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Pourquoi nos jeunes partent-ils en Syrie ? Une maman s’interroge Skan Triki


Ce n’est pas seulement les salafistes intégristes qui sévissent dans les mosquées européennes qui manipulent les jeunes, c’est aussi nos médias inféodés, nos hommes politiques soumis aux intérêts USA/GB/Israël qui leur font un lavage de cerveaux. Ils croient bien faire, ils sont idéalistes et ils s’engagent pour des terroristes
ginette
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Pourquoi nos jeunes partent-ils en Syrie ? Une maman s’interroge
Skan Triki

29 avril 2014

Cette maman, qui nous parle sous couvert d’anonymat, souffre depuis de longs mois. Ses deux garçons, encore mineurs, sont partis en Syrie rejoindre les camps dits rebelles. Pourquoi ? Que faire ? Ses tentatives de les récupérer sont restées vaines jusqu’à présent, malgré qu’elle ait demandé de l’aide aux autorités belges. Comment expliquer que tant de jeunes partent combattre en Syrie ? Comprennent-ils l’enjeu du conflit ? Par qui sont-ils informés ou déformés ? Comment opèrent les recruteurs et les filières ? Quelle est la responsabilité des politiques et des médias ? Entretien : Skan Triki et Michel Collon. Rédaction : Skan Triki pour Investig’Action

Un matin, discutant avec les autorités belges, j’ai appris que ce phénomène avait déjà eu lieu, notamment lors de la guerre en Yougoslavie où de jeunes Européens allaient soutenir le peuple contre la tyrannie serbe. Et pourquoi la Syrie ? Car il y a eu un tapage médiatique invraisemblable, que c’était le énième pays du Printemps arabe. Cela me ramène à quelques décennies, lors de la confrontation entre Allende et Pinochet. Il est clair qu’à la fin nous étions tous du côté d’Allende, de la population chilienne. À l’époque, je crois que si l’on avait eu les moyens d’aller battre Pinochet, on l’aurait fait. Aujourd’hui, la différence est que la Belgique est du côté des rebelles contre Bachar et qu’elle peut difficilement reprocher à ces jeunes d’être partis combattre là-bas. On nous dit toutefois qu’il y a plusieurs sortes de groupes rebelles. Mais comment s’y retrouver ? Je remets cet exode dans le contexte actuel de la crise économique et sociale qui fait ravage en Europe. Il ne faut pas oublier que des milliers de jeunes quittent leur pays pour se construire un avenir à l’autre bout du monde. C’est le cas des jeunes espagnols ou grecs, pour ne citer que ceux-là …

D’où viennent ces jeunes qui partent combattre en Syrie ?

Ils viennent de tous les milieux. Il y en a dont la situation familiale est éclatée, d’autres peinent à trouver du boulot, d’autres sont en perte d’identité ; tout au contraire, il y a des jeunes qui mènent une scolarité excellente, qui viennent d’une famille stable, qui ont décroché un boulot, fraîchement sortis des études. Généralement, les enrôleurs atteignent les jeunes à leurs endroits habituels : la mosquée, la salle de musculation ou de jeu vidéo, devant le supermarché, sur le terrain de l’action humanitaire où les jeunes distribuent des vivres aux pauvres. Là, l’enrôleur en aborde un, et lui dit « Pourquoi aides-tu les démunis, alors que c’est le rôle de l’État ? Je te propose un autre projet, où tu apporteras le même secours, et davantage. » L’enrôleur utilise aussi le Coran pour démontrer qu’il a raison. Il emploie tous les moyens pour convaincre que sa cible a le devoir de combattre en Syrie.

Vous dites que ces personnages se rendent à plusieurs endroits que les jeunes fréquentent. Cela suggère-t-il que cette activité soit organisée ?

Ce n’est pas une action spontanée, accidentelle ou hasardeuse. Nous sommes face à une organisation extrêmement structurée, puissante, avec des moyens technologiques et financiers. Aussi, comme endroit que les jeunes fréquentent, sans doute Internet est le premier. Il y a des sites et des vidéos dont la composition technique montre que ce n’est pas un travail d’amateur. Je constate aussi qu’il y a une forme de laisser-faire dans nos pays : en France, en Belgique, en Hollande… Il y a une multitude de sites internet qui diffusent de la haine et appellent au djihad. Rien n’est fait pour les bloquer, je trouve cela sidérant ! Dans les aéroports, il n’y a pas un représentant de l’ordre chargé de faire attention aux jeunes qui passent la douane à destination de la Turquie, pendant la période scolaire. Je ne vois pas où est le problème d’en mettre un. Il s’agit tout de même de la protection du citoyen. Mais les autorités répondront qu’elles ne peuvent interpeller sur l’apparence physique ou vestimentaire, ce serait un délit de faciès. Par contre, cette pratique est courante dans les boîtes ou à l’embauche…

Selon vous, quel est le but des jeunes qui partent en Syrie ?

Le sentiment de faire l’histoire, d’être utile à une cause, de suivre une quête héroïque, la volonté de changer le monde, comme nous l’avons tous eue. Mais quand on leur demande s’ils comprennent cette guerre, leurs réponses sont floues. Ils ignorent ce qu’ils font vraiment. Ils savent juste qu’ils se battent contre un dictateur qui a volé les richesses du pays. Je crois que derrière tout cela le problème est le matraquage médiatique. Souvent des flashes info sur la Syrie parlent des répressions du gouvernement, des atrocités de Bachar… Il y a quelques années, c’était le même type d’expression avec Saddam Hussein ; et des centaines de jeunes sont partis combattre Saddam Hussein, car c’était la bête noire, le dictateur sanguinaire, qui avait exploité honteusement son peuple. Dans toute société, c’est l’information qui forme l’opinion. Ce qui est diffusé dans les médias a une emprise phénoménale sur les gens. Nous sommes tous susceptibles de croire telle ou telle vérité parce qu’elle a été diffusée à la télé. Je remarque souvent un fossé entre les messages officiels et ceux des gens qui travaillent sur le terrain même. J’ai rencontré une dame qui travaille au ministère de la Justice et qui m’a parlé de la mise en place d’une cellule dont le but est de déradicalsier. Mais aucun mot à ce sujet de la part de Didier Reynders ou de Bart de Wever, par exemple.

À votre avis, comment arrêter ces départs et faire en sorte que les jeunes reviennent ?

Il faut intervenir au niveau de la communication, notamment diffuser des vidéos ou des communiqués qui encouragent les jeunes à revenir, sans craindre des retombées juridique, pénale, ou autre… L’État belge n’a aucun chef d’accusation contre eux. Il faudrait plutôt comprendre que ces jeunes sont victimes à la fois des enrôleurs qui les ont encouragés à partir en Syrie et victimes aussi de certains de nos politiciens qui ont tendance à pratiquer une forme de terrorisme médiatique en vue des prochaines élections, ce qui est pathétique de leur part.

Source : Investig’Action