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Rencontre S.Nasrallah-Bogdanov : Moscou chez le camp de la résistance?


 
L.Mazboudi
Sur les trente rencontres que l’émissaire du président russe et vice-ministre des affaires étrangères a effectuées avec les responsables de partis politiques libanais des deux camps du 8 et 14 mars, durant quatre jours de visite, le Hezbollah a eu la part de lion.

Deux rencontres ont été consacrées par l’hôte russe Mikhaïl Bogdanov au parti de la résistance libanais, l’ennemi numéro un d’Israël et des États-Unis.

D’autant plus que la première a aussi été la première entrevue que le responsable russe a effectuée, après s’être rendu auprès des personnalités officielles libanaises. Le réunissant avec le chef du bloc parlementaire du Hezbollah Mohammad Raad, ainsi qu’un certain nombre de députés et de responsables du Hezbollah et couronnée par un déjeuner, le tout sous les projecteurs des caméras.

Quant à la deuxième rencontre, celle qui l’a réuni avec son numéro un, Sayed Hassan Nasrallah, il s’avère qu’elle a été la dernière rencontre effectuée par Bogdanov, avant les visites d’adieux officiels. Selon le quotidien libanais Assafir, il est resté jusqu’à l’aube du dimanche avec Sayed Nasrallah, à écouter avec une grande attention l’approche du Hezbollah de la crise en Syrie.

Le matin, quelques heures avant son départ, l’information de cette rencontre faisait la une.

Dans les détails, sa teneur demeure toujours confidentielle mais dans les faits, elle regorge d’inédits dont  la première rencontre publique à un niveau aussi élevée entre la Russie et le Hezbollah.  De plus, c’est aussi la première fois depuis longtemps que le numéro un du Hezbollah se  permet une exception à la règle qu’il s’était imposée en s’interdisant de rencontrer les personnalités diplomatiques qui viennent au Liban.

Pas seulement pour des raisons sécuritaires.

Tous deux, Russes et Hezbollah semblent avoir tout fait pour la faire réussir et surtout l’afficher.  
 «  Le Hezbollah et la Russie affichent haut et fort que leur relation n’est plus exclusivement limitée au cadre de l’amitié, mais pourrait très bien atteindre le niveau de l’alliance. Surtout que leurs positions sont similaires sur le dossier syrien », ont révélé des sources, au courant de la rencontre, rapportées par le journal libanais Al-Akhbar.

Du côté du Hezbollah,  la finalité de ce rapprochement est perçue dans le cadre d’un rôle russe plus accentué.
«  Face au rôle américain qui adhère à celui des intérêts israéliens, et au rôle européen partial et décevant, se dessine le besoin d’un rôle russe constructif pour consolider les politiques de stabilité régionale », commente le député du Hezbollah Ali Fayyad.
Et de poursuivre : «  les politiques de la suprématie et d’unilatéralisme auxquelles aspirent les Etats-Unis ont toujours et source de séditions, de tensions, de menaces pour la paix, et la sécurité internationaux. Le besoin est pressenti envers un monde multipolaires en vue d’édifier des équilibres internationaux et régionaux qui favorisent la paix ».

Même perception russe à l’encontre du Hezbollah, fait valoir Bogdanov : «  le Hezbollah est un élément important de la société libanaise et il faut respecter ses opinions ». Le message est envoyé.
Moscou se démarque désormais de la rhétorique occidentale et surtout américaine à l’encontre du parti de la résistance, diabolisé.  

 Sur les scènes locale, voire régionale et internationale, le message est reçu, et fait fait grincer bien des dents.

On le constate dans les medias locaux du 14 mars et régionaux. Ils se sont lancées dans une campagne de rumeurs, sur le contenu même de la rencontre. Prétendant savoir ce qui s’y est déroulé, de sources occidentales, ils propagent que le vice-ministre russe a demandé au dirigeant du Hezbollah de retirer ses combattants de la Syrie.  
 Il n‘en a rien été, assure une source proche du Hezbollah pour notre site.
L’ambassadeur russe Alexandre Zaspikine l’a aussi nié.

Dans la même logique, et d’après  ce qu’en dit le journal saoudien qui parait à Londres, al-Hayat,  les forces du  14 mars interprètent la tournée du dirigeant russe comme étant « une tentative de la part du Kremlin de redorer son image ternie chez des protagonistes importants, avec lesquels il entretenait de bonnes relations ». Etayant à l’appui qu’il justifiait la position de son pays de soutien à Bachar al-Assad en posant la question sur l’alternative au cas de sa chute.
Les 14 mars attribuent aussi à Bogdanov le thème favori dans leur propagande contre le Hezbollah, en lui faisant dire  que « la participation du Hezbollah au conflit syrien n’a pas été prise au Liban, mais en Iran ».

En déplaçant le centre des discussions entre Sayed Nasrallah et Bogdanov vers leurs principales préoccupations, ou en attribuant au diplomate russe les allégations de leur propagande, il est clair que ces forces tentent de travestir les faits, pour miner l’importance de cette rencontre.

Celle de voir le camp de la résistance dans la région se renforcer de l’appui russe.

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