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Syrie : exit le CNS, voici la «Coalition»


Plus le temps passe, plus les cas de figure se présentent, plus l’on se rend compte que la «communauté internationale» est fort peu soucieuse de la vie et de la sécurité des peuples. En Syrie, comme en Libye hier, comme au Mali, il n’y en a que pour les tambours de guerre. Il n’y a jamais la moindre petite possibilité laissée à une issue pacifique des crises. La France, même devenue «de gauche», reste aux avant-postes de l’entreprise belliciste et attise le feu. Après que le Conseil national Syrien, cette association d’aventuriers et de supplétifs engagés de longue date par les officines impérialistes, ait fini par ne plus faire recette, voici qu’une «coalition», faite de bric et de broc, est sortie de la manche des «amis de la Syrie». Sauf que cette fois-ci, il n’y a plus de bénédiction complète des Etats-Unis. François Hollande a eu beau vouloir devancer Hillary Clinton en décrétant ladite coalition de l’opposition syrienne en tant que «seule représentante du peuple syrien» et «comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique», il a dû déchanter. Car, mis à part quelques seconds violons, tels le Qatar ou la Turquie, les Anglo-Saxons (USA-Grande-Bretagne) ont refusé de marcher et ont décidé d’attendre pour voir. Il ne s’agit plus pour eux de se ramasser comme pour le CNS. Sur le terrain, il y a non seulement des oppositions multiples qui agissent pour leurs propres comptes, qui représentent quelque chose, mais aussi un rapport de force qui est encore très loin d’augurer une victoire de groupes armés aux convictions et aux objectifs très divergents, voire conflictuels, sans préjudice de la présence de mercenaires et autres desperados islamistes. Sachant que les «grandes batailles» de Damas et d’Alep n’ont pas porté leurs fruits. La reconnaissance française, elle-même, est assortie de sa contradiction, puisque le chef désigné de la coalition est appelé «à tout faire pour consolider l’autorité et la crédibilité de la coalition à l’intérieur de la Syrie». La raison en est que la gauche syrienne, le parti kurde et le Comité de coordination national pour les changements démocratiques (CCNCD), au moins, ne se sentent pas concernés. Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, en tient compte en disant : «Nous aimerions être dans une position de la reconnaître comme la seule représentante légitime du peuple syrien, mais je veux en savoir plus sur ses projets» et en voulant savoir «quel est son soutien en Syrie». Barack Obama reste, lui aussi, prudent : «Nous ne sommes pas prêts à les reconnaître comme une sorte de gouvernement en exil.» Alors, pourquoi ne pas pousser à des négociations que le pouvoir syrien ne refuse pas et serait bien en peine de refuser ? Des négociations qui auraient pour objectif des élections générales, c’est-à-dire le «changement», tel que revendiqué jusqu’à présent par l’opposition et qui sert d’argument aux puissances impériales pour se poser en défenseurs des libertés des Syriens. La réponse ne peut se trouver que dans la volonté d’imposer aux Syriens un régime fantoche au service d’Israël et de la stratégie atlantiste.   

Par Ahmed Halfaoui

lesdebats.com