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Syrie : va-t-on aider à l’instauration d’un califat, base arrière du terrorisme ?


Le 19 juillet 2013

Dominique Jamet
Journaliste et écrivain.
Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d’une vingtaine de romans et d’essais.

Il y a soixante-dix-sept ans, presque jour pour jour, un pronunciamiento des plus classiques était le détonateur de la guerre civile qui verrait s’affronter pendant trois ans, pour un coût final de 105.000 morts, les deux Espagne. Pourquoi l’URSS vint-elle alors à l’aide de la République, pourquoi l’approvisionna-t-elle en armes, pourquoi pourvut-elle, par le biais des partis frères de tous les pays, au recrutement et à l’encadrement des Brigades internationales puis au noyautage du gouvernement et de l’armée loyaliste ? Par respect du droit violé par les putschistes ? Par sympathie pour la social-démocratie ? Par idéalisme ? Staline ? Vous voulez rire ! Le dictateur crut simplement que le conflit lui offrait l’occasion d’exporter le modèle bolchevique au-delà des frontières russes et très vite la guerre idéologique implacable qui naquit et se développa à la faveur et à l’intérieur de la guerre civile opposa, pour le pouvoir, communistes d’une part, trotskistes et anarchistes d’autre part. Elle ne fut pas pour rien dans la victoire finale des franquistes, soutenus comme on sait par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste. Est-ce seulement par lâcheté ou par lucidité que les deux grandes démocraties de l’époque, France et Grande-Bretagne, se contentèrent d’assurer le plus minimal des services à la République ? Auraient-elles dû concourir à l’installation d’une démocratie populaire de l’autre côté des Pyrénées ?

Sur la guerre civile qui fait rage en Syrie depuis plus de deux ans et qui a très vite opposé, par Syriens interposés, États-Unis, Union européenne et Israël à l’Iran, la Russie et plus discrètement la Chine, s’est greffée une guerre de religion dont les protagonistes n’ont pas non plus eu la sagesse et la patience d’attendre que le premier conflit soit réglé à leur avantage pour régler leurs propres comptes. Est-ce parce qu’elles estimaient le régime de Bachar el-Assad incompatible avec leurs principes et leurs valeurs, est-ce parce qu’elles souhaitaient voir s’établir à Damas une République laïque, démocratique et sociale, est-ce par pur altruisme et en tout désintéressement que l’Arabie saoudite et les autres monarchies de la région, que la Turquie d’Erdo?an puis l’Égypte de Morsi ont volé au secours de la « révolution » syrienne ? Est-ce sans la moindre arrière-pensée et par amour de la liberté qu’Al-Qaïda a rejoint le camp de la rébellion ? Allons donc ! Pour les premiers, véritables apprentis sorciers soutenus par les États-Unis, fidèles à une tradition séculaire d’ignorance et d’incompréhension du reste du monde, il s’agissait seulement de faire pièce à la grande alliance des chiites qu’ils voyaient se déployer sous l’égide de Téhéran. Pour les héritiers et admirateurs d’Oussama Ben Laden et les milliers de combattants des Brigades internationales du djihadisme, devant qui s’ouvrent miraculeusement les frontières les mieux gardées, le but est de réussir en Syrie ce qui a échoué en Afghanistan : fonder en Syrie un État réellement islamique, siège du futur califat, base arrière du terrorisme, base de départ de la conquête du monde musulman par l’intégrisme. Et c’est pourquoi, dès à présent dans les zones « libérées », sous l’œil ravi du dictateur alaouite, des combats de plus en plus violents opposent les extrémistes du Front Al-Nosra et de l’État islamique en Irak et au Levant, (EIIL) à l’Armée syrienne libre et aux milices kurdes. Tout comme en 1937 à Barcelone, les gardes d’assaut républicains et les communistes aux anarchistes et aux trotskistes du POUM (Parti ouvrier d’unification marxiste) et de la CNT (Centrale syndicale anarcho-syndicaliste). Tout comme en France dans les zones « libérées » du Limousin, les FTP (Francs-tireurs et partisans) de Guingouin aux gaullistes de l’Armée secrète.

Les dirigeants européens et américains s’interrogent, un peu tard, plus sur la destination et l’usage qui serait fait des armes qu’ils ont déjà mises ou qu’ils laisseraient mettre entre les mains des révolutionnaires de la contre-révolution et de combattants de la liberté qui ne pensent qu’à combattre la liberté. Faut-il leur rappeler qu’en Afghanistan, ils ont naguère tiré les marrons du feu pour le plus grand bénéfice des talibans ? Souhaitons qu’ils réfléchissent avant qu’il ne soit trop tard.

Une réponse “Syrie : va-t-on aider à l’instauration d’un califat, base arrière du terrorisme ?”

  1. thierry
    juillet 21, 2013 à 7:33

    ces gens ne réfléchissent pas!!!!!la SYRIE ne peut fléchir devant ces gens et personne pas meme Dieu ne peut dicter ce qui est bon pour la GRANDE SYRIE retenez les perfides et laissez le peuple SYRIEN s’occuper de ses affaires
    la SYRIE se retrouve seule devant les « 300 » de cette invasion que personne ne condame…..
    seule la SYRIE s’en sortira BRISEE mais LIBRE et je souhaite qu’elle saura où se trouver ses AMIS?????????