désormais en face d’eux seulement leur ennemi habituel, quotidien,
c’est-à-dire l’Etat ukrainien « agressé » et ses bourgeois locaux
(appelés « oligarques » pour mieux occulter leur véritable nature de
classe, comme s’ils étaient différents de tous les autres capitalistes
ailleurs dans le monde), ils ne doivent plus subir non seulement les
attaques de leur propre bourgeoisie (avec les baisses de salaire, les
licenciements, l’économie de guerre, la répression des mouvements de
grève qui s’ensuivent), mais depuis le 24 février de cette année, ils
doivent aussi affronter l’offensive militaire de l’Etat « agresseur »
des capitalistes russes avec leur armée, leurs bombardements, leurs
missiles, leurs massacres quotidiens…

Leurs Nations ! Nos morts ! Et à tous les bellicistes de gauche et
d’extrême gauche du Capital qui accuseront une fois encore les
révolutionnaires d’être « neutres » et de ne pas « prendre parti »,
nous leur répondons que c’est tout le contraire que nous proposons
dans ce manifeste et dans notre activité militante en général : nous
prenons indéfectiblement position pour le parti du prolétariat et la
défense de ses intérêts historiques et immédiats, nous prenons parti
pour son action de subversion de ce monde de guerre et de misère, nous
prenons parti pour le développement, la généralisation, la
coordination et la centralisation des actes déjà existants de
fraternisation, de désertion, de mutinerie des deux côtés du front,
contre les deux belligérants, contre les deux Etats, contre les deux
nations, contre les deux fractions locales de la bourgeoisie mondiale…
Nous prenons parti pour l’extension de ces luttes et leur liaison
organique comme moments d’une totalité avec toutes les luttes en cours
depuis plusieurs mois, partout sous le soleil noir de la dictature
sociale du Capital, que ce soit au Sri Lanka, au Pérou, en Iran, en
Equateur ou en Lybie…

Nous prenons parti pour le développement du troisième camp, le seul
camp qui défende les intérêts globaux du prolétariat dans sa lutte
immédiate et historique contre l’exploitation, le travail salarié, la
misère et la guerre. Ce troisième camp, c’est celui du prolétariat
révolutionnaire internationaliste qui s’oppose à tous les camps
bourgeois bellicistes en présence, c’est le camp de nos frères et
sœurs de classe qui luttent pour leurs propres intérêts, qui sont
antagoniques aux intérêts de tous ceux qui défendent la propriété
privée, l’argent et l’ordre social qui va avec…

Leur paix ! Notre exploitation ! Si nous rejetons catégoriquement
toutes les guerres bourgeoises, où le prolétariat ne sert que de chair
à canon, quel que soit le camp dans lequel il est incorporé, nous
rejetons tout autant et avec la même force « la paix » qui n’est
jamais que le moment inversé mais complémentaire de « la guerre ». La
paix n’est qu’un moment de reconstruction entre deux guerres, car la
guerre est nécessaire au Capital pour résoudre provisoirement les
crises inhérentes à son mode de production. Mais la guerre est aussi
le moment suprême de la paix sociale, et cette dernière n’est jamais
que la matérialisation de la guerre permanente menée contre notre
classe à travers l’exploitation de notre force de travail, la
marchandisation de nos vies et l’aliénation de nos existences.

Pour en revenir à l’Ukraine, nous tenons à souligner ici que si nous
nous opposons fermement au soutien d’un camp quelconque dans la guerre
qui sévit actuellement, qui n’est jamais qu’une guerre inter-étatique,
si nous refusons de prendre parti pour l’un ou l’autre des
belligérants bourgeois, tant « l’agressé » ukrainien « occupé » que «
l’agresseur » russe « occupant », notre jugement est différent et même
antagonique lorsqu’on analyse les événements qui sont survenus juste
quelques semaines avant le début de la guerre en Ukraine. Nous voulons
parler ici de la répression militaire déclenchée au Kazakhstan et de «
l’occupation » de ce pays par des troupes d’élite de l’armée russe :
une « occupation » n’est pas forcément égale à une autre !

Nos révoltes ! Nos morts ! Manifestement, personne n’a été choqué, ou
très peu l’ont été, par la répression envers le soulèvement ouvrier au
Kazakhstan de janvier dernier, et pour cause. Pas même en occident, où
finalement les capitalistes ont très vite compris que la bourgeoisie
russe, en « envahissant » le Kazakhstan devenu socialement hors
contrôle, en écrasant le prolétariat en révolte, en rétablissant par
la terreur l’ordre des bonnes affaires, l’ordre du business
international, travaillait en fait objectivement pour les intérêts de
tous les capitalistes, et donc aussi des multinationales qui ont leurs
quartiers généraux en occident. Ici se situe toute la différence de
nature entre d’un côté « l’occupation » du Kazakhstan pour réprimer un
mouvement social qui mettait partiellement en danger l’ordre des
choses présent, l’ordre capitaliste, et de l’autre côté « l’occupation
» d’une partie de l’Ukraine dans un conflit qui répond à des intérêts
géostratégiques entre différentes fractions du même Capital mondial.

Tout le monde comprendra aisément que l’approche prolétarienne à ces
deux types d’occupation, et comment prendre parti, sera totalement
différente. Dans le cas, comme en Ukraine, où se sont deux acteurs
bourgeois qui s’affrontent, prendre position et s’engager contre l’un,
contre « l’agresseur » (ici en l’occurrence, l’Etat russe), mais pas
contre l’autre, « l’agressé » (l’Etat ukrainien), revient
objectivement, et surtout de manière éminemment pratique qu’on le
veuille ou non, en dépit de sa propre volonté, en dépit de ce que l’on
affirme, à s’engager avec et à soutenir ce dernier, et cela d’autant
plus en l’absence de toute véritable dynamique d’autonomisation
vis-à-vis des structures militaires, des structures
d’approvisionnement, qui encadrent cet engagement. Car ne nous
leurrons pas, il n’y avait pas avant le déclenchement de la guerre, et
il n’y a pas pour le moment, un quelconque mouvement révolutionnaire
fort en Ukraine, suffisamment antagonique pour qu’il puisse affirmer
la puissance sociale de notre classe et défendre ses intérêts tant
immédiats qu’historiques.

Par contre, dans le cas d’un soulèvement prolétarien dans une région
donnée que la bourgeoisie est obligée de réprimer par l’apport d’une
force d’intervention « externe » (à cause du défaitisme qui mine les
forces de répression locales), « l’occupation » qui en résulte prend
un tout autre caractère. Notre ennemi, c’est notre propre bourgeoisie,
certes, mais c’est avant tout la bourgeoisie que l’on a directement en
face de soi, celle qui nous réprime, celle qui nous bombarde, celle
qui nous massacre, c’est celle qui prend la place de la fraction
bourgeoise qui nous exploitait initialement, c’est celle qui se
substitue à elle. Certes, nous comprenons que face à une « agression
», face à une « occupation », face à des massacres et à la répression,
les prolétaires veuillent résister, prendre les armes, se défendre…
Mais autant au Kazakhstan cette résistance armée aurait pour but de
défendre le soulèvement social, de défendre un embryon de dynamique
révolutionnaire, autant en Ukraine la résistance des prolétaires,
encore une fois si celle-ci ne vise qu’un des protagonistes de
l’affrontement guerrier, risque très rapidement de s’anéantir dans les
bras de l’Etat ukrainien, de ses alliés et de leurs intérêts
bourgeois. C’est du moins ce que l’histoire des luttes de notre classe
nous a toujours démontré, jusqu’à preuve du contraire… et l’exemple
historique de l’Espagne 1936-37 est révélateur à ce sujet puisque la
révolution y fut sacrifiée au nom d’un « moindre mal » à défendre, la
république bourgeoise, le front populaire antifasciste, face à ce qui
était représenté comme « le mal absolu », le fascisme.

En Espagne hier comme au Rojava et en Ukraine aujourd’hui, « le peuple
en armes », ce n’est pas, loin s’en faut, le prolétariat armé ; armé
des armes de la critique qui permettent de développer la réelle
critique par les armes…

Nous ne pouvons dès lors que saluer les prolétaires qui refusent de se
situer dans l’un ou l’autre des camps bourgeois en présence et qui du
contraire affirment leur internationalisme et s’organisent pour
s’opposer aux deux frères ennemis. Comme dans les années 80 du siècle
dernier lorsque des soldats déserteurs « irakiens » se sont organisés
avec des soldats déserteurs « iraniens », durant la terrible boucherie
qui dura huit longues années, et lorsqu’ils ont uni leurs forces pour
combattre ensemble les deux armées bourgeoises.

Salut donc aux femmes prolétaires en Ukraine, tant dans la région
occidentale de Transcarpathie (donc sous administration militaire
ukrainienne) que dans le Donbass, dans les « provinces orientales »
(donc sous administration militaire russe), qui sont descendues dans
les rues pour exprimer leur mépris envers « la défense de la patrie »
et réclamer le retour de leurs fils, de leurs frères, de leurs proches
envoyés sur l’un quelconque des fronts pour défendre des intérêts qui
ne sont pas les leurs.

Salut aux prolétaires en Ukraine qui hébergent clandestinement des
soldats russes déserteurs, à leurs risques et périls car lorsqu’ils
sont arrêtés, soit par les autorités militaires russes, soit par les
ukrainiennes, on leur fait bien comprendre où se trouve la force
légale dans ce monde immonde, quel camp et quelle patrie ils se
doivent de défendre et qu’aucune fraternisation ne sera tolérée.

Salut aux prolétaires en Ukraine, qui malgré la conscription
obligatoire, fuient leur incorporation dans des unités militaires par
tous les moyens à leur disposition, légaux ou non, et refusent donc de
se sacrifier et de servir sous les plis du torchon national ukrainien.

Salut aux soldats russes qui depuis le début des « opérations
spéciales » en Ukraine fuient la guerre et ses massacres, abandonnant
tanks et véhicules blindés en état de fonctionner, et cherchant leur
salut dans la fuite, via des réseaux de solidarité envers les
déserteurs des deux armées.

Salut aussi (bien que les informations à ce sujet soient moins sûres,
guerre des communiqués et propagande militaire oblige !) aux 600
soldats du corps des Marines russes qui auraient refusé au tout début
du conflit de débarquer, faisant ainsi capoter une opération amphibie
dans la région d’Odessa.

Salut aussi (avec les mêmes réserves) aux soldats russes qui se
seraient mutinés et auraient refusé de monter à l’assaut de Kharkov,
également au tout début du conflit.

Salut aux soldats de l’armée de la « République Populaire de Donetsk
», incorporés de force et envoyés sur le front de Marioupol, et qui
ont refusé de continuer à combattre, de servir de « chair à canon »
(selon leur propre expression !), alors qu’ils étaient cette fois
envoyés défendre la « République Populaire » voisine de Lougansk.

Salut aux rebelles et aux saboteurs qui en Fédération de Russie ont
déjà incendié plusieurs dizaines de bureaux de recrutement militaire
et autres officines de porcs à travers tout le pays.

Salut aux cheminots en Biélorussie qui ont, à de nombreuses reprises,
saboté des voies de chemin de fer indispensables pour maintenir les
lignes d’approvisionnement de l’armée russe déployée en Ukraine.

Salut aux prolétaires en Ukraine qui dès les premiers bombardements
ont commencé à organiser des pillages collectifs de magasins
abandonnés par leurs propriétaires, de supermarchés et de centres
commerciaux comme on en a signalé à Melitopol, Marioupol, Kherson et
jusqu’à Kharkov, mettant ainsi en avant la satisfaction de leurs
besoins élémentaires de survie envers et contre toute loi et morale
qui protègent la propriété privée.

Salut à tous les prolétaires, à l’arrière du front, qui organisent des
grèves et refusent d’offrir ainsi leur travail et leur sueur à
l’économie de guerre, à l’économie de la paix sociale, et donc à
l’économie tout court, qu’ils en soient conscients ou non.

Salut enfin aux prolétaires, cheminots, dockers… en Europe, en Grèce,
en Angleterre… qui refusent de transporter du matériel militaire pour
l’OTAN en direction de l’Ukraine.

Salut donc à vous tous et toutes qui refusez de vous sacrifier sur
l’autel de la guerre, de la misère et de la patrie !!!

Et le jour, que nous espérons très proche, où les prolétaires
descendront dans les rues de Moscou et de Kiev, et de toutes les
grandes agglomérations urbaines de Russie et d’Ukraine, en scandant
d’une seule voix « Poutine et Zelenski, dégagez ! », alors nous
répondrons à notre tour, en nous référant aux camarades qui
brandissaient dans les rues d’Argentine il y a une vingtaine d’années
la consigne « _¡Que se vayan todos!_ », qu’ils s’en aillent tous, qu’ils
dégagent absolument tous, les Biden, les Johnson, les Macron, les
Scholz, les Sanchez, les von der Leyen, les Michel, les Stoltenberg…
tous ces fauteurs de guerre et de misère… et tous ceux, absolument
tous ceux, qui se présentent au portillon de l’alternance politique !

Mais soyons clairs : ils ne sont que des entremetteurs dans ce système
de prostitution généralisée qu’est le travail salarié, la vente
obligatoire de notre force de travail. Au-delà de toutes les personnes
qui incarnent la dictature sociale du Capital, celui-ci est avant tout
un rapport social impersonnel qui peut être, qui est et qui a été,
reproduit par tout élément, bourgeois ou prolétaire, coopté pour ce
faire. Alors, même si nous partageons pleinement la joie des
prolétaires au Sri Lanka qui, après avoir chassé le président en
exercice il y a quelques jours, ont envahi son palais présidentiel et
plongé dans la piscine de luxe de ce dernier, la question que nous
devons nous poser est la suivante : comment pousser la dynamique
révolutionnaire à ses ultimes conséquences, comment exproprier la
classe possédante et nous réapproprier nos moyens d’existence… et
surtout comment ne pas retourner en arrière !? C’est là que commence
la véritable aventure humaine…

« Guerre de Classe – 31 juillet 2022 «[email protected]

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