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«Printemps» et problématiques


 

Fondatrice et porte-parole de ce qu’Hillary Clinton a décrété «organe représentatif du peuple syrien», le CNS en l’occurrence, Bassma Kodmani, a changé d’avis sur sa viabilité, après en avoir démissionné il y a quelques mois. Elle n’a pas eu de scrupule à dédire la Clinton, qui n’a pas réagi. Sauf que l’on entend plus tellement parler de ce Conseil dans les déclarations, pourtant toujours guerrières, des Etats-Unis et de leurs vassaux de l’OTAN. La dame Kodmani est chargée de trouver d’autres voies pour pallier l’échec de l’instrument initial, qui avait pourtant occupé l’essentiel des médias durant toute la période de montée en puissance de la propagande contre la Syrie. Aujourd’hui, elle déclare qu’ «il n’existe toujours pas d’organisation politique à même de prendre la relève en Syrie». Ceux qui avaient cru Hillary Clinton devraient avoir des sueurs froides, en pensant à l’idée que l’Etat syrien «devait s’effondrer», sans que la «révolution» ait la moindre capacité de le remplacer. Etant entendu qu’il faudrait d’abord croire à leur amour pour les Syriens et que leur acharnement n’a que la philanthropie pour moteur. Comme la question n’est posée par aucun média mobilisé sur le sujet, on ne saura pas ce qu’il y a eu, dans les cercles engagés dans l’affaire, comme réactions à ce constat. Les Libyens ont eu moins de chance. Une fiction politique, le CNT, avait servi de leurre à la destruction du pays. Une fiction qui a été «élue» par des «amis». Après la dernière bombe, il aurait été l’autorité fédératrice des bandes armées qui servaient, comme on le sait, de fiction militaire à la «révolution». Il n’en a rien été et la Libye est livrée à la loi du mieux armé. Bien sûr que, toute honte bue, la «communauté internationale» et son armada médiatique tentent de minimiser le drame et le chaos qui règne, faute de parvenir à les occulter. L’une des dernières livraisons de fantasmes a été de clamer que le «gouvernement» libyen avait dissout les milices. Le plus sérieusement du monde, il a été question de désarmement des bandes qui écument le pays. Sans crainte du ridicule, des chaînes de télévision se sont prêtées à la mise en scène de récupération des armes. Il fallait que le monde puisse croire en cette possibilité. Et puis plus rien, le silence sur la chose. Le moindre citoyen tient à son fusil comme à ses prunelles. Ne parlons pas des chefs de guerre et de leurs troupes. Alors, se distille un autre discours, encore un, selon lequel la restitution des armes ne pourrait se faire qu’avec l’existence d’une armée et d’une police. A la bonne heure ! On revient à la case départ. Il faut, en d’autres termes plus crus, un Etat. Le seul problème réside dans le fait que pour qu’il y ait un Etat, il faut que les milices disparaissent d’une façon ou d’une autre. Car, c’est parce qu’elles refusent d’autre autorité que la leur que l’équation se pose. Il y a lieu de revenir à Bassma Kodmani, qui en connaît un bout en matière de préparation de personnes à prendre le pouvoir politique, durant «une transition vers la démocratie», chez les Arabes et assimilés. Grâce au travail de cette institution dont elle est fondatrice, Arab Reform Initiative (ARI), qui prend commande de projets sur les problématiques, tels «Les processus de transition et de consolidation des nouveaux régimes politiques». Le dernier «appel à propositions» privilégie l’Egypte, la Tunisie, la Libye et la Syrie. Peut-être en sortira-t-il une idée miraculeuse.   

Par Ahmed Halfaoui lesdebats.com