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Syrie : une autre manifestation de la politique américaine des doubles standards


Konstantin Garibov
Syrie : une autre manifestation de la politique américaine des doubles standards

 

Russie et la Chine ont bloqué au Conseil de Sécurité de l’ONU l’adoption du projet de résolution sur la Syrie, qui prévoit des sanctions sévères de la part des pays occidentaux.

Moscou et Pékin ont utilisé leur droit de veto et continuent à plaider en faveur de la poursuite du dialogue politique pour résoudre le conflit en Syrie. Le mandat de la Mission d’observation des Nations Unies en Syrie expire le 20 juillet. Mais après les intrigues du Conseil sécurité sur le prolongement de la mission, 300 militaires non armés, vont le plus probablement rester dans ce pays.

Une vive discussion a commencé au Conseil sécurité de l’ONU sur la mission d’observation après que la Russie et la Chine aient utilisé leur droit de véto concernant le projet de résolution du Royaume-Uni sur la Syrie. La proposition de prolonger la mission de l’ONU, l’initiative d’introduire des sanctions sévères contre le régime de Damas et la possibilité de faire appel à la force militaire si Damas ne parvient pas à réaliser les exigences concernant le retrait des troupes et des armes lourdes des villes, se sont retrouvés sur la même table. La Russie a déjà averti à plusieurs reprises qu’elle n’acceptera pas une approche unilatérale à la résolution de la crise syrienne. Moscou plaide uniquement pour une solution politique. La position des pays occidentaux est perçue par Moscou comme une couverture diplomatique pour provoquer une nouvelle escalade des tensions en Syrie.

La mission d’observation des Nations unies en Syrie expire aujourd’hui. Après l’histoire autour de la prorogation de la mission au Conseil de sécurité de l’ONU 300 militaires non-armés finiront apparemment par rester au pays.

Dès vendredi le CS des Nations unies peut voter une résolution prorogeant la mission d’observation pour trente jours supplémentaires. Les observateurs sont en Syrie depuis 90 jours. Le représentant permanent russe auprès de l’ONU, Vitali Tchourkine, s’est dit convaincu de la prorogation de la mission. Le diplomate a, par ailleurs, salué l’intention du Pakistan de présenter au CS des Nations unies son projet de résolution.

Quant à la Russie, elle propose de renforcer la composition de la mission onusienne. Le président Poutine a signé jeudi un décret annonçant la volonté de la Russie d’envoyer jusqu’à 30 militaires russes en Syrie dans le cadre de la mission des Nations unies.

Rappelons que la mission d’observation a fait l’objet de controverses au CS après le véto chinois et russe sur le projet de résolution britannique. La Grande-Bretagne proposait de proroger la mission onusienne mais aussi d’adopter des sanctions contre le régime de Bashar Assad avec une possibilité de recourir à la force, si Damas ne se conformait pas aux exigences de retirer les troupes gouvernementales des villes. Le véto opposé par la Chine et la Russie a d’abord suspendu la question de la prorogation de la mission. Mais par la suite les représentants permanents chinois et russe ont déclaré d’approuver cette partie de la résolution rejetée. Washington n’est prêt à voter la prorogation que si une résolution franchement anti-syrienne est adoptée. C’est-à-dire une résolution visant à destituer Bashar al-Assad. La position américaine ayant pourtant subi dernièrement certaines modifications les Etats-Unis annoncent maintenant leur volonté d’examiner la question de la prorogation de la mission d’observation en Syrie.
Entre-temps des informations très contradictoires parviennent de ce pays. L’opposition affirme avoir pris tous les points de contrôle à la frontière iranienne ainsi que deux autres à la frontière turque. Les autorités infirment cette information. A Damas un bruit court sur les répressions que préparent les pouvoirs pour venger la mort de trois membres de l’entourage de Bashar al-Assad. De son côté le gouvernement met en garde la population : dans certaines régions du pays les terroristes revêtent l’uniforme de l’armée gouvernementale pour commettre des exactions dont la responsabilité sera rejetée, bien évidemment, sur le régime.

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