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Revue de Presse


-  As Safir (29 mars 2012)
Nabil Haïtham

Le chef du Parti socialiste progressiste, le député Walid Joumblatt, a estimé que l’élément essentiel qui a empêché la révolution syrienne de s’étendre n’est pas la force du régime et sa capacité à contrôler le terrain face aux groupes armés. C’est le fait « qu’il n’y a pas de décision internationale de renverser Bachar al-Assad. » Selon lui, ce régime est un besoin pour la Fédération de Russie, comme il l’était avant elle pour l’Union soviétique. Il est également un besoin pour les Américains. « Qui protègera les frontières Nord des ‘voisins’ dans le Golan et au Liban » ? s’est-il interrogé.

« L’opposition syrienne est allée trop loin dans ses paris après avoir entendu de grandes paroles des Américains et des Européens tantôt sur la chute du régime dans quelques jours, -  As Safir (27 mars 2012) Kassem Kassir

Des sources islamistes à Beyrouth ont révélé que des émissaires libanais et arabes ont fait des va-et-vient ces dernières semaines entre Téhéran et des capitales arabes pour y rencontrer des responsables iraniens et des dirigeants des Frères musulmans, et ont transporté des messages positifs entre les deux parties. Ces émissaires ont réussi à convaincre la direction des Frères à prendre une série d’initiatives, aussi bien sur le dossier syrien que dans la question des relations entre l’Iran et les pays arabes. Cela pourrait contribuer à instaurer un climat de confiance entre les deux parties à l’avenir, si l’Iran réagit positivement à son tour à des demandes formulées par les Frères visant à jeter les fondements d’une solution politique à la crise syrienne.

Ces mêmes sources ajoutent que les Iraniens et les Frères sont convaincus de l’existence d’intérêts communs, à un moment où certains pays occidentaux et États du Golfe tentent de les isoler et de les pousser vers la confrontation, tandis que les préparatifs pour une guerre contre l’Iran se poursuivent, après avoir exacerbé le conflit sunnite-chiite. Cela impose aux deux parties d’œuvrer en vue de surmonter certaines divergences et d’accélérer la solution à la crise syrienne dans un sens préservant les intérêts de toutes les parties. Les sources révèlent que le fait que le Conseil national syrien n’ait pas été reconnu comme représentant unique et légitime du peuple syrien lors de la conférence des Amis de la Syrie, à Tunis, est le fruit d’un arrangement conclu entre les Iraniens et les dirigeants des Frères. En contrepartie, Téhéran s’engageait à exercer des pressions afin d’accélérer le règlement politique en Syrie, en coopération avec la Russie et la Chine. Mais les mesures prises n’étaient pas du niveau requis.

-  An Nahar (Quotidien libanais proche du 14 Mars, 30 mars 2012)
Sarkis Naoum

Les Américains préfèrent que le Liban ne sombre pas dans le chaos ou la discorde. L’intérêt n’est pas porté au Liban mais il est suscité par la crainte pour Israël de la part des missiles du Hezbollah, et par les affrontements en cours en Syrie et dans lesquels le Liban pourrait être impliqué si les principaux acteurs locaux se laissent entrainer ou si les Syriens, loyalistes et opposants, les y entrainent.

Par ailleurs, il n’y a aucune décision d’intervenir militairement en Syrie pour de nombreuses raisons, dont les plus importantes sont : les États-Unis sont en période électorale et l’absence d’unanimité internationale au Conseil de sécurité.

D’autre part, la cause palestinienne et la lutte de son peuple contre Israël ne suscitent aucun intérêt aux États-Unis, en dépit des déclarations américaines qui veulent faire croire le contraire. Ce désintéressement pourrait durer très longtemps et offrirait à Israël l’opportunité d’imposer de nombreux faits accomplis dangereux dans les territoires occupés, et préparer le terrain à des solutions « injustes » pour la cause palestinienne.

Enfin, les probabilités d’une frappe militaire contre les installations nucléaires iraniennes sont grandes. Elle pourrait avoir lieu dans quelques mois, avant les élections présidentielles.

-  Al Akhbar (Quotidien libanais proche de la majorité, 30 mars 2012) Saër Ghandour

Certains alliés du Premier ministre Najib Mikati sont déçus par la performance du gouvernement. Ils espéraient que M. Mikati serait capable de mettre une terme au monopole de la représentation sunnite par le haririsme politique et craignent aujourd’hui que l’échec de l’action gouvernementale ne porte un coup dur à ce projet et ne permette la montée en flèche du haririsme pendant de longues années. Pour éviter ce cauchemar, ils misent sur les prochaines élections : le tout est de savoir si Mikati parviendra à garantir l’élection d’un bloc parlementaire de plus de dix députés sunnites, qui seront capables de le désigner pour le poste de Premier ministre lors des prochaines consultations parlementaires. Mais ce bloc ne doit pas se limiter au Liban-Nord uniquement… Des sources informées expliquent que le chef du gouvernement est désormais convaincu qu’il sera difficile de nouer une alliance avec le Courant du Futur à l’avenir, et chercherait à présent à installer son propre filet de sécurité. D’où l’idée de rencontres avec des personnalités sunnites opposées à ce Courant. D’autres sources se demandent si Mikati a vraiment l’intention de se porter candidat aux prochaines législatives.

-  Al Akhbar (28 mars 2012)
Nader Fawz

Le dernier rassemblement du 14-Mars, au BIEL, était un véritable scandale qui a poussé les membres de ce mouvement à réviser les bases de son projet pour stopper son recul. Le forces dirigeantes du 14-Mars, notamment le Courant du Futur, les Forces libanaises et le Parti des Kataëb, ont estimé que le changement était devenu une nécessité. Ce chantier a été mis sur les rails mercredi pendant la réunion hebdomadaire du secrétariat général du mouvement. Les députés Marwan Hamadé et Dory Chamoun et l’ancien député Elias Atallah ont été chargés d’effectuer tous les contacts nécessaires pour mettre en œuvre les mécanismes de réforme intérieure et concrétiser le désir au changement.

Tout a commencé avec les scandales du BIEL et la faible participation à ce meeting ainsi que sa légère consistance politique. Saad Hariri aurait personnellement pris part à ce débat et décidé de faire porter la responsabilité de ces déconvenues au coordinateur du secrétariat général du 14-Mars, l’ancien député Farès Souhaid. Il a contacté ce dernier pour lui faire parvenir les remarques nécessaires au sujet de sa gestion du secrétariat général : en clair, lui faire assumer la responsabilité de la détérioration de la relation avec la Gauche démocratique, du mauvais choix des orateurs du dernier meeting, et de l’échec de la mobilisation.

-  Al Akhbar (28 mars 2012)
Hassan Olleik

L’acte d’accusation du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) précise que l’un des accusés, Hussein Oneissi, a usurpé le nom de « Mohammad » et a fait connaissance, deux mois avant l’attentat (entre le 22 décembre 2004 et le 17 janvier 2005) d’Ahmad Abou Adas, et l’a choisi pour être le kamikaze présumé qui a tué Rafic Hariri. Une partie de l’acte d’accusation a été gardée secrète, celle qui précise que l’accusation s’est basée sur un témoin-clé pour déterminer la véritable identité de « Mohammad ». Ce témoin s’appelle Ahmad Mahmoud Mohammed Labda, un Libanais né en 1985. Dans sa déposition, Ahmad Labda affirme avoir été abordé, en décembre 2004, dans la mosquée de l’Université arabe de Beyrouth, par un inconnu qui se faisait appeler « Mohammad », qui lui a demandé de lui enseigner la prière. Ils se sont donnés rendez-vous deux jours après, mais Ahmad Labda n’a pas pu venir. Il n’a plus jamais revu ce Mohammad. Une semaine plus tard, Ahmad Abou Adas, qui venait quotidiennement à la mosquée, disparait. Plus tard, il apprendra de la mère d’Abou Adas que son fils avait fait la connaissance d’un dénommé Mohammad, né de parents musulmans mais qui avait grandi dans un orphelinat chrétien. Ce mystérieux personnage voulait revenir à l’islam, et le jour de sa disparition, son fils lui avait dit qu’il allait voir Mohammad, qu’elle n’a jamais vu en chair et en os. Cinq ans plus tard, en 2010, les enquêteurs internationaux soumettent à Ahmad Labda une série de photos, parmi lesquelles figurent celles de Hussein Oneissi, qu’il reconnait comme étant le fameux Mohammad.

Premièrement : la déposition de Labda n’a pas été évaluée par les enquêteurs pour en mesurer la fiabilité. Pourtant, Ahmad Labda n’a parlé qu’un court moment au dénommé Mohammad, cinq ans plus tôt, et les deux photos qui lui ont été soumises sont de mauvaises qualités, à un tel point que l’on n’est pas sûr qu’elles appartiennent à la même personne.

Deuxièmement : dans une lettre (numéro 60015069-60015066) adressée à la commission d’enquête, Ahmad Labda décrit « Mohammad » comme suit : 25 ans, blanc de peau, grands yeux bleus, pas de lunettes, cheveux châtains, 1m70-1m75 cm. Pourtant, ceux qui connaissent Hussein Oneissi savent que ces descriptions ne lui collent pas. Il est de type basané, cheveux noirs, yeux marron et, en 2005, il avait déjà 31 ans. De plus, un voisin d’Abou Adas, Abdel Rahmane Harb, qui avait vu Abou Adas deux fois en compagnie de Mohammad, décrit ce dernier comme étant plus jeune et plus petit de taille que la personne décrite par Ahmad Labda dans sa déposition.

-  Al Akhbar (27 mars 2012)
Jean Aziz

Le boycott par les chrétiens haririens de la messe célébrée à Bkerké par le Patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, à l’occasion de l’Annonciation et de la commémoration du premier anniversaire de son élection à la tête de l’Église maronite, n’est pas un acte isolé mais il est le fruit d’une décision décidée dans les plus hautes sphères internationales. En novembre dernier, la Maison Blanche avait refusé d’accorder un rendez-vous au prélat. Plus récemment, cheikh d’Al-Azhar, la plus haute autorité de l’islam sunnite, avait appelé au boycotte du patriarche au Caire. Quel est le dénominateur commun entre les chrétiens haririen libanais, l’institution religieuse officielle régionale et le centre de prise de décision américain ? C’est le projet sioniste-islamiste, adopté par Washington depuis longtemps et qui consiste à assurer les intérêts de chacune des trois parties dans la région : le pétrole pour les États-Unis, la sécurité et la reconnaissance à Israël, et le pouvoir aux islamistes.

Pourquoi les auteurs de ce projet, malgré leurs pouvoirs financier, matériel, médiatique et diplomatique, considèrent-ils le Patriarche maronite comme un danger pour eux et pour leur projet ? Les auteurs de ce projet réalisent le poids que représente le Patriarche maronite sur la scène politique libanaise. Ils sont en outre convaincus que la question des libertés au Moyen-Orient est intrinsèquement liée à la question des minorités, et que la voix de Bkerké est la voix du Vatican, qui est influente dans tout Occident. Il faudra, par conséquent, faire taire le Patriarche.

-  L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone proche du 14 Mars, 30 mars 2012)

Les patriarches orthodoxes d’Alexandrie, d’Antioche et de Jérusalem, NN. SS. Dorotheos, Ignace IV et Théophilos III, ainsi que l’évêque de Chypre, Chrisostomos, se sont réunis à Nicosie (Chypre) « pour débattre de la situation des chrétiens au Moyen-Orient, et des moyens de renforcer leur solidarité et de coopérer pour maintenir leur présence sur la terre de leurs ancêtres », a annoncé une dépêche de l’Agence nationale d’information.

« Cette réunion revêt une importance particulière surtout au regard de ce qui se passe en ce moment en Syrie, a précisé Mgr Chrisostomos, soulignant que les patriarches ont insisté sur “la nécessité de la paix, de la sécurité et de la stabilité”. Les patriarches ont proposé de former une délégation de chefs d’Église qui se rendrait dans les différentes capitales pour y exprimer leur attachement à la paix, à la réconciliation, ainsi qu’à une prise de conscience de la situation des chrétiens au Moyen-Orient. »

« La Syrie a été le berceau de la présence chrétienne depuis le début de l’ère chrétienne, ont insisté les présents, et le voisinage des clochers et des minarets est profondément significatif de la fraternité et de l’amour qui unit les citoyens d’un même pays. Et d’insister pour que tous les efforts soient déployés en vue du rétablissement de la paix (en Syrie) et la concrétisation des aspirations de tous les Syriens. »

-  L’Orient-Le Jour (29 Mars 2012)
Emile Khoury

Il n’y a qu’une politique de neutralité qui pourrait garantir l’unité du Liban, consolider sa pérennité politique, sécuritaire et économique et la convivialité. Sans cela, les Libanais resteront toujours divisés entre Orient et Occident, comme c’est le cas maintenant avec la crise syrienne, chaque partie affirmant que la majorité (du peuple syrien, dans ce cas) est avec elle. Le cas s’est posé tellement de fois depuis les Britanniques et les Français jusqu’aux Palestiniennes et Syriens… Il est clair que dès qu’une partie libanaise se positionne au côté d’une partie arabe ou internationale, l’autre partie se range automatiquement auprès d’un autre camp arabe ou international. Et il est impossible de sortir de cet état de fait autrement qu’en adoptant une politique de neutralité vis-à-vis de tous, sauf Israël, en attendant que la paix globale soit réalisée.

La question des armes du Hezbollah, qui divise tout autant les Libanais, ne peut, elle, être résolue que par le dialogue. La question qui se pose est la suivante : les Libanais veulent-ils d’un État fort qui établirait sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire et qui ne partagerait pas son monopole de la violence légitime avec une autre entité ? Cette question reste pour l’instant sans réponse, et tous les sommets les plus variés n’arrivent pas à régler ce problème. Pis, le mal se répand rapidement dans l’organisme libanais. C’est pourquoi il est nécessaire que les chefs spirituels et les leaders politiques prennent position en faveur d’une neutralité ou d’une neutralisation du Liban, en prenant des mesures concrètes dans cette direction, car seule la neutralité peut extirper le Liban de la politique des axes. Il est tout aussi nécessaire de prendre position au sujet de l’arsenal du Hezbollah, car le monopole de la violence légitime doit rester entre les mains exclusives de l’État. Car il faut choisir entre la logique de l’État, et le retour des mini-États et des armes qui seront de nouveau entre les mains de tous, aucune communauté n’acceptant qu’une autre puisse posséder le monopole des armes.

-  Haaretz (Quotidien israélien, 29 mars 2012)
Youri Avneri

Israël n’attaquera pas l’Iran, un point c’est tout. Les États-Unis n’attaqueront pas l’Iran, un point c’est tout. L’Amérique n’attaquera pas l’Iran ni cette année, ni l’année prochaine, ni dans les prochaines années. Et pour une raison beaucoup plus importante que les considérations militaire et électorales. Elle n’attaquera pas car une telle attaque est susceptible de provoquer une catastrophe nationale pour elle, et une catastrophe globale pour le monde entier.

Napoléon a dit : « Si vous voulez comprendre la politique d’un pays, jetez un coup d’œil sur la carte. » Quelques minutes à peine après une éventuelle attaque, l’Iran fermera le détroit d’Ormuz par lequel transite la plupart du pétrole exporté par l’Arabie saoudite, les Emirats, le Qatar, le Koweït, l’Irak, Bahreïn et l’Iran. 40% du pétrole transporté par voie maritime dans le monde, passent pas le détroit. Quelques minutes après la fermeture d’Ormuz, les prix du pétrole vont grimper deux, trois ou quatre fois. L’économie américaine et celle du monde s’effondreront alors.

La fermeture du détroit d’Ormuz sera une des plus simples opérations militaires. Il suffit de tirer quelques missiles de la mer ou de la terre pour le fermer. Mais pour sa réouverture, il ne suffit pas d’envoyer les porte-avions géants appartenant à la marine américaine parader. L’Amérique devra envahir une grande partie de l’Iran pour que le détroit ne soit plus à la portée des missiles. L’Iran est plus grand que la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie réunies. La guerre sera longue, style Vietnam.

Pour l’Iran, il n’y a pas de différence entre une attaque israélienne ou américaine. Dans les deux cas, le résultat sera la fermeture du détroit d’Ormuz et le déclenchement d’une guerre totale. Ces raisons sont suffisantes pour que les États-Unis et Israël s’abstiennent d’attaquer l’Iran.

56 ans sont passés depuis qu’Israël a lancé une guerre sans en informer les Américains et obtenir leur accord. Lorsqu’il l’a fait, en 1956, le président Eisenhower lui a arraché toutes les réalisations de la victoire, sans lui en laisser une seule. Avant la guerre des Six-Jours et la Première guerre du Liban, le gouvernement israélien a dépêché à Washington des émissaires spéciaux. Si, cette fois, il lance une attaque contre l’avis des Américains, qui fournira les munitions à l’armée ?

Source
New Orient News (Liban)